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Interpol : le général émirati Al-Raisi, accusé de torture, élu président

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Par Sandrine Delorme  avec Euronews, AFP, AP
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Archives : Ahmed Nasser Al-Raisi, lors de l'assemblée générale d'Interpol, organisée à Istanbul, le 23 novembre 202177
Archives : Ahmed Nasser Al-Raisi, lors de l'assemblée générale d'Interpol, organisée à Istanbul, le 23 novembre 202177   -   Tous droits réservés  AP Photo/Francisco Seco

C'est un très mauvais signal pour les organisations de défense des droits de l'homme. Le général Ahmed Al-Raisi, responsable des forces de sécurité des Émirats arabes unis, est le nouveau président d'Interpol, l'organisation mondiale de lutte contre la criminalité. Il a été élu ce matin par l'assemblée générale de l'organisation à Istanbul, en Turquie malgré les plaintes déposées contre lui pour torture et malgré la mobilisation de certains politiques sur la scène européenne.

En France, notamment, Hubert Julien-Laferrière, le député élu du Rhône, où siège Interpol, a mené pendant des mois la fronde contre la candidature d'Ahmed al-Raisi. Il se dit profondément déçu :

"C'est pas possible que l'organisation qui pourchasse des criminels soit présidée par un homme soupçonné de crime... et bien si, ils l'ont fait. Les états membres d'Interpol ont montré que c'était possible et ont élu ce candidat qui va faire honte à l'organisation."

Des plaintes ont été déposées au pénal contre Ahmed al-Raisi dans cinq pays, en France, au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède et en Turquie. Deux Britanniques Mathew Hedges et Ali Issa Ahmad ont notamment témoigné plusieurs fois des tortures qui leur ont été infligées aux Émirats arabes unis, en France, devant l'assemblée nationale le 16 novembre ou encore lundi dernier à Istanbul. Des abus couvert par Ahmed al-Raisi de part sa fonction.

"Ces hommes ont été arrêtés totalement arbitrairement, un universitaire et un fan de football dont le seul tort a été de porter un maillot du Qatar , ils ont été arrêtés et torturés. Notamment Matthew Hedges, l'universitaire a été emprisonné plusieurs mois et a subi des tortures alors qu'il était totalement innocent des faits qui lui étaient reprochés. Vous savez, il y a plus d'une centaine de prisonniers d'opinion aux Émirats arabes unis et on sait qu'Ahmed al-Raisi, le secrétaire général du ministère de l'intérieur, couvre tous ces mauvais traitements, toutes ces exactions, ces actes de tortures."

Selon Hubert Julien-Laferrière, le nerf de la guerre de cette élection a été l'argent : "les Émirats arabes unis ont contribué au budget d'Interpol à hauteur de 50 millions d'euros depuis 5 ans via une fondation basée à Genève". Et le député français déplore que le président de la République française n'ait pas pris position malgré ses alertes.

Cependant, les statuts d'Interpol accordent au président un rôle avant tout honorifique, le secrétaire général Jürgen Stock reste le vrai patron de l'organisation.

Mais les critiques estiment qu'Ahmed al-Raisi pourrait s'allier avec des régimes autoritaires et utiliser la portée mondiale d'Interpol pour appréhender les dissidents exilés et même les opposants politiques dans leur pays au lieu de traquer les véritables criminels.