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Une statue à la mémoire de Tiananmen retirée de l'Université de Hong Kong

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Par euronews  avec AFP
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A l'Université de Hong Kong, la statue à la mémoire de Tiananmen a été déboulonnée par les autorités.
A l'Université de Hong Kong, la statue à la mémoire de Tiananmen a été déboulonnée par les autorités.   -   Tous droits réservés  AP

C'est un nouveau coup de force de Pékin à Hong Kong.

Ce jeudi, après 24 ans de présence, Le "Pilier de la honte", une statue rendant hommage aux victimes de la répression de Tiananmen, a été retiré de l'Université de Hong-Kong (HKU).

"La décision concernant la vieille statue a été prise sur la base d'un avis juridique externe et d'une évaluation des risques pour le meilleur intérêt de l'Université", a déclaré la HKU dans un communiqué, alors que les groupes et les lieux commémorant la répression du 4 juin 1989 à Pékin sont devenues la cible de la draconienne loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

Le "Pilier de la honte", de huit mètres de haut, a été mis à l'abri des regards mercredi derrière des bâches et des barrières avant d'être déboulonné jeudi matin pour être entreposée ailleurs, selon l'université.

Kin Cheung/ AP
Chaque année, les étudiants nettoyaient la statue installée sur leur campus en 1997 pour honorer les victimes de ces événements.Kin Cheung/ AP

Hong Kong a longtemps été le seul endroit en Chine où la commémoration des événements de Tiananmen était tolérée. Chaque année, les étudiants de la HKU nettoyaient la statue installée sur leur campus en 1997 pour honorer les victimes de ces événements.

Mais Pékin a imprimé sa marque autoritaire sur l'ex-colonie britannique après les grandes et parfois violentes manifestations de 2019, en imposant une loi sur la sécurité nationale qui a criminalisé pratiquement toute forme de dissidence.

"S'ils la détruisent, on va les poursuivre"

Alors que des ouvriers s'affairaient autour de la statue dans la nuit, l'auteur de l'œuvre, le Danois Jens Galschiot, interrogé par l'AFP, a trouvé "étrange" et "choquant" que l'université s'en prenne à la sculpture, qui, selon lui, reste une propriété privée.

"Ce n'est pas juste. Cette sculpture coûte vraiment cher. Donc s'ils la détruisent, alors bien sûr, on va les poursuivre", a-t-il ajouté.

Jens Galschiot dit avoir tenté de contacter l'université avec l'aide d'avocats et avoir offert de reprendre son œuvre. Il assure aussi que les responsables de HKU ne l'ont jamais prévenu du démantèlement.

"Le Pilier de la honte" est en train d'être démoli à Hong Kong. La sculpture a été recouverte pour qu'aucun étudiant ne puisse documenter ce qui se passe. Cela se passe au milieu de la nuit à Hong Kong. Je suis choqué.

"Un acte méprisable pour tenter d'effacer ce chapitre de l'Histoire maculé de sang"

Le retrait de la statue a été décrié par des militants pro-démocratie exilés, toujours très suivis par leurs nombreux abonnés sur les réseaux sociaux.

Nathan Law, un ancien élu pro-démocratie réfugié au Royaume-Uni, a assuré que la statue continuerait à vivre dans la mémoire des gens. "Le #Pilierdelahontea été retiré, mais la mémoire survit. Nous devons nous souvenir de ce qui s'est passé le 4 juin 1989", a-t-il tweeté.

"Honte à l'Université de Hong Kong qui détruit l'histoire et la mémoire collective du massacre de la place Tiananmen. Vous devriez être condamnés au pilier de la honte", a écrit Brian Leung, militant pro-démocratie exilé aux Etats-Unis.

Lam Chun Tung/The Initium Media via AP
Archives : le "Pilier de la honte" avant sa mise au rebut, le 13 octobre 2021Lam Chun Tung/The Initium Media via AP

Wang Dan, l'un des anciens dirigeants étudiants de Tiananmen vivant aujourd'hui aux Etats-Unis, s'est aussi indigné du déboulonnage, décrivant sur Facebook "un acte méprisable pour tenter d'effacer ce chapitre de l'Histoire maculé de sang".

Depuis la mainmise de Pékin, les voix dissidentes se sont peu à peu éteintes sur les campus de Hong Kong, autrefois des espaces de liberté non-soumis à la censure qui imprègne les facultés de Chine continentale. Les manifestations ont été interdites, de nombreux syndicats étudiants mis sur liste noire et de nouveaux cours sur la "sécurité nationale" instaurés.

La reprise en main de la ville s'est aussi traduite par une réforme électorale menant à un scrutin, dimanche dernier, réservé à des candidats "patriotes" acquis au régime de Pékin pour le Conseil législatif local.