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Vers une révision des accords de défense franco-maliens

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Par euronews  avec AFP, AP
A g. : lors d'une manifestation à Bamako (Mali), le 14/01/2022 - A dr. : Emmanuel Macron en visite à Gao (nord du Mali), le 19/05/2017
A g. : lors d'une manifestation à Bamako (Mali), le 14/01/2022 - A dr. : Emmanuel Macron en visite à Gao (nord du Mali), le 19/05/2017   -   Tous droits réservés  AP Photo

La junte au pouvoir au Mali a dit vouloir revoir les accords de défense avec la France.
Paris confirme avoir reçu une demande de Bamako dans ce sens.

Les relations entre Paris et Bamako ne cessent de se dégrader. Dernier exemple en date : la remise en cause de accords de défense franco-maliens.

La France et le Mali sont liés par des accords militaires bilatéraux, notamment un traité de coopération signé le 16 juillet 2014 à Bamako. Ce traité encadre l'organisation, l'équipement et l'entrainement des forces, l'échange d'information ou encore l'organisation de transits, de stationnements temporaires, d’escales aériennes.

Ce texte a été signé dans la foulée du déploiement de troupes françaises sur le sol malien, dans la lutte contre le djihadisme dans la région sahélienne. L'opération militaire française lancée en en 2013 s'appelait Serval avant d'être rebaptisée Barkhane en août 2014.

Un retrait progressif

Après huit ans d'engagement, Paris a fait les comptes : 57 soldats français tués, un coût financier important, une adhésion populaire de moins en moins nette en France. D'où la décision de revoir la stratégie, de mettre progressivement fin à ce qui s'apparente à un "enlisement".

Le 10 juin 2021, le président français annonçait la fin progressive de cette opération Barkhane. Cela s'est traduit, dans les mois suivants, par le retrait des bases militaires de Kidal, de Tessalit et de Tombouctou.

Contestation au Mali

La présence militaire française est, dans le même temps, de plus en plus contestée par une partie de l'opinion publique malienne, qui estime insuffisants les résultats sur le front sécuritaire.

La junte, arrivée au pouvoir à la faveur de deux coups d'Etat (août 2020 puis mai 2021) à Bamako, a aussi remis en question la légitimité de la présence militaire française.

Et de se tourner vers la Russie pour l'épauler dans la lutte contre le terrorisme. Un choix parfaitement assumé par le Premier ministre de la Transition,Choguel Kokalla Maïga. Interviewé ce samedi sur la télévision malienne, il expliquait : "Nous cherchons un partenaire pour libérer notre pays, et la Russie est un partenaire historique, un vieil ami".

L'installation de mercenaires russes du groupe Wagner au Mali a contribué aux tensions entre Paris et Bamako.

La France et les Européens, également engagés dans la lutte anti-djihadiste au Mali, ont déclaré être prêts à y rester "mais pas à n'importe quel prix". Une déclaration prononcée vendredi dernier. Ce jour-là, de grandes manifestations étaient organisées dans les rues des grandes villes. Sur les pancartes des manifestations, des slogans hostiles à la France.

Samedi, dans son interview à la télévision malienne, le chef du gouvernement de transition a évoqué la nécessité de revoir ces accords de défense franco-maliens.

Nous voulons relire les accords déséquilibrés qui font de nous un Etat qui ne peut même pas survoler son territoire sans autorisation de la France.
Choguel Kokalla Moïga
Premier ministre malien

Le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop a ensuite confirmé à la chaîne d'information France 24 que Bamako avait entrepris des démarches en ce sens.

Ce lundi, une source diplomatique française le confirmait à l'AFP : "Nous avons reçu une demande du Mali et nous sommes en train de l'examiner", sans préciser sur quels points elle portait.