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Les soldats français rétrocèdent le camp de Tombouctou à l'armée malienne

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Par euronews  avec AFP
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Le colonel français Faivre remet symboliquement la clé de l'opération Barkhane au colonel malien pendant une cérémonie de départ de l'armée française de la base de Tombouctou
Le colonel français Faivre remet symboliquement la clé de l'opération Barkhane au colonel malien pendant une cérémonie de départ de l'armée française de la base de Tombouctou   -   Tous droits réservés  FLORENT VERGNES/AFP or licensors

Le drapeau français a été ramené et le drapeau malien hissé à sa place sur la base, devant un petit comité de soldats français et maliens et d'autorités locales et onusiennes.

Le général français Etienne du Peyroux, chef de l'opération Barkhane au Mali, a échangé une franche poignée de mains avec le nouveau commandant malien du camp. Il lui a symboliquement offert une large clé en bois, sous le vol à basse altitude d'un avion militaire français.

Environ 150 soldats français restaient présents à Tombouctou depuis un début de retrait français en avril 2013.

Pour nous, c'est une page qui se tourne. Mais la mission continue. Mes soldats et moi allons continuer notre mission au Mali
Capitaine Florian
commandant de la base de Tombouctou avant la passation

Le départ définitif des soldats français représente un tournant. Après Kidal et Tessalit, Barkhane achève son désengagement d'une partie du nord du Mali, conformément à la réorganisation du dispositif annoncée en juin, qui va de pair avec une réduction graduelle des effectifs au Sahel.

C'est aussi à Tombouctou, cité sainte de l'islam inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, que le président François Hollande avait officialisé le début de l'intervention française le 2 février 2013 contre les djihadistes. Depuis l'opération s'est enlisée et la présence française est confrontée à une hostilité grandissante.

"C'est une adaptation selon vous , un abandon selon nous", explique Kibili Demba Dembele, un homme d'affaires malien. "En huit ans au Mali, l'armée française n'a rien fait. Il faut le dire. Je dirais une décennie de perte pour la nation malienne. Une décennie complètement perdue comme ça. C'est un bilan catastrophique."

"Je pense que le retrait, je le vois négatif, selon moi. Parce qu'une sécurité, on en a besoin. Nous sommes dans la guerre et nous avons besoin de cette sécurité ici à Tombouctou et partout au Mali ", souligne Fath Wallet Mohamedine, une habitante de Tombouctou.

Les soldats français quittent Tombouctou mais pas le Mali. En 2023, il n'y aura plus que 3 000 Français au Sahel contre 5 000 jusqu'ici. Paris veut désormais concentrer sa mission sur la formation des armées locales, dans l'espoir qu'elles prennent un jour en main la sécurité de leur territoire.

Rencontre lundi entre Emmanuel Macron - Assimi Goïta

Le président Emmanuel Macron se rendra lundi à Bamako pour rencontrer le colonel Goïta, nouvel homme fort du pays, avant de passer Noël avec les soldats français stationnés à Gao.

Cette visite intervient alors que les relations entre Paris et Bamako se sont tendues ces derniers mois, la France ayant averti que le déploiement de mercenaires russes au Sahel serait "inacceptable" après le redéploiement de la force Barkhane, qui a quitté mardi Tombouctou après près de neuf années de présence dans cette ville du nord du pays.

Emmanuel Macron, qui devrait rester au Mali jusqu'à mardi, rencontrera pour la première fois le colonel Goïta depuis que ce dernier est arrivé à la tête du pays sahélien par un putsch en août 2020 avant d'être conforté par un second coup d'Etat en mai 2021.

Dix jours plus tard, Paris avait annoncé la suspension des opérations conjointes avec les forces maliennes, avec lesquelles elle coopère depuis des années contre les djihadistes.

La France met désormais l'accent sur une internationalisation de l'effort militaire en impliquant davantage ses alliés européens et en misant sur la montée en puissance des armées locales.

Paris a également haussé le ton face aux menaces de la junte au pouvoir à Bamako de recourir aux services de la société privée paramilitaire Wagner, soupçonnée d'être proche du président russe Vladimir Poutine.

L'Union européenne a sanctionné lundi ce groupe ainsi que huit personnes et trois sociétés qui lui sont liées pour les "actions de déstabilisation" menées dans plusieurs pays d'Afrique, dont le Mali, et en Ukraine.

Emmanuel Macron devrait en outre évoquer avec le colonel Goïta le calendrier électoral, alors que les dirigeants ouest-africains, réunis dimanche en sommet au Nigeria, ont de nouveau exigé des élections en février et annoncé qu'ils imposeraient des sanctions supplémentaires dès le 1er janvier sans engagement des autorités maliennes en ce sens.