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Cocaïne frelatée en Argentine : les tensions toujours vives dans le bidonville Puerta 8

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Par Euronews  avec AFP, AP
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Lucia Galloso proteste contre l'arrestation d'habitants de Puerta 8, au nord de Buenos Aires, où, selon la police, de la cocaïne contaminée aurait été vendue.
Lucia Galloso proteste contre l'arrestation d'habitants de Puerta 8, au nord de Buenos Aires, où, selon la police, de la cocaïne contaminée aurait été vendue.   -   Tous droits réservés  Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Les tensions étaient toujours vives ce vendredi dans le bidonville Puerta 8 situé en banlieue de Buenos Aires.

Puerta 8 a été identifié par la police comme étant le lieu qui a servi de point de vente à la cocaïne frelatée qui a déjà tué 24 personnes en Argentine. 

Arrestations des petites mains du trafic ?

Un précédent bilan faisait état de 23 morts, avant le décès d'une personne qui avait été hospitalisée sous assistance respiratoire, selon un communiqué du ministère de la Santé de la province de Buenos Aires, qui précise que huit patients sont encore intubés à l'hôpital.

Treize personnes au total, interpellées lors de diverses opérations de police depuis le début de la crise, devaient être entendues par des magistrats dans le cadre de l'enquête sur la provenance de la cocaïne meurtrière, ont indiqué des sources judiciaires citées par l'agence publique argentine Telam.

Parmi eux figure un chef connu d'un réseau local de trafic de drogue dans le nord-ouest du grand Buenos Aires, un homme de 33 ans surnommé "El Paisa" (le paysan). Mais à ce stade, aucun lien entre le suspect et la cocaïne tueuse n'a été confirmé.

Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Jonathan Faundez, 23 ans, observe la police lors d'une manifestation contre les arrestations de personnes en lien avec la vente de cocaïne contaminée, le 4 février 2022.Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Les familles de certaines personnes interpellées dénoncent l'arrestation de petites mains du trafic et non des chefs. C'est le cas de Lucia Galloso, 67 ans. 

"A côté de chez moi, il y a un champ où ils vendent de la drogue. Pourquoi ne les recherchent-ils pas ? Pourquoi en ont-ils après une innocente qui n'a rien à voir avec ça ? Comment allons-nous payer un avocat alors que nous n'avons pas de quoi acheter suffisamment à manger ?", interpelle en larmes la grand-mère dont la petite-fille a été arrêtée.

250 000 doses de cocaïne vendues chaque jour

L'intoxication massive a cruellement mis en lumière la forte présence de la cocaïne, y compris à bas prix et de qualité douteuse, jusque dans les secteurs les plus défavorisés du grand Buenos Aires. Selon le ministre provincial de la Sécurité, Sergio Berni, au moins 250 000 doses, une estimation basse, s'y vendent chaque jour.

"Le destin de l'Argentine sera la formation d'oligopoles avec ces bandes. Et ce que nous voyons déjà à petite échelle dans la ville de Rosario, se répandra dans la ville et la province de Buenos Aires mais aussi dans le reste du pays", alerte Monica Cunarro, procureure fédérale.

La substance avec laquelle la drogue a été coupée n'a pas encore été identifiée en laboratoire, mais les autorités pensent qu'il s'agit d'un dérivé d'opiacé.

Plus de 20 000 doses de cocaïne ont été récupérées lors de diverses opérations de police depuis l'intoxication, sans que soit établi la proportion d'entre elles contaminées. Mais plusieurs de ces doses, dans un petit emballage de nylon rose, présentaient le même aspect, selon le parquet.