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Ukraine : les habitants de Marioupol disent ne pas ressentir la montée des tensions

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Par Anelise Borges
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Un militaire ukrainien manipulant une mitrailleuse sur un navire de la marine militaire en mer d'Azov, dans les eaux proches de Marioupol, mercredi 2 février 2022.
Un militaire ukrainien manipulant une mitrailleuse sur un navire de la marine militaire en mer d'Azov, dans les eaux proches de Marioupol, mercredi 2 février 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Vadim Ghirda (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Alors que le monde entier surveille attentivement les mouvements de troupes russes au Bélarus, les autorités ukrainiennes sont pour leur part tout autant préoccupées par les exercices militaires russes en mer d'Azov.

Des exercices auraient normalement dû débuter ce dimanche et entraîner un blocage du trafic y compris commercial. Mais ils ont finalement été annulés par Moscou, d'après Kiev qui avait protesté contre leur tenue.

Ils pourraient néanmoins se poursuivre en mer Noire. Ces deux mers, Noire et d'Azov, sont vitales aux exportations ukrainiennes mais aussi pour les pêcheurs.

Anatoli Yurievich, 73 ans, pêche en mer d'Azov depuis cinquante ans. Il dit ne pas avoir ressenti la montée des tensions entre son pays et la Russie. Tout en ajoutant que si un évènement survenait et l'empêchait d'accéder à ces eaux, la situation se compliquerait pour lui.

"Comment pourrions-nous faire autrement ? Il n'y a pas de travail, tout est fermé. Sauf pour ceux qui sont entrepreneurs ou qui travaillent à terre. Ce serait la fin", reconnaît le pêcheur originaire de Yalta.

La mer d'Azov est une étendue d'eau peu profonde partagée entre l'Ukraine et la Russie. 

Des responsables ukrainiens accusent régulièrement la flotte russe de s'approcher parfois d'un peu trop près de ses côtes. L'annonce de la tenue d'exercices militaires dans la région (finalement retirée), n'a fait qu'aggraver la situation.

Les habitants de la ville portuaire ukrainienne de Marioupol, encerclée par le Donbass séparatiste, affirment pour leur part également ne pas ressentir la pression actuelle, hormis en raison de la présence de nombreux médias sur place.

"Quand on allume les infos, on a peur. On a l'impression que quelqu'un va frapper à notre porte et qu'il y aura de la douleur et du sang", témoigne l'un d'eux au micro de notre correspondante Anelise Borges

"Il arrive que les médias et les journalistes soient très enclins à exagérer et ce dont nous avons besoin, c'est d'informations plus équilibrées. Mais malheureusement, en ce moment, personne ne nous présente des informations de manière correcte", regrette un autre. 

Comment la situation évoluera-t-elle au cours des prochains jours et des prochaines heures ? 

Y aura-t-il une désescalade des tensions et l'instauration d'une paix durable dans la région ? Ou au contraire, une intensification des tensions qui pourrait dégénérer en conflit avec le risque de voir ce territoire remodelé ?

Après plusieurs semaines de crise autour de l'Ukraine, la question continue de se poser.