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Retrouvailles en Hongrie pour la minorité hongroise de la région ukrainienne de Transcarpatie

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Par Zoltán Siposhegyi
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Des manifestants tiennent des poupées représentant des victimes de la guerre en Ukraine lors d'un rassemblement à Budapest, en Hongrie, samedi 2 avril 2022.
Des manifestants tiennent des poupées représentant des victimes de la guerre en Ukraine lors d'un rassemblement à Budapest, en Hongrie, samedi 2 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Petr David Josek (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Depuis la Première Guerre mondiale, 300 000 Hongrois vivent en Transcarpatie, une région de l'ouest de l'Ukraine, frontalière avec la Hongrie.

Au début de la guerre, la plupart d'entre eux est partie en Hongrie pour ne pas avoir à combattre dans le Donbass. Mais aujourd'hui impossible pour eux de rentrer en Ukraine, même pour les fêtes.

"À Pâques, les églises étaient pleines dans toute l'Ukraine, sauf ici, en Transcarpathie", explique notre journaliste Zoltán Siposhegyi. "Nous avons rencontré une femme âgée qui s'est plainte que sa famille a peur de rentrer en Ukraine car le gouvernement de Kyiv a menacé les déserteurs de douze années de prison. Elle a également dit que les habitants ont commencé à détester les Hongrois d'ici, à cause de l'amitié d'Orban avec Poutine", poursuit-il.

Pour pouvoir fêter les fêtes de Pâques en famille, les mères et les filles ont donc dû faire le voyage d'Ukraine jusqu'en Hongrie.

"Ce sont surtout des filles et des femmes qui sont arrivées aujourd'hui de Berehovo et des environs. Elles sont les familles des pères et des garçons qui ont fui la guerre. Ils ne se sont pas revus depuis des jours, voire même de longues semaines. Ces fêtes sonnent donc comme des retrouvailles", souligne Imre Szabján qui travaille comme chef d'équipe pour le Service de charité hongrois de l'Ordre de Malte.

Le jour où la guerre a éclaté, Ibolya Mihók et toute sa famille ont fui en Hongrie. Cette mère a finalement dû retourner en Ukraine pour veiller sur leur maison.

"Le 24 février au matin, mon fils m'a réveillé et m'a dit que je devais vite faire mes bagages. Son ami qui étudiait à Kyiv lui a dit que les Russes avaient attaqué la capitale et qu'il fallait partir immédiatement en Hongrie. Il est parti juste après. Et mon mari est parti dans l'après-midi. Il voulait rester mais j'ai insisté pour qu'il ne reste pas chez nous", témoigne Ibolya Mihók.

Une fois les fêtes de Pâques passées, ces familles vont une nouvelle fois devoir se séparer.

Les hommes redoutent de ne jamais pouvoir rentrer en Ukraine de peur d'être considérés comme des traîtres.