L'annexion russe de régions ukrainiennes imminente, Moscou brandit la menace nucléaire

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Par Euronews  avec AFP
Une urne de vote à Louhansk, Ukraine occupée, le 27 septembre 2022
Une urne de vote à Louhansk, Ukraine occupée, le 27 septembre 2022   -   Tous droits réservés  AP/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Les autorités prorusses des régions ukrainiennes de Zaporijjia, Kherson et Lougansk ont revendiqué la victoire du "oui" en faveur d'une annexion par la Russie, en attendant les résultats dans une quatrième région des "référendums" d'annexion organisés par Moscou et largement dénoncés par Kyiv et ses soutiens occidentaux.

La commission électorale de la région de Zaporijjia a affirmé que 93,11% des électeurs avaient voté pour le rattachement à la Russie, après le dépouillement de 100% des bulletins de vote, tout en précisant qu'il s'agissait pour l'heure de résultats préliminaires.

Pour sa part, l'administration d'occupation prorusse de la région de Kherson a affirmé sur Telegram que 87,05% des électeurs avaient dit "oui", après le dépouillement des 100% des bulletins de vote.

Le "oui" prévaut

Il s'agit des deux premières régions ukrainiennes qui ont voté en faveur de l'annexion par la Russie depuis le début de l'offensive russe en Ukraine le 24 février.

Dans la République populaire de Lougansk (LNR), dans l'Est de l'Ukraine, 91,2% des bulletins de vote ont été dépouillés à 18h30 GMT, selon les autorités électorales prorusses assurant que la majorité avait soutenu l'annexion à la Russie.

"Il est évident" que Lougansk reviendra dans "le giron de Russie", a ainsi affirmé sur Telegram le dirigeant prorusse de la LNR, Leonid Passetchnik.

Dans la République populaire de Donetsk (DNR), également dans l'est de l'Ukraine, seulement 31,74% des bulletins de vote ont été dépouillés mardi soir, selon la commission électorale régionale affirmant que le "oui" prévalait largement dans ces bulletins.

"Sauver les russophones"

Le président russe Vladimir Poutine a assuré mardi que les référendums d'annexion organisés par Moscou dans quatre régions occupées d'Ukraine visaient à "sauver les populations" résidant dans ces territoires.

"Le sauvetage des populations sur tous ces territoires dans lesquels se tient ce référendum est (...) au centre de l'attention de notre société et de tout le pays", a déclaré M. Poutine lors d'une réunion gouvernementale, au dernier jour de ces scrutins dénoncés comme des "simulacres" par Kiev et les Occidentaux.

Paris dénonce une "mascarade"

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a affirmé mardi que les Etats-Unis et leurs alliés ne "reconnaîtront jamais" l'annexion par la Russie de territoires en Ukraine.

Les référendums d'annexion organisés en Ukraine sont une "mascarade", a déclaré mardi la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, affirmant sur la chaîne privée BFMTV ne voir "aucune sincérité" dans cette consultation organisée par Moscou.

"Il s'agit d'une mascarade (...). Il n'y a aucune sincérité dans les votes qui ont pu être exprimés", a déclaré la cheffe de la diplomatie française. "Ils n'ont aucune légitimité, aucune valeur. Nous ne les reconnaîtrons pas, ils entraîneront des sanctions de la part de la France, de l'Europe et d'autres Etats de la communauté internationale".

Menace nucléaire

Revendiquant son emprise sur ses nouveaux territoires, qui réprésentent 20% du territoire ukrainien, Moscou a de nouveau menacé mardi de faire usage de l'arme nucléaire.

"La Russie a le droit d'utiliser des armes nucléaires si nécessaire", a martelé l'ancien président et numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev.

Une position confirmée par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui a rappelé la doctrine militaire russe, qui prévoit la possibilité de telles frappes en cas d'attaque contre le territoire russe.