Cet article n'est pas disponible depuis votre région

France : la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron crispe les syndicats

Access to the comments Discussion
Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
Des grévistes de l'aéroport de Roissy, région parisienne, affiliés à la CGT, le 1er juillet 2022 - photo prétexte
Des grévistes de l'aéroport de Roissy, région parisienne, affiliés à la CGT, le 1er juillet 2022 - photo prétexte   -   Tous droits réservés  Thomas Padilla/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.   -  

Ce devait être une mobilisation pour le pouvoir d'achat, mais la question des retraites s'est invitée dans le débat. L'exécutif français souhaite un report progressif de l'âge de départ à 65 ans ; hors de question pour les syndicats, qui ont organisé 200 rassemblement dans toute la France ce jeudi.

C'est "un premier avertissement au gouvernement et au patronat pour que s'engagent rapidement des négociations salariales" et pour signaler, "puisque c'est l'actualité" que les Français ne veulent "pas travailler plus longtemps", a lancé le secrétaire général du syndicat CGT, dans le rassemblement parisien qui a réuni 40 000 personnes selon les organisateurs.

À Nantes, ils étaient entre 3 200 (police) et environ 4 500 (CGT), derrière une banderole : "Augmentez nos salaires, pas la misère". À Besançon, 770 personnes ont manifesté sous la pluie, tandis qu'ils étaient plus de 2.000 à Toulouse sous un ciel menaçant.

Fabien Roussel propose un référendum

Ils étaient aussi plusieurs centaines à Strasbourg et 500 à Belfort (police), entre 1 600 (préfecture) et 3 500 (CGT) à Caen, entre 3 500 (police) et 8 500 (syndicats) au Havre et encore à Rouen entre 1 870 (préfecture) et 3 500 (CGT).

Cette première grève interprofessionnelle a rassemblé des soignants, des enseignants, des cheminots, ce qui a entraîné quelques perturbations dans les établissements scolaires et les transports en commun parisiens.

Dans le cortège parisien, le chef de fil des communistes Fabien Roussel a appelé le gouvernement à soumettre la réforme des retraites à un référendum. "Tout le monde aspire à mettre enœuvre [la réforme], avec une augmentation des pensions, mais sans allonger l'âge de départ en retraite", a déclaré à l'AFP l'ex candidat à la présidentielle.

L'exécutif a choisit la concertation plutôt que le passage en force

Des concertations entre syndicats et gouvernement doivent se tenir la semaine prochaine, sous l'égide d'Olivier Dussopt, ministre du travail. Les discussions promettent d'être tendues, entre des salariés qui refusent de prendre leur retraite plus tard, et un président de la République qui souhaite que cette réforme entre en application à l'été 2023.

Le choix de la concertation ne s'imposait toutefois pas, le gouvernement ayant la possibilité de faire passer le texte de trois autres manières : en amendant le projet de loi de financement de la sécurité sociale examiné en octobre, en adoptant un PLFSS rectificatif en janvier, ou en lançant un projet de loi ad hoc.

Un projet de loi dédié présente cependant un risque pour l'exécutif, qui ne dispose que d'une majorité relative à l'Assemblée : il pourrait l'obliger à dégainer l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote sauf motion de censure, mais n'est utilisable qu'une fois par session parlementaire.

En revanche le gouvernement peut utiliser le 49.3 à volonté sur les textes budgétaires tels que les PLFSS. Cette disposition prévue par la Constitution peut conduire à un renversement du gouvernement. Si tel était le cas, le président français a d'ores et déjà annoncé qu'il engagerait une dissolution de l'Assemblée nationale, provoquant ainsi l'organisation de nouvelles élections législatives.

"On se place dans une hypothèse où l'on peut mener une concertation", a souligné Mme Borne, privilégiant le dialogue, sans toutefois écarter la possibilité d'un amendement au PLFSS.