Présidentielle en Autriche : l'écologiste Van der Bellen réélu, selon les premières projections

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Par Euronews  avec EFE, AFP
L'écologiste Alexander van der Bellen.
L'écologiste Alexander van der Bellen.   -   Tous droits réservés  Markus Schreiber/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Selon les sondages de sortie des urnes, les Autrichiens auraient choisi de reconduire le président écologiste sortant Alexander Van der Bellen, considéré comme un symbole de stabilité pour affronter l'inflation, la crise énergétique et la guerre en Ukraine.

Selon les premiers résultats basés sur environ 73% des bulletins dépouillés, il aurait remporté une majorité absolue de 56,1% au premier tour de l'élection présidentielle. Le résultat officiel ne devrait être connu que lundi.

"Ce serait bien d'y voir clair dès aujourd'hui, ce serait bien pour l'Autriche. Cela nous permettrait de nous concentrer pleinement (...) sur la multitude de crises auxquelles nous sommes confrontés en Europe", avait déclaré le chef de l'Etat et grand favori de cette présidentielle, après avoir voté à Vienne en fin de matinée.

Dans le pays alpin de 9 millions d'habitants, 6,4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

Extrême droite affaiblie

Le parti d'extrême droite FPÖ, qui avait failli l'emporter contre M. Van der Bellen en 2016 et rêvait d'une revanche cette année, avait abordé le scrutin avec un candidat peu connu, Walter Rosenkranz, 60 ans, qui a obtenu 17,9 % des voix dimanche, selon les premières projections. Il n'était crédité que de 15% des suffrages avant le vote, à contre-courant des récentes élections en Suède et en Italie.

Les affaires de corruption ont fait perdre du terrain à la célèbre extrême droite autrichienne. Il y a six ans, elle avait été la première en Europe à frôler la victoire à une élection présidentielle.

Fondé par d'anciens nazis, le FPÖ s'était finalement incliné avec plus de 46% des voix, épilogue d'un scrutin à rebondissements qui avait tenu en haleine Bruxelles et les partenaires occidentaux de l'Autriche.

Si le parti avait ensuite accédé au gouvernement en formant une coalition avec les conservateurs du jeune Sebastian Kurz, il a dû quitter le pouvoir en 2019 après un rocambolesque scandale et n'a jamais retrouvé depuis lors sa gloire passée.

Garant de la continuité de l'Etat

Devant ces remous et la succession de chanceliers, Alexander Van der Bellen, dont la fonction est essentiellement protocolaire, a garanti la continuité de l'Etat. Il a ainsi pu se présenter comme "le seul à pouvoir éviter le chaos", selon le politologue Thomas Hofer, interrogé par l'AFP.

Ce pro-européen passe aussi pour "intègre" selon Julia Partheymüller, de l'université de Vienne, ce qui est "très apprécié" par comparaison avec les "multiples crises auxquelles font face nombre de pays européens".

Il a mené une campagne sobre, prônant "clarté" et "compétence" en vue de "traverser les turbulences le plus sereinement possible".