Tensions à la pompe : TotalEnergies prêt à négocier dès octobre sur les salaires

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Par Euronews  avec AFP
Station service française, à Lille, le 7 octobre 2022, France
Station service française, à Lille, le 7 octobre 2022, France   -   Tous droits réservés  Michel Spingler/AP

Le groupe TotalEnergies a proposé d'avancer au mois d'octobre ses négociations annuelles sur les salaires, à condition que les grèves dans plusieurs raffineries et dépôts de carburants, qui génèrent des ruptures d'approvisionnement, prennent fin.

"Sous réserve de la fin des blocages des dépôts et de l'accord de l'ensemble des partenaires sociaux, la Compagnie propose d'anticiper au mois d'octobre la Négociation Annuelle Obligatoire qui était prévue en novembre", a annoncé le groupe dimanche dans un communiqué.

Ces négociations "permettront de définir comment les salariés pourront bénéficier, avant la fin de l'année, des résultats exceptionnels générés par TotalEnergies, tout en prenant aussi en compte l'inflation de l'année 2022", assure le groupe français, qui a engrangé 10,6 milliards de dollars de bénéfice au premier semestre 2022.

Il rappelle qu'il avait déjà été convenu avec les partenaires sociaux d'avancer au mois de novembre 2022 ces négociations annuelles obligatoires (NAO) "pour les salariés français du Socle Social Commun de TotalEnergies et de ne pas attendre janvier 2023 comme c'est habituellement le cas".

Rupture d'approvisionnement

Alors que de nombreuses stations-service connaissent toujours des ruptures d'approvisionnement, la CGT du géant de l'énergie avait adressé samedi une lettre ouverte au PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, dans laquelle elle faisait une concession dans l'espoir d'entamer dès lundi des négociations. Le syndicat proposait de limiter les discussions à la seule question des hausses de salaires, mettant de côté pour l'instant ses revendications en matière d'embauches et d'investissements.

"Si on entame des négociations, ce sera sur la base de nos revendications: on demande 10% d'augmentation sur les salaires", et que ce soit "appliqué au 1er janvier et rétroactif sur l'année 2022", avait toutefois précisé Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies.

Le mouvement de grève initié il y a une dizaine de jours dans les raffineries et dépôts de carburant de TotalEnergies et du groupe américain Esso-ExxonMobil a été reconduit dimanche en début de matinée puis une nouvelle fois à 14h par les salariés, a indiqué la CGT à l'AFP.

Du côté de TotalEnergies, plus grande raffinerie du groupe, basée en Normandie, celle de Feyzin (Rhône), la "bio-raffinerie" de La Mède (Bouches-du-Rhône) et le dépôt de carburants de Flandres près de Dunkerque (Nord) sont "toujours totalement à l'arrêt", selon la CGT. 

"Pas de problème d'approvisionnement" en France

Ces derniers jours, la pression de l'exécutif sur le groupe s'est intensifiée. Depuis Prague vendredi, le président Emmanuel Macron a appelé groupes pétroliers et syndicats à la "responsabilité", relayé par les déclarations de plusieurs ministres poussant vers des hausses de salaires.

"Il n'y a pas de problème d'approvisionnement général de notre pays, c'est important de le redire", a commenté à son tour samedi le ministre des transports Clément Beaune. "Il y a des phénomènes localisés, liés à des mouvements sociaux : on appelle chacun à la responsabilité, les entreprises et les organisations syndicales comme l'a dit hier la Première ministre, pour que la situation soit réglée le plus vite possible ; c'est aussi entre leurs mains, nous les encourageons à le faire", a-t-il déclaré en marge de la journée paralympique samedi à Paris.

Conséquence, en partie, de ces grèves, "20,7% de stations-service connaissent des difficultés sur un produit au moins", contre 19% la veille, selon un décompte samedi à 13h00 du ministère de la transition énergétique.

"Les Hauts-de-France et l'Ile-de-France restent particulièrement touchées, même si la situation s'y améliore très légèrement", selon les autorités. Ainsi, dans le Pas-de-Calais "41% des stations rencontrent des difficultés", c'est-à-dire des ruptures sur au moins un carburant, "contre 52% avant-hier", et dans 39 % samedi dans le Nord (contre 47% jeudi).

"Les mesures que nous avons prises, dont l'autorisation pour les poids lourds ravitaillant les stations de circuler le week-end, ont permis de stabiliser la situation au niveau national", a déclaré samedi après-midi à la presse la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.