Toussaint : les cimetières naturels gagnent du terrain en France

Archives : sépultures dans le cimetière naturel de Souché à Niort, le 9 octobre 2015
Archives : sépultures dans le cimetière naturel de Souché à Niort, le 9 octobre 2015 Tous droits réservés Nicolas TUCAT / AFP
Par euronews avec AFP
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Ce n'est pas une tendance de fond, mais de plus en plus de municipalités proposent des cimetières dont l'objectif est réduire leur empreinte écologique.

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Pas de marbre, de béton, ni de vernis. Tout juste de vraies fleurs et des couronnes. Et encore en quantité limitée. En France, Aytré, commune mitoyenne de La Rochelle, ouvre ce 1er novembre un cimetière naturel. Cette localité située sur la façade atlantique s'inspire de la démarche de la ville de Niort, pionnière dans le pays qui avait ouvert la voie en février 2014.

[EVENEMENT] Tony Loisel, maire d’Aytré, présentait au public le 23 septembre 2022 le nouveau cimetière naturel 🌳...

Posted by Ville d'Aytré - Mairie d'Aytré on Sunday, September 25, 2022

Sur les 40 000 cimetières français, ces modèles naturels sont encore très minoritaires. Mais Aytré n'est pas la seule commune à imiter la préfecture des Deux-Sèvres. 

Ivry-sur-Seine, près de Paris, Périgueux (Dordogne) ou Plaisance (Vienne), ont également créé des espaces similaires ces dernières années et "La Rochelle prépare le sien pour l'année prochaine", selon le maire d'Aytré Tony Loisel.

Des cimetières forestiers, où les défunts reposent au pied d'un arbre, ont également vu le jour dans le Morbihan ou en Moselle et le village d'Arbas (Haute-Garonne) a même ouvert une forêt funéraire, une parcelle où les familles peuvent déposer les cendres de leurs proches décédés. 

Il n'est pas rare de trouver de tels lieux de mémoire dans le nord de l'Europe, notamment en Allemagne où la première forêt funéraire a été inaugurée dans le land de la Hesse en 2001. 

A Aytré, l'ensemble rappellera les cimetières américains qui préfèrent le gazon aux stèles en marbre. 

Sur cet espace de 170 sépultures, dont l'agrandissement est déjà planifié, pas de caveau en béton ou de plaque : seule une pierre naturelle gravée de taille modeste et placée au sol, au niveau de la tête du défunt, est autorisée.

Nicolas TUCAT / AFP
Archives : sépultures dans le cimetière naturel de Souché à Niort, le 9 octobre 2015Nicolas TUCAT / AFP

Les linceuls sont en fibres naturelles et les défunts ne peuvent pas avoir subi de traitement chimique de thanatopraxie. Ces techniques de conservation et de préparation des corps avant la mise en terre peuvent utiliser des produits polluants et toxiques comme le formol.  

Les cercueils, eux, doivent être fabriqués en bois brut, sans vernis ni peinture, ou bien en carton, voire en mousse naturelle agglomérée, et les fleurs et couronne artificielles sont proscrites. Tout doit être naturel et fonctionnel, par souci d'économie. 

L'argument économique est également présent, puisque la mairie d'Aytré, commune de 10 000 habitants, avance qu'elle réalisera des économies dans l'entretien de ce cimetière.

Mais un autre argument pourrait être avancé par les municipalités pour mettre en place de tels cimetières, celui du manque de place. L'emprise au sol des cimetières naturels est moindre que les sites classiques faisant la part belle aux caveaux et autres pierres tombales parfois monumentales. 

Paris, Marseille et Lyon, les trois plus grandes villes françaises, font ainsi face à une pénurie de concessions funéraires. Le constant est particulièrement craint à Marseille, où il manquerait jusqu'à 30 000 places dans les nécropoles de la citée phocéenne. 

Enfin, il est également possible de se faire inhumer sur un terrain privé en France. Mais cette démarche est spécialement encadrée et soumise à autorisation. Là aussi, des solutions existent pour rejoindre sa dernière demeure en empruntant un chemin plus vertueux pour l'environnement, grâce à l'utilisation d'urne biodégradable par exemple.

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