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Parité en Europe : les femmes et les mères perdantes au travail

L'infirmière Anne-Catherine Charlier échange avec ses collègues lors d'une pause dîner dans le service de soins intensifs pour les patients à l'hôpital public de Liège.
L'infirmière Anne-Catherine Charlier échange avec ses collègues lors d'une pause dîner dans le service de soins intensifs pour les patients à l'hôpital public de Liège. Tous droits réservés AP Photo/Francisco Seco
Tous droits réservés AP Photo/Francisco Seco
Par Marie Jamet
Publié le Mis à jour
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Les inégalités femmes-hommes se retrouvent dans tous les pans de la vie des femmes. Le travail ne fait pas exception. Salaires, temps de travail, responsabilités... les femmes sont perdantes sur chaque partie de leur vie active.

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Les inégalités entre hommes et femmes découlant d'un système patriarcal persistent dans l'Union européenne. Ces inégalités se manifestent partout dans la vie des femmes et le travail ne fait pas exception.

Des métiers toujours genrés

Les femmes sont majoritaires dans les métiers dits du Care, de soin et de services, notamment dans les emplois aux particuliers. Elles sont nounous, femmes de ménage ou gardiennes. Il s’agit d’une constante depuis plus de 20 ans.

Les métiers “masculins” sont encore plus marqués avec cinq secteurs avec plus de 70 % d’hommes, même si la part des femmes y augmente doucement.

Le plafond de verre des carrières des femmes

Les femmes sont en moyenne plus nombreuses à obtenir un niveau élevé d’éducation (36 % contre 31 % pour les hommes) et pourtant seulement un tiers des femmes occupent des postes de management, 35 % au niveau européen.

La plus grosse différence se trouve à Chypre et au Luxembourg ou plus de 50 % des femmes poursuivent leurs études jusqu'au niveau 5-8, alors que seulement 22 % d’entre elles occupent des postes de management. Même l'Irlande, qui possède le plus fort taux de femmes ayant un niveau 5-8 d’étude compte seulement 3% de plus de femmes managers.

La Lituanie et la Suède sont les deux pays ayant le mieux réussi à combiner haut niveau d’études pour les femmes (48 et 54 %) et plus fort taux de femmes encadrantes (46 et 43,5 %).

Les inégalités salariales persistent dans quasiment tous les États membres. En moyenne, les femmes gagnent 13 % de moins que les hommes si l’on calcule à partir du salaire des hommes. Si l’on prend les salaires des femmes comme référence, alors les hommes touchent 15 % de plus que les femmes.

Le pourcentage d’écart peut se calculer de différentes manières. Notons que la méthode retenue par l’UE et par la plupart des Etats et le calcul qui utilise le salaire des hommes comme référence, méthode qui donne un chiffre plus petit.

Le prix de la maternité et du soin aux enfants

Ces inégalités se manifestent lorsque les femmes ont un travail. Mais elles subissent aussi le poids de la maternité et du soin aux enfants et elles sont plus nombreuses que les hommes à ne pas travailler lorsqu'elles ont un ou plusieurs enfants.

Ces différences sont particulièrement marquées en fonction des niveaux d'éducation. En général, plus le niveau d'étude est bas, plus les taux d'emploi sont bas. Cette différence est aggravée pour les femmes par le nombre d'enfant. Ainsi, si 79 % des femmes ayant trois enfants ou plus et ayant fait de longues études ont un travail, ce taux tombe à 28 % pour les femmes ayant quitté l'école au niveau primaire.

En moyenne en Europe, les femmes sont aussi plus nombreuses à travailler à temps partiel d'une manière générale et en particulier lorsqu'elles ont des enfants. Ce rythme de travail peut être choisi ou contraint par l'absence de solution de garde adaptée, une pression sociale ou une répartition inéquitable des tâches parentales au sein du couple qui pénalise leur niveau de revenus et de pensions de retraite.

La part des hommes travaillant à temps partiel est faible et stable quelque soit le nombre d'enfants qu'ils ont. Les hommes sans enfant sont même plus nombreux (9 %) à travailler à temps partiel que les hommes ayant trois enfants ou plus (7 %). Les femmes, au contraire, sont bien plus nombreuses (40 %) à travailler à temps partiel lorsqu'elles ont trois enfants ou plus que celles qui n'ont pas d'enfant (26 %). 

Ces chiffres restent stables jusqu'à ce que le plus jeune enfant de la famille ait plus de 12 ans où seule la part des femmes ayant plus de trois enfants travaillant à temps partiel baisse légèrement, passant de 40 % pour les mères de trois enfants dont le plus jeune a moins de 6 ans à 35 % pour les mères dont le plus jeune enfant a 12 ans ou plus.

Des femmes plus souvent au chômage et pénalisées à la sortie de l'emploi

En moyenne, les femmes actives sont plus nombreuses à connaître le chômage, plutôt en milieu de carrière. En effet, parmi les jeunes, les hommes sont légèrement plus nombreux à être au chômage. Parmi les personnes en fin de carrière, les femmes sont plus nombreuses depuis peu dans les statistiques officielles du chômage. 

Toutes ces inégalités se répercutent nécessairement en fin de parcours et les pensions de retraites des femmes sont pus faibles que celles des hommes. En moyenne dans l'Union européenne, les femmes touchent 24 % de moins pour leur pension de retraite que les hommes.

L'écart est le plus fort à Malte et au Pays-Bas.

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