Échauffourées à Paris entre militants écologistes et policiers en marge de l'AG de TotalEnergies

Des militants écologistes ce matin en marge de l'AG de TotalEnergies à Paris (26/05/2023)
Des militants écologistes ce matin en marge de l'AG de TotalEnergies à Paris (26/05/2023) Tous droits réservés Thibault Camus/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Par Euronews avec AFP
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Les forces de l'ordre ont utilisé du gaz lacrymogène pour déloger des militants écologistes qui tentaient d'empêcher la tenue ce matin de l'assemblée générale de TotalEnergies.

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L'Assemblée générale annuelle des actionnaires de TotalEnergies s'est ouverte ce vendredi matin à Paris, en dépit de tentatives de blocage engagées par des militants du climat, tenus à l'extérieur par les forces de l'ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour les déloger

"Nous le regrettons, nous avons dû prendre des mesures exceptionnelles tant dans l'appel aux forces de l'ordre que d'un contrôle strict d'accès à cette assemblée", a déclaré le PDG Patrick Pouyanné en ouvrant la séance. "Un certain nombre d'organisations ont annoncé vouloir perturber l'assemblée et nous avons donc pris des mesures pour qu'elle puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles".

Les projets d'hydrocarbures ciblés par les militants

Le géant français des hydrocarbures est ciblé par une coalition d'associations qui menaçait bloquer l'Assemblée générale, mais aussi par une partie de ses actionnaires en désaccord avec sa politique climatique.

La réunion arrive à la fin d'une saison d'AG houleuses, où des militants ont multiplié les actions contre les grands groupes, comme chez les concurrents Shell et BP ou la banque Barclays, accusée de financer l'expansion de projets d'hydrocarbures.

Le tout sur fond de profits faramineux: ensemble, les majors BP, Shell, ExxonMobil, Chevron et TotalEnergies affichent plus de 40 milliards de dollars de bénéfices ce trimestre, après une année 2022 grandiose.

Signe des tensions sur la réunion, TotalEnergies avait prévu d'interdire aux actionnaires et aux journalistes d'utiliser leurs téléphones portables.

TotalEnergies veut surtout éviter le scénario chaotique de l'année dernière quand des militants d'ONG avaient empêché des actionnaires de pénétrer dans l'AG.

Hausse de 10% du salaire du PDG en vue

Parmi les sujets brûlants, les quelques 1,5 million d'actionnaires individuels, présents ou en ligne, sont appelés à voter sur une résolution consultative émanant de l'organisation d'actionnaires activistes Follow This, qui s'attaque principalement aux émissions indirectes de CO2.

Autrement dit celles liées à l'utilisation du pétrole par ses clients dans les voitures ou pour se chauffer (scope 3 dans la comptabilité carbone), l'équivalent de 85% de son empreinte carbone.

L'organisation lui demande d'aligner ses objectifs de réduction sur l'Accord de Paris de 2015, afin de limiter le réchauffement planétaire à +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Même si le groupe n'envisage pas de baisser drastiquement ses émissions directes dans la décennie, il affiche une politique ambitieuse dans les énergies bas carbone, comptant y consacrer un tiers de ses investissements et atteindre 100 GW de capacités d'électricité renouvelable d'ici 2030.

"Ce sont les revenus des hydrocarbures qui nous permettent d'investir massivement et de développer les renouvelables", a fait valoir le PDG Patrick Pouyanné mercredi dans une interview au magazine Challenges.

Le groupe est présent dans de nombreux projets de gaz naturel liquéfié et de pétrole, aux Emirats arabes unis, en Irak, en Papouasie ou encore en Ouganda, avec le projet controversé de l'oléoduc chauffé Eacop devenu un symbole médiatisé de la lutte anti-pétrole.

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