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Barrage détruit en Ukraine : des bombardements touchent des évacuations de civils

Kherson est inondé suite à la destruction du barrage
Kherson est inondé suite à la destruction du barrage Tous droits réservés Evgeniy Maloletka/Copyright 2020 The AP. All rights reserved
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Par euronews avec AFP
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Des tirs d'artillerie russe ont fait un mort et 18 blessés jeudi en pleine opération de secours à Kherson, dans le sud de l'Ukraine inondé, la Russie accusant elle aussi l'armée ukrainienne de tirs meurtriers et affirmant avoir repoussé plus au nord une offensive de troupes et blindés.

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Les Ukrainiens accusent ces derniers jours l'armée russe de frapper Kherson au moment où des milliers de civils sont évacués des zones inondées à la suite de la destruction du barrage de Kakhovka situé en amont sur le fleuve Dniepr.

Selon Kiev, une personne a été tuée et 18 blessées, dont des membres des services d'urgences, dans des frappes russes sur le centre de Kherson et les environs.

"Vous êtes héroïques", a lancé aux sauveteurs travaillant "sous le feu" russe le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans un message publié sur les réseaux sociaux après s'être rendu dans la région où plus de 600 km2 ont été inondés.

A ce stade, les autorités ukrainiennes et d'occupation russe recensent six morts dans les inondations.

Les autorités d'occupation russe en Ukraine ont de leur côté accusé Kiev de bombardements qui ont tué deux personnes, dont une femme enceinte, dans un point d'évacuation à Golan Pristan, dans la zone sous contrôle russe.

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a par ailleurs affirmé que ses troupes avaient contré une offensive ukrainienne dans la région de Zaporijjia, au nord-est de celle de Kherson, à l'heure où Kiev se dit prêt à lancer un assaut pour reconquérir les territoires occupés par Moscou.

"Aujourd'hui à 01H30 du matin (mercredi 22H30 GMT) dans la zone de Zaporijjia, l'ennemi a tenté de percer nos défenses avec (...) jusqu'à 1.500 hommes et 150 véhicules blindés", a affirmé M. Choïgou dans un communiqué. "L'ennemi est stoppé et recule avec de lourdes pertes", a-t-il affirmé.

Des affirmations toutefois invérifiables de source indépendante. Les autorités ukrainiennes n'ont pas fait mention de ces événements dans l'immédiat.

Accusations mutuelles

Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité de la destruction, mardi, du barrage de Kakhovka situé sur le Dniepr, qui fait craindre une catastrophe humanitaire et écologique.

Mise en cause dès mardi par l'Ukraine, qui l'a accusée d'avoir dynamité le barrage pour couper la route à une offensive dans le sud en direction de la Crimée, la Russie affirme à l'inverse qu'il s'agit d'un acte "barbare" commis par les Ukrainiens.

Un représentant russe a répété ces accusations jeudi devant la Cour internationale de justice (CIJ), à l'occasion d'une audience sur le soutien militaire que l'Ukraine l'accuse d'avoir apporté aux séparatistes du Donbass (est) à partir de 2014.

"L'Ukraine a déclaré que la Russie a fait exploser le grand barrage situé à Nova Kakhovka. En fait, c'est l'Ukraine qui l'a fait", a déclaré l'ambassadeur de Russie aux Pays-Bas, Alexander Shulgin, devant la cour.

Selon l'administration de la région, 2.198 personnes ont été évacuées. De nombreuses autres ont fui par leurs propres moyens.

Les services d'urgence ont expliqué que, du côté ukrainien du fleuve, "20 localités et 2.629 maisons" avaient été inondées. Un homme est mort.

Côté occupation russe, 4.500 personnes "ont déjà été évacuées", selon les autorités d'occupation, et "cinq personnes (...) sont mortes noyées", a avancé Vladimir Leontiev, le maire de la ville de Nova Kakhovka, installé par la Russie.

Plus de 20.000 consommateurs sont toujours privés d'électricité, selon le ministère ukrainien de l'Energie, qui a demandé à l'Europe de lui fournir davantage d'électricité

Le ministre, Guerman Galouchtchenko, a déclaré par ailleurs que la centrale nucléaire de Zaporijjia, refroidie par l'eau du Dniepr, ne présentait "pas de risque imminent à ce stade" mais exigeait d'être "surveillée".

Le niveau du réservoir d'eau du barrage, "sous le seuil critique de 12,7 mètres", ne suffit désormais plus à alimenter "les bassins de la centrale nucléaire de Zaporijjia" pour les opérations de refroidissement, a affirmé le patron de l'opérateur ukrainien Ukrhydroenergo Igor Syrota.

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L'eau encore présente dans les bassins de refroidissement peut être utilisée "un certain temps", avait affirmé plus tôt cette semaine l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Son chef, Rafael Grossi, avait par ailleurs précisé qu'un grand bassin de refroidissement situé à proximité du site était "actuellement plein et contient suffisamment de réserves pour alimenter la centrale pendant plusieurs mois, car ses six réacteurs sont en arrêt".

"L'exploitant des barrages hydroélectriques parle du refroidissement de la centrale mais ce n'est pas le Dniepr qui la refroidit, c'est un bassin isolé du Dniepr donc il n'y a pas d'impact sûreté", a relativisé auprès de l'AFP Karine Herviou, directrice générale adjointe de Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

"Surveillance des maladies"

A Kherson, Tetiana Omeltchenko, 65 ans, a expliqué à l'AFP avoir attendu les sauveteurs pendant deux jours, s'extirpant finalement de son appartement par une fenêtre pour atteindre leur canot pneumatique.

"Dans mon immeuble, l'eau a atteint le troisième étage et il y a encore des personnes là-bas", a-t-elle affirmé.

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Selon une employée de l'agence météorologique locale, Laura Moussiïane, le niveau de l'eau dépasse de 5,33 mètres la normale. Mais il "a commencé à baisser un peu", a-t-elle estimé.

La veille, Volodymyr Zelensky avait déploré l'absence d'aide humanitaire des Nations unies et de la Croix-Rouge.

La Croix-Rouge a assuré en réponse participer aux opérations d'évacuation en territoire ukrainien, avec une cinquantaine de volontaires. L'aide des Nations unies va quant à elle être augmentée, selon Kiev jeudi.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a appelé les membres de l'Alliance à "fournir un soutien rapide".

Côté sanitaire, du fait des conséquences de l'inondation sur "l'approvisionnement en eau, les systèmes d'assainissement et les services de santé publique", l'OMS a apporté son aide pour que les autorités et les professionnels la santé puissent "prendre des mesures préventives contre les maladies d'origine hydrique" et pour "améliorer la surveillance des maladies", a assuré à la presse son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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Le Kremlin a enfin averti jeudi que l'explosion lundi d'un pipeline d'ammoniac en Ukraine, essentiel pour l'exportation des engrais, risquait d'avoir un "impact négatif" sur l'avenir de l'accord céréalier crucial pour l'approvisionnement alimentaire mondial, qu'elle rechigne à prolonger.

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