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Espagne : le chef de la droite échoue à se faire investir Premier ministre

 Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire
Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire Tous droits réservés Manu Fernandez/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par euronews avec AFP
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Faute de soutiens suffisants, le chef de la droite espagnole, Alberto Núñez Feijóo, a vu mercredi le Parlement rejeter sa candidature au poste de Premier ministre.

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Cet échec attendu lance un compte à rebours de deux mois avant la convocation de nouvelles élections pour la mi-janvier. Deux mois durant lesquels le chef du gouvernement sortant, le socialiste Pedro Sánchez, qui a prouvé ces dernières années sa capacité de survie politique, va pouvoir tenter à son tour d'obtenir la confiance du Parlement pour être reconduit au pouvoir.

Arrivé en tête des législatives du 23 juillet, qui n'ont pas permis de dégager de majorité claire, M. Feijóo a recueilli mercredi 172 voix, celles des députés de son Parti Populaire (PP), de la formation d'extrême droite Vox et de deux petits partis.

Or, il devait obtenir le soutien de la majorité absolue de la Chambre des députés pour être investi, soit 176 voix sur 350.

Deuxième vote vendredi

Chargé par le roi Felipe VI de tenter de former un gouvernement, le chef du PP se soumettra vendredi à un deuxième vote, où une majorité simple lui suffirait.

Mais, sauf improbable coup de théâtre, il ne sera pas non plus en mesure de l'emporter, 178 députés ayant voté mercredi contre sa candidature.

Feijóo "n'est pas crédible" et "achève (la session d'investiture) comme il l'a démarré, en tant que chef de l'opposition", a raillé Patxi Lopez, président du groupe socialiste à la Chambre des députés.

Conscient de son échec à venir, Alberto Núñez Feijóo a passé l'essentiel de la session d'investiture, qui s'est ouverte mardi, à attaquer Pedro Sánchez et les indépendantistes catalans, dont dépend l'éventuelle reconduction au pouvoir du socialiste.

Assurant défendre l'"intérêt général" et "l'égalité de tous les Espagnols", il a accusé son rival socialiste - qualifié de "lâche" par le PP pour ne pas avoir pris la parole dans l'hémicycle - de céder au "chantage de ceux qui ne croient pas en notre pays".

Mardi, il avait déjà critiqué le fait que l'éventuelle reconduction au pouvoir de M. Sánchez dépende "de ce que voudra ou pas (Carles) Puigdemont", chef de la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, honni par la droite.

Faiseurs de roi dans un Parlement très fragmenté, Carles Puigdemont et les sept députés de sa formation Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya) réclament l'amnistie des séparatistes catalans poursuivis par la justice espagnole, en échange de leur appui à M. Sánchez, qui bénéficie déjà du soutien de l'extrême gauche et d'autres partis régionalistes.

Négociations périlleuses pour Sánchez

Au-delà de l'opposition farouche de la droite, qui a mobilisé des dizaines de milliers de personnes dimanche dans le centre de Madrid, cette éventuelle amnistie suscite le malaise de certains membres du Parti socialiste, formation qui rejetait catégoriquement une telle idée dans le passé.

Des négociations périlleuses se profilent donc pour M. Sánchez, qui va devoir trouver une formule contentant les indépendantistes sans déclencher de fronde au sein de son parti.

Le Premier ministre, qui a déjà gracié en 2021 les indépendantistes condamnés à la prison pour les événements de 2017, n'a rien dit publiquement sur cette amnistie mais a promis d'être "cohérent avec la politique de retour à la normale" en Catalogne qu'il a appliquée depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

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