Jour d'élections à haut risque en RDC : retards et énervement au démarrage

Une file d'attente devant un bureau de vote ce mercredi 20 décembre.
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Par euronews avec agences
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En République démocratique du Congo, près de 44 millions d'électeurs sont attendus dans les bureaux de vote ce mercredi pour des élections générales à haut risque.

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Engouement matinal mais énervement dans les files d'attente : les Congolais de RDC ont commencé à voter ce mercredi pour des élections générales à haut risque auxquelles le président sortant, Félix Tshisekedi, se représente face à une opposition morcelée.

Un premier électeur a déposé son bulletin dans l'urne à 6 h 09, soit 9 minutes seulement après l'heure prévue, dans un bureau de Kisangani, dans l'est du pays qui, en avance d'une heure sur l'ouest, commençait à voter en premier.

Mais selon le constat des équipes de l'AFP, les opérations ont ensuite débuté cahin-caha à Goma, Bukavu, Beni, Lubumbashi ou Tshikapa, avec des retards, pagaille et dysfonctionnements plus ou moins importants.

"C'est une grande déception, il y a des désordres terribles dans l'organisation", se plaint Jean Claude Nzine Cokola, enseignant, arrivé tôt dans un bureau de vote du Sud-Kivu et qui attendait encore quatre heures plus tard.

Les électeurs se préparaient à des retards, courants en République démocratique du Congo et susceptibles d'être aggravés par des difficultés d'acheminement du matériel électoral jusque dans les zones reculées.

Près de 44 millions d'électeurs inscrits, sur un total d'environ 100 millions d'habitants, sont appelés à élire leur président, mais aussi leurs députés nationaux et provinciaux et, pour la première fois, leurs conseillers communaux. Autre première, des Congolais de la diaspora doivent voter dans cinq pays.

Plus de 100 000 candidats sont sur les rangs pour les quatre scrutins. Le président de la Commission électorale (Céni), Denis Kadima, a promis la "transparence" du processus, avec un suivi "en temps réel" de la compilation des résultats.

"Un changement" ?

Plusieurs missions d'observation des élections sont déployées.

Avec 25 000 personnes, celle des églises catholique et protestante est la plus grande et ses avis et conclusions sont traditionnellement très suivis. Ses animateurs ont promis un "dépouillement parallèle" pour la présidentielle.

A cette élection à un seul tour, Félix Tshisekedi, 60 ans, au pouvoir depuis début 2019, est candidat à un second mandat face à 18 autres postulants. Son bilan est mitigé, ce qu'il reconnaît, mais il demande cinq ans de plus pour "consolider les acquis".

Tout au long de la campagne, il a aussi vilipendé les supposés "candidats de l'étranger", en laissant entendre qu'ils n'étaient pas assez "patriotes" face aux "agressions" dont il accuse en particulier le voisin rwandais.

Son principal challenger, Moïse Katumbi, 58 ans, riche homme d'affaires et ancien gouverneur de la province minière du Katanga (sud-est), a été particulièrement ciblé par ses attaques.

La période pré-électorale a été empoisonnée par la situation sécuritaire dans l'est, où les violences armées en cours depuis le milieu des années 1990 connaissent un pic de tension depuis deux ans, avec la résurgence de la rébellion du M23 soutenue par Kigali.

Les combats se sont calmés depuis une dizaine de jours, mais les rebelles continuent d'occuper de vastes pans de territoire du Nord-Kivu, dans lesquels les habitants sont privés de vote.

Dans le nord de la même province en revanche, à Beni, les électeurs n'avaient pas pu voter à la présidentielle en 2018 à cause de l'insécurité mais peuvent le faire cette fois. Lucie Zawadi, cultivatrice de 42 ans, se dit très contente d'avoir pu "remplir (son) devoir". "Ces élections vont apporter un changement", espère-t-elle.

Parmi les autres candidats à la présidentielle figurent le Dr Denis Mukwege, 68 ans, prix Nobel de la paix pour son action en faveur des femmes violées et Martin Fayulu, 67 ans, premier candidat de poids à avoir voté, dans la matinée à Kinshasa.

Les opposants soupçonnent le régime d'avoir préparé la fraude de longue date en plaçant ses hommes à la tête de la Céni ou de la Cour constitutionnelle.

L'ONU et l'Union européenne se sont inquiétées des "discours de haine" et, de même que les Etats-Unis, ont appelé à des élections transparentes et apaisées.

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