Dans un rapport détaillé rédigé par Farnaz Fassihi, journaliste au New York Times sont dévoilés les principaux changements apportés à la structure de gestion et de défense de l'Iran pour contrer d'éventuelles menaces américaines, soulignant l'escalade des tensions entre Téhéran et Washington.
Le New York Times affirme qu’à mesure que le risque d’un affrontement militaire s’intensifie, le guide suprême iranien Ali Khamenei aurait confié à Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, la mission de préserver la structure du pouvoir et de gérer le pays en cas de guerre.
« Depuis début janvier et à la suite de manifestations internes et de menaces émanant des États-Unis, Ali Larijani, un homme politique de 67 ans et ancien commandant des pasdaran, a pratiquement pris la direction des principales affaires du pays », écrit le journal, citant des déclarations de six responsables iraniens bien informés et de plusieurs membres du Corps des Gardiens de la révolution.
Selon le rapport, l’ascension d’Ali Larijani s’accompagnerait d’une mise à l’écart manifeste du président iranien Massoud Pezeshkian. D’après le journal, ce dernier continuerait de mettre en avant son identité de médecin et hésiterait à endosser la responsabilité de la gestion des grandes crises nationales. Citant des médias iraniens, le New York Times évoque ainsi un rééquilibrage du pouvoir au sommet de l’État et écrit : « Les médecins ont même eu recours à Larijani pour des questions telles que le défiltrage, ce qui constitue la meilleure arme du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale dans la structure actuelle. »
Le New York Times aborde ensuite les aspects sécuritaires de la publication des nouvelles directives à Téhéran, ajoutant : « Le dirigeant iranien a chargé Ali Larijani et un cercle de loyalistes militaro-politiques de déterminer les différents niveaux de succession pour tous les postes clés. Ces mesures ont été prises pour garantir que le système ne s'effondre pas en cas d'assassinat ou d'interruption des communications en temps de guerre. »
« Les dirigeants ont pleinement confiance en Larijani et le considèrent comme un homme sensible et critique de cette époque en raison de son bilan politique et de sa riche intelligence », a écrit le journal américain, citant Nasser Imani, un analyste proche de l'échiquier des principes.
Une autre partie du rapport est consacrée aux préparatifs sur le terrain. Le journal affirme que : « partant de l'hypothèse que les frappes militaires américaines sont imminentes, l'Iran a déployé ses lance-missiles balistiques aux frontières ouest (près d'Israël) et sur la rive sud du golfe Persique (à portée des bases américaines), et toutes les forces armées sont au plus haut niveau de préparation. »
Finalement, le journal a cité Ali Vaez, directeur de la division iranienne de l'International Crisis Group, qui a noté que malgré tous les plans de succession et de gestion de crise, le rôle du leader reste irremplaçable en tant que « principale force motrice et force de blocage du système » et que le système sera confronté à des défis imprévisibles en leur absence.
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