La Maison Blanche réoriente le navire depuis les Caraïbes vers les eaux proches de l'Iran. Il s'agit de la troisième destination du navire en moins d'un an.
Le porte-avions américain USS Gerald R. Fordquitte à nouveau sa base de Norfolk pour un déploiement en Moyen-Orient, selon des sources de la marine américaine. L’équipage a été informé jeudi de ce nouveau mouvement. Le retour à la base n’est pas prévu avant la fin avril ou le début mai.
Trois missions en moins d'un an
Initialement mobilisé pour une mission de courte durée en Méditerranée le 24 juin dernier, le navire avait été redirigé vers les Caraïbes pour accentuer la pression sur le gouvernement vénézuélien. Le 3 janvier, des avions décollant de son pont ont participé à l’attaque contre Caracas, qui a conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro.
En moins de huit mois, le Gerald R. Ford aura ainsi été engagé dans trois théâtres d’opérations différents, reflétant les priorités changeantes de l’administration Trump.
Un porte-avions de nouvelle génération
Avec un déplacement de 100 000 tonnes et une longueur de 334 mètres, le Gerald R. Ford surpasse en capacités toute la classe Nimitz qui l'a précédé. Son pont d'envol peut accueillir plus de 75 avions, bien qu'il opère généralement avec une escadre aérienne de 60 à 70 appareils.
La puissance de feu du Ford ne réside pas seulement dans sa taille. Le navire est équipé d'un système électromagnétique de lancement d'avions (EMALS), qui remplace les catapultes à vapeur traditionnelles. Ce système permet de lancer les avions avec une plus grande précision et moins d'usure mécanique. Il peut effectuer jusqu'à 160 sorties par jour, contre 120 sur les anciens porte-avions.
Son escadre aérienne comprend des chasseurs F/A-18 Super Hornet, des avions de guerre électronique EA-18G Growler, des avions d'alerte précoce E-2D Hawkeye et des hélicoptères MH-60. L'équipage compte environ 4 500 personnes, soit quelque 600 de moins que les modèles précédents, grâce à l'automatisation de nombreux systèmes.
Le navire est propulsé par des réacteurs nucléaires A1B qui lui confèrent un rayon d'action pratiquement illimité. Il n'a pas besoin d'être ravitaillé en carburant pendant toute sa durée de vie, estimée à 50 ans. Les réacteurs produisent suffisamment d'énergie pour alimenter une ville de 100 000 habitants. Cette énergie alimente également les systèmes de défense : lanceurs de missiles, canons Phalanx et systèmes antimissiles de pointe.
Le coût de la construction a dépassé les 13 milliards de dollars, ce qui en fait le navire de guerre le plus cher jamais construit. Il est entré en service en 2017 après des années de tests et d'ajustements techniques.
Message stratégique à Téhéran
Ce redéploiement coïncide avec des négociations indirectes entre Washington et Téhéran qui ont eu lieu à Oman la semaine dernière. Donald Trump a averti que le refus d’un accord par l’Iran aurait des conséquences "très traumatisantes".
Le porte-avions rejoint une flotte qui opère déjà dans la région. L'USS Abraham Lincoln est arrivé il y a plus de quinze jours, accompagné de trois destroyers équipés de missiles guidés. La présence du Ford renforce considérablement les capacités militaires des États-Unis.
Selon la marine, le Ford est "la plateforme de combat la plus capable, la plus adaptable et la plus létale au monde".