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Stress thermique extrême : un phénomène mortel qui gagne l’Europe

Balayeur de rue travaille en plein soleil à Londres, mardi 23 juin 2026, alors qu’une vague de chaleur est annoncée sur le Royaume-Uni.
Un balayeur de rue travaille en plein soleil à Londres, mardi 23 juin 2026, alors qu’une vague de chaleur est annoncée sur la Grande-Bretagne. Tous droits réservés  AP Photo/Kin Cheung
Tous droits réservés AP Photo/Kin Cheung
Par Liam Gilliver
Publié le
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Une étude majeure montre que certaines régions d’Europe connaissent jusqu’à 40 jours supplémentaires de forte chaleur depuis les années 1970.

Le monde est confronté à une « forte hausse » du stress thermique dangereux, alors que notre dépendance aux combustibles fossiles continue de faire surchauffer la planète.

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Selon le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) de l’UE, les températures en Europe ont augmenté d’environ 2,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, malgré les efforts pour enrayer le réchauffement climatique, ce qui en fait le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde.

Mais les chercheurs ne se contentent plus d’analyser la température de l’air extérieur : ils s’intéressent désormais aux « températures ressenties » pour mieux mesurer l’impact sur les populations.

Les températures « ressenties » indiquent à quel point le temps paraît chaud ou froid pour une peau humaine nue. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur la température de l’air standard, que l’on voit souvent dans les bulletins météo, les températures ressenties tiennent compte de facteurs environnementaux comme la vitesse du vent, l’humidité, ainsi que des connaissances des spécialistes sur la manière dont le corps humain perd de la chaleur.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Nature, avertit que les températures ressenties extrêmes, les journées de stress thermique et les nuits tropicales (lorsque la température ne descend pas en dessous de 20 °C sur une période de 24 heures) sont toutes devenues considérablement plus fréquentes.

Même des régions jusqu’ici épargnées par le stress thermique en subissent désormais les effets.

Qu’est-ce que le stress thermique ?

Le stress thermique désigne l’accumulation de chaleur dans le corps, produite soit en interne par l’activité musculaire, soit en externe par l’environnement. Elle survient lorsque la chaleur que le corps absorbe dépasse sa capacité à l’évacuer.

« Le stress thermique résulte généralement d’une combinaison de facteurs, tels que des températures ambiantes élevées, l’humidité, l’activité physique et une prise de liquides insuffisante », indique le C3S.

« Divers facteurs influent sur la capacité de l’organisme à maintenir sa température interne dans certaines limites. »

La chaleur produite par le corps humain peut être compensée par les échanges de chaleur avec l’environnement grâce à notre système de thermorégulation (c’est pourquoi nous transpirons quand il fait chaud). Des facteurs comportementaux peuvent aussi jouer un rôle, comme le fait de rester hydraté, de porter des vêtements amples et d’éviter de faire de l’exercice aux heures les plus chaudes de la journée.

Lorsque notre organisme n’arrive plus à équilibrer cette chaleur, divers symptômes peuvent apparaître : élévation de la température interne, accélération du rythme cardiaque, respiration rapide, transpiration excessive, nausées et vertiges.

Dans les cas graves, des pathologies liées à la chaleur, comme l’épuisement ou le coup de chaleur, peuvent être mortelles.

Où le stress thermique frappe-t-il le plus en Europe ?

Les chercheurs ont étudié le stress thermique à trois niveaux : fort (températures d’indice supérieures ou égales à 32 °C), très fort (supérieures ou égales à 38 °C) et extrême (supérieures ou égales à 46 °C).

Ils ont constaté que, dans le sud de l’Espagne, en Italie, en Grèce et en Turquie, certaines zones enregistreront jusqu’à 40 jours supplémentaires de stress thermique fort par rapport aux années 1970. Une grande partie de l’Europe du Sud enregistre presque un mois entier de journées supplémentaires de stress thermique fort par rapport à il y a plusieurs décennies.

Selon Rebecca Emerton, autrice principale de l’étude, il est frappant « de voir le stress thermique non seulement s’intensifier dans les endroits que nous considérons déjà comme chauds ou habitués aux vagues de chaleur… mais aussi de constater cette empreinte du stress thermique qui s’étend à des régions où il était historiquement rare ou inexistant ».

Les régions susceptibles de connaître environ 50 jours supplémentaires par an de stress thermique au moins fort par rapport aux années 1970 comprennent certaines parties de l’Afrique australe, comme la Namibie et l’Angola ; de l’Afrique de l’Est, notamment des zones en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda ; ainsi que des régions du Mexique et de l’Amérique centrale.

Les températures ressenties sont en hausse

Selon l’étude, les températures ressenties lors des dix nuits les plus chaudes de chaque année ont également augmenté plus rapidement, soit 0,32 °C par décennie, que celles des dix journées les plus chaudes, de 0,27 °C par décennie.

Des températures nocturnes élevées peuvent avoir un impact important sur la santé humaine, car le corps compte sur des nuits plus fraîches pour réguler sa température interne et récupérer de la chaleur accumulée dans la journée. Cela peut entraîner un stress cardiovasculaire accru et des troubles du sommeil.

« La chaleur nocturne est souvent sous-estimée, mais elle peut être particulièrement dangereuse car les gens sont généralement chez eux et n’ont pas forcément accès à des espaces frais et climatisés », explique Ruth Engel, spécialiste des données sur la santé environnementale et les épisodes de chaleur extrême au World Resources Institute (WRI), au micro d’Euronews Earth.

« En Europe, où la climatisation reste relativement peu répandue et où les températures augmentent plus vite que dans toute autre région, les nuits tropicales deviennent un enjeu majeur de santé publique. »

Des études ont montré que des températures nocturnes élevées sont associées à une hausse de la mortalité, en particulier chez les personnes âgées et celles souffrant de problèmes de santé préexistants.

Il existe de nombreuses façons de rafraîchir son logement sans recourir à la climatisation.

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