Le Libéria a accepté que les États-Unis expulsent jusqu'à 1 200 ressortissants étrangers en un an, des personnes parfois originaires d'Amérique du Nord, du Sud ou des Caraïbes.
Les États-Unis ont procédé, ce jeudi 20 août, à leur première expulsion dans le cadre d’un accord avec le Libéria. Ce pays africain est le dernier en date à avoir accepter d'accueillir des migrants expulsés dans le cadre de la controversée offensive anti-immigration du président Donald Trump.
Monrovia a annoncé, mardi, avoir accepté, sur une période d'un an, jusqu'à 1 200 ressortissants étrangers expulsés par Washington. Il s’agit de l’une des plus importantes initiatives menées à ce jour par l’administration Trump.
Un avion transportant ces vingt personnes s'est posé à l'aéroport international Roberts peu avant 13 h, jeudi, heure locale. Des employés de la Commission libérienne sur le rapatriement, la réinstallation et la réintégration ont été vus en train de prendre en charge les nouveaux arrivants.
Selon le ministre libérien de l’Information, Jerolinmek Piah, parmi les personnes expulsées figurent des ressortissants africains ainsi que des ressortissants d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et des Caraïbes.
Le ministre libérien de la Justice, Natu Oswald Tweh, a déclaré qu’elles pourraient demander l’asile dans ce pays d’Afrique de l’Ouest si elles le souhaitaient.
Le pays a également indiqué que ces personnes étaient "libres de quitter le territoire quand elles le souhaitent".
Le gouvernement a précisé qu'il "n'a exigé ni reçu aucune compensation ni promesse de contrepartie en échange de son accord pour participer au programme". "Le Liberia recevra un soutien pour l'aider à gérer ce programme et à renforcer plus largement son système migratoire" dans le cadre de ce partenariat, a ajouté le gouvernement, qui le décrit comme "entièrement humanitaire".
Des expulsions vers des pays inconnus
Le Département d’État américain avait précédemment annoncé que le Libéria avait accepté d’accueillir des personnes expulsées qui ne sont pas originaires de ce pays.
En octobre 2025, le Libéria avait proposé d’accueillir Kilmar Abrego Garcia, originaire du Salvador, qui avait été expulsé par erreur vers une prison au Salvador. Ne pouvant le renvoyer dans son pays d’origine, l’administration Trump s’est engagée à l’envoyer vers un pays tiers, notamment le Libéria.
Kilmar Abrego Garcia a déclaré qu’il accepterait d’être expulsé vers le Costa Rica, qui s’est dit prêt à l’accueillir. Mais le gouvernement a jusqu’à présent refusé de l’y envoyer. L'homme conteste son expulsion vers le Libéria dans le cadre d’une action en justice fédérale dans le Maryland.
Une "priorité absolue", selon Washington
Dans son deuxième mandat, Donald Trump a élargi le champ des personnes susceptibles d'être expulsées, visant notamment celles bénéficiant de protections juridiques qui, sous les précédentes administrations, leur permettaient de vivre et de travailler aux États-Unis par crainte d'être persécutées dans leur pays d'origine.
Le Département américain de la Sécurité intérieure a refusé de confirmer les expulsions de jeudi "pour des raisons de sécurité opérationnelle" et a renvoyé les questions supplémentaires au Département d’État.
Le Département d’État américain a refusé de répondre aux questions concernant l’accord avec le Libéria, mais a déclaré que la mise en œuvre des politiques d’immigration de l’administration Trump constituait une "priorité absolue". Il a ajouté qu’il restait "inébranlable dans son engagement à mettre fin à l’immigration illégale et massive et à renforcer la sécurité des frontières américaines".
Des accords avec au moins 35 pays
Les accords avec des pays tiers sont souvent entourés de secret. Des migrants ont été expulsés vers des pays où ils ne sont jamais allés ou où ils courent des risques pour leur sécurité, et n’ont d’autre choix que de retourner dans les pays d’origine qu’ils avaient fui. Pour certains personnes originaires d'Amérique du Nord, du Sud ou des Caraïbes, leur expulsion dans des pays d'Afrique rend difficile leur retour dans leur pays d'origine.
L'administration Trump a conclu des accords avec au moins 35 pays en vue d'expulser des ressortissants étrangers, notamment du Libéria et de treize autres pays africains, dont la Sierra Leone, la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun, l'Eswatini et la République démocratique du Congo, selon "Third Country Deportation Watch".
L'organisation, partenaire de Refugees International et Human Rights First, s'est appuyée sur des demandes d'accès aux documents publics, des articles de presse et d'autres sources. Plus de 23 000 personnes ont été expulsées vers 26 pays dans le cadre de ces accords.