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République démocratique du Congo : l'épidémie d'Ebola "croît de façon exponentielle", alerte l'ONU

Des soignants au centre de traitement d'Ebola de l'hôpital général de Bunia, le 11 août 2026
Des soignants au centre de traitement contre Ebola de l'hôpital général de Bunia, 11 août 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Gavin Blackburn
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Plus de 2 500 personnes sont déjà décédées dans ce pays. Mais l'épidémie n'a pas encore atteint son pic et pourrait être trois fois plus importante que les chiffres actuellement connus.

La flambée d’Ebola qui ravage la République démocratique du Congo (RDC) progresse de manière "exponentielle", a alerté les Nations unies, ce vendredi 21 août. Sur 5 290 cas confirmés, au moins 2 516 décès ont été recensés au cours des trois derniers mois.

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"Le bilan des décès s'alourdit évidemment chaque jour", a précisé Julien Harneis, Coordinateur principal d’Ebola pour les Nations Unies, qui a indiqué que la moitié des décès était survenus "au cours des 20 derniers jours".

Le taux de létalité de cette épidémie est de 47,6 %, un taux nettement supérieur à celui enregistré lors de la flambée d'Ebola la plus meurtrière qui a sévi en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016 (39,6 %), ayant fait plus de 11 000 morts pour 28 000 cas.

La flambée actuelle est déjà la plus grave de l’histoire du pays et se propage plus rapidement que toutes les épidémies recensées jusqu’ici. "L’épidémie se répand largement. Elle couvre désormais une zone plus vaste que la France... Elle progresse plus vite et plus largement que la riposte contre Ebola", a également souligné Julien Harneis.

De son côté, Yap Boum, responsable de la préparation et de la réponse aux urgences au sein des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), assure que seuls 30 à 40 % des cas sont aujourd'hui détectés.

Une épidémie inédite

Autre fait inquiétant : seuls 16 % des personnes ayant potentiellement été en contact avec des malades ont été identifiées. Africa CDC indique qu'en comptant en moyenne 60 contacts par cas confirme, elle s'attend à pouvoir identifier 99 780 contacts pour les 1 663 cas qu'elle affirme avoir confirmés au cours des trois dernières semaines.

L'épidémie n'a pas encore atteint son pic et pourrait être trois fois plus importante que les chiffres actuellement connus, selon des données des autorités et de la principale agence de santé publique d'Afrique.

Comparée à l'épidémie d'Ebola qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016 (28 000 cas, 11 000 décès), l'épidémie actuelle compte, à la 13e semaine, après sa déclaration officielle, dix fois plus de cas et sept fois plus de décès, selon les données de l’Africa CDC.

La précédente épidémie d’Ebola la plus meurtrière en RDC était celle de 2018-2020, qui avait fait 3 400 cas et plus de 2 200 morts. L’épidémie actuelle progresse 18 fois plus rapidement en termes de cas confirmés et 13 fois plus rapidement en termes de décès.

L’une des principales sources d’inquiétude est que les experts estiment que l’épidémie a commencé à se propager depuis la ville minière de Mongbwalu dès février, plusieurs mois avant que les autorités ne déclarent officiellement l’épidémie, le 15 mai.

Une riposte sanitaire plus importante primordiale

La situation s'est aggravée par une population extrêmement mobile, notamment en raison des déplacements provoqués par les conflits armés, ainsi que par la défiance envers les autorités sanitaires.

Elle touche des régions du nord et de l’est où la présence de l’État est limitée, où les infrastructures de santé font largement défaut et où une multitude de groupes armés sévissent depuis des décennies.

Julien Harneis a insisté sur la nécessité de renforcer la riposte, en soulignant que "si nous mobilisons davantage de personnels, si nous acheminons plus de ressources vers les zones reculées de l’est de la République démocratique du Congo, en quelques mois nous pouvons ralentir la transmission et aller vers son arrêt". "Si nous ne le faisons pas, alors cette épidémie deviendra plus meurtrière. Elle s’étendra davantage et risque de gagner les pays voisins", a-t-il aussi affirmé.

L’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aucun vaccin ni traitement approuvé, contrairement au type de virus Ebola le plus courant. Ses symptômes sont également moins sévères, ce qui pourrait expliquer que de nombreux malades ressentent moins le besoin immédiat d’alerter les équipes de santé ou de consulter.

Les autres raisons pour lesquelles les personnes malades ne signaleraient pas leurs symptômes assez tôt, voire pas du tout, sont également la désinformation (selon laquelle l'épidémie n'existe pas), le recours initial à la médecine traditionnelle ou la peur d'être placée à l'isolement.

Sources additionnelles • AFP

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