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Les océans mondiaux atteignent un record de chaleur en août alors qu'El Niño s'installe

Un plongeur en scaphandre autonome observe des raies manta océaniques au site de plongée Manta Ridge, à Raja Ampat, en Indonésie, samedi 7 mars 2026.
Un plongeur observe des raies manta océaniques au site de plongée Manta Ridge, à Raja Ampat, en Indonésie, samedi 7 mars 2026. Tous droits réservés  AP Photo / Claudia Rosel
Tous droits réservés AP Photo / Claudia Rosel
Par Marta Pacheco
Publié le
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La température moyenne mondiale de la surface de la mer hors régions polaires atteint 21,1 °C samedi

Les océans de la planète ont atteint leur plus forte température quotidienne jamais enregistrée, la température globale de surface de la mer atteignant 21,1 °C le 22 août – un nouveau pic d’autant plus frappant à cette période de l’année, selon les données climatiques de l’Union européenne.

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Cette valeur, enregistrée par le service Copernicus sur le changement climatique de l’UE, dépasse de peu le précédent record quotidien de 21,09 °C, établi en mars 2024.

Les températures des océans atteignent généralement leur pic mondial en mars et avril, à la suite de l’été dans l’hémisphère sud, Copernicus explique. Le fait que ce nouveau record soit battu en août, au moment où les températures devraient normalement commencer à baisser, souligne la chaleur persistante qui gagne les océans du globe.

Ce nouveau chiffre dépasse également le précédent record pour un mois d’août, de 20,98 °C, établi en 2023.

Si les nageurs peuvent apprécier des océans plus chauds, les conséquences sont dévastatrices et de grande ampleur pour les humains comme pour les animaux.

Quel est le lien entre El Niño et le réchauffement des océans ?

Ce record intervient alors qu’un fort épisode El Niño se développe dans le Pacifique tropical, apportant un supplément de chaleur à un océan déjà considérablement réchauffé depuis des décennies par le changement climatique d’origine humaine.

El Niño devrait se renforcer dans les prochains mois, l’Organisation météorologique mondiale prévoyant un épisode intense. Les prévisions saisonnières de Copernicus laissent penser qu’il pourrait atteindre des niveaux inédits depuis plusieurs décennies.

Mais les scientifiques mettent en garde contre la tentation de voir dans El Niño l’unique explication de ce record.

"Ce record est un nouveau signal clair d’un océan soumis à des pressions croissantes", estime Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme.

"El Niño ajoute de la chaleur au système, mais il le fait sur des décennies de réchauffement provoqué par l’activité humaine", poursuit-elle.

En quoi des océans plus chauds posent-ils problème ?

"Des eaux atlantiques au large de l’Irlande à la mer Méditerranée, les mers européennes connaissent une hausse des températures particulièrement inquiétante", déclarait Thomas Frolicher, physicien de l’environnement à l’université de Berne, en Suisse, dans une étude publiée la semaine dernière.

"Nos travaux montrent clairement que ce phénomène est lié au changement climatique, et plus précisément à la poursuite de la combustion de combustibles fossiles", ajoute-t-il.

Les conséquences du réchauffement des océans vont des écosystèmes marins aux communautés côtières.

Des températures plus élevées en mer accroissent la probabilité et l’intensité des vagues de chaleur marine, qui peuvent endommager les récifs coralliens et les herbiers marins, et perturber les chaînes alimentaires marines.

Les secteurs de la pêche et de l’aquaculture peuvent eux aussi être touchés, les espèces marines se déplaçant pour s’adapter à l’évolution des conditions.

Les océans du globe ont déjà connu une forte augmentation des vagues de chaleur marine : selon Copernicus, le nombre de jours de vague de chaleur en mer a plus que triplé depuis le début des années 1990.

Des mers plus chaudes contribuent aussi à la hausse du niveau de la mer, l’eau se dilatant lorsqu’elle se réchauffe. Parallèlement, un océan plus chaud peut transférer davantage de chaleur et d’humidité vers l’atmosphère, ce qui peut renforcer l’intensité de certains épisodes de pluie et de systèmes tempétueux.

Autre sujet d’inquiétude : l’océan absorbe une grande partie du dioxyde de carbone issu des activités humaines, mais une eau plus chaude capte moins efficacement le CO2. Les données de Copernicus montrent que la poursuite du réchauffement pourrait affaiblir l’un des principaux puits de carbone de la planète face au changement climatique.

Les scientifiques observent désormais si ce dernier record s’avère n’être qu’un pic temporaire ou s’il marque le début d’une période plus durable de chaleur extrême dans les océans.

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