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Prêts étudiants en Europe : l'université vaut-elle le prix de la dette ?

Étudiants en Allemagne (photo d'archives)
Étudiants en Allemagne (photo d'archives) Tous droits réservés DANIEL MAURER/AP
Tous droits réservés DANIEL MAURER/AP
Par Servet Yanatma
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Cet article a été initialement publié en anglais

Euronews Business se penche sur le fonctionnement des frais d'inscription et des systèmes de soutien dans l'enseignement supérieur en Europe. Nous examinons également comment l'emploi des jeunes diplômés et les salaires varient en fonction du niveau d'études.

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L'enseignement supérieur est coûteux en raison des frais de scolarité et des coûts de logement. Le fardeau de la dette est un facteur important qui peut affecter la décision de nombreuses personnes d'investir dans l'enseignement universitaire. Au Royaume-Uni, par exemple, un quart des étudiants pensent qu'il ne vaut pas la peine d'aller à l'université, rapporte Ipsos dans une récente enquête réalisée en mai 2023. Les principales raisons de cette opinion sont les frais de scolarité (49 %) et l'endettement des étudiants (42 %).

Plus d'un tiers (37 %) pensent également qu'il n'est pas nécessaire d'aller à l'université pour obtenir un bon emploi. En 2016, une étude d'Aviva avait révélé que plus d'un millénial britannique (18-35 ans) sur trois (37 %), qui est allé à l'université, regrette de l'avoir fait en raison du niveau d'endettement qu'il a atteint aujourd'hui.

Comparer les frais d'inscription à l'université, les prêts et les aides financières est un véritable défi, car il faut tenir compte de nombreux aspects complexes. Ils varient considérablement d'un pays à l'autre en Europe. Les salaires moyens et l'emploi des jeunes diplômés varient également en fonction du niveau d'études.

Euronews Business se penche sur tous ces aspects pour apporter des éléments de réponse à cette question cruciale : l'université vaut-elle la peine de s'endetter ?

Selon le rapport de la Commission européenne/EACEA/Eurydice intitulé National Student Fee and Support Systems in European Higher Education - 2020/21, les étudiants à temps plein ne paient pas de frais d'inscription dans les programmes de premier cycle dans sept des 42 systèmes d'enseignement supérieur en Europe, notamment en Grèce, en Turquie et dans les pays scandinaves.

En revanche, tous les étudiants de premier cycle paient des frais d'inscription dans 12 pays, parmi lesquels la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Dans les 23 systèmes éducatifs restants, certains étudiants paient des frais d'inscription, d'autres non. Les frais peuvent être différents selon les programmes d'enseignement ou les domaines d'études. 

En France, environ 65% des étudiants de premier cycle paient des frais d'inscriptions compris entre 100 et 1000 €.

"Les frais de scolarité dans les établissements publics en France sont parmi les plus bas pour un programme de licence ou de master", d'après le rapport Regard sur L'Education de l'OCDE. "Les étudiants nationaux devaient ainsi payer 212 € par an pour une licence et 303 € par an pour un master en moyenne".

En Irlande, en Espagne, en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Suisse, les frais les plus courants sont relativement élevés, allant de 1 001 à 3 000 €.

Aide financière directe : bourses et prêts

Tous les pays européens offrent une aide financière directe aux étudiants à temps plein du premier cycle de l'enseignement supérieur, principalement via des bourses et des prêts. 

Les bourses publiques sont des aides financières directes provenant du budget public que les étudiants n'ont pas à rembourser, tandis que les prêts doivent être remboursés, souvent lorsque les bénéficiaires obtiennent leur diplôme ou trouvent un emploi rémunéré.

Selon le rapport Eurydice, des bourses publiques existent dans tous les systèmes d'enseignement supérieur européens, à l'exception de l'Angleterre et de l'Islande. Quant aux prêts subventionnés par l'État, ils existent dans environ deux tiers des systèmes d'enseignement supérieur européens.

La proportion de bénéficiaires de prêts était la plus élevée au Royaume-Uni (95% en moyenne en Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord, contre 68,8% en Ecosse) suivi par la Norvège (66 %), la Suède (55 %), les Pays-Bas (54 %) et la Finlande (49 %).

En Angleterre, 20 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros) sont prêtés chaque année à environ 1,5 million d'étudiants de l'enseignement supérieur. À la fin de l'année 2022-23, la dette publique totale des étudiants anglais de l'enseignement supérieur et des étudiants de l'UE en Angleterre atteignait quelque 205,6 milliards de livres sterling (236,3 milliards d'euros).

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Le jeu en vaut-il la chandelle ?

La grande question reste de savoir si le fait d'aller à l'université en vaut la peine ou non. L'examen de l'impact d'un diplôme universitaire sur la recherche d'un emploi et sur les salaires moyens peut fournir des indications utiles.

En 2022, 86,7 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 18 à 34 ans dans l'UE avaient un emploi, alors que ce taux s'élevait à 74,2 % pour les diplômés de niveau moyen, selon Eurostat.

Les diplômés récents sont ceux qui ont obtenu leur diplôme le plus élevé entre un et cinq ans auparavant et qui ne poursuivent pas leurs études.

Le niveau d'éducation est basé sur la classification internationale type de l'éducation (CITE) et se réfère à :

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● Faible : enseignement pré-primaire, primaire et secondaire inférieur (niveaux 0-2 de la CITE) ;

● Moyen : l'enseignement secondaire supérieur et l'enseignement post-secondaire non tertiaire (niveaux 3 et 4 de la CITE) ;

● Supérieur : enseignement tertiaire (niveaux 5 à 8 de la CITE). Il comprend les universités publiques et privées, les collèges, les instituts de formation technique et les écoles professionnelles.

Comment l'emploi des jeunes diplômés varie-t-il en fonction du niveau d'études ?

L'écart en matière d'emploi entre les diplômés du tertiaire et les diplômés de l'enseignement secondaire supérieur et post-secondaire était de 12,5 points de pourcentage (pp) dans l'UE. Cela suggère qu'un diplôme universitaire aide bel et bien à trouver un emploi.

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À l'exception de l'Islande, le taux d'emploi des diplômés de l'enseignement tertiaire est plus élevé que celui des diplômés de l'enseignement secondaire supérieur et post-secondaire dans tous les pays.

En 2022, l'écart entre les deux niveaux d'éducation varie considérablement, allant de -0,8 pp en Islande à 31,2 pp en Roumanie.

Cet écart est supérieur à 20 points dans neuf pays, principalement dans les Balkans ou en Europe de l'Est. Il est également de 18 pp en France et en Espagne.

Les diplômés universitaires gagnent-ils plus ?

Oui, les données le prouvent. Toutefois, la situation varie considérablement d'un pays à l'autre en Europe. Dans certains pays, les diplômés de l'université sont nettement mieux payés que les non-diplômés, tandis que l'écart de rémunération entre eux est moindre dans d'autres.

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En 2022, le revenu disponible équivalent médian net des travailleurs à temps plein (16-64 ans) était de 26 304 €, alors qu'il était de 18 876 € pour les personnes ayant un niveau d'éducation moyen.

Le revenu disponible équivalent est le revenu total d'un ménage, après impôts et autres déductions, qui peut être dépensé ou épargné. Il tient compte de la répartition des revenus ainsi que de la taille et de la composition des ménages.

Les données ci-dessus montre que le rôle de l'éducation dans les salaires varie considérablement en Europe.

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