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Watches and Wonders 2022 : ancrée dans la tradition, l'horlogerie adopte les nouvelles technologies

Le salon Watches and Wonders s'est tenu à Genève du 30 mars au 5 avril.
Le salon Watches and Wonders s'est tenu à Genève du 30 mars au 5 avril.   -   Tous droits réservés  Watches and Wonders
Par Olivia Pinnock

Cela fait maintenant plusieurs années que les marques de montres de luxe ont commencé à vendre leurs produits en ligne. Mais la pandémie de Covid-19 a contribué à rendre les horlogers et les connaisseurs plus ouverts aux possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Lors du salon Watches and Wonders, qui s'est tenu du 30 mars au 5 avril, des présentations et des discussions sur le numérique ont eu lieu en marge de l'événement, afin d'explorer toutes les possibilités offertes par ces outils et toucher un large public.

Des NFT à la réalité augmentée, en passant par le service client numérique et l'utilisation de nouveaux outils et matériaux pour les montres : l'innovation était l'un des sujets les plus commentés par les exposants.

Dans l'espace LAB de l'événement, plusieurs technologies ont été présentées. Parmi elles, l'essai virtuel AR de Baume et Mercier. Lancée à la fin de l'année dernière, cette fonction permet aux acheteurs de voir à quoi ressemblerait la montre Riviera sur leur poignet, en utilisant leur téléphone portable.

Autre innovation : la Cyberloupe 2.0 d'IWC Schaffhausen, qui vise à améliorer l'expérience client en leur permettant d'être aux premières loges pour découvrir les compétences et le talent de leurs horlogers. Les artisans portent un casque spécial doté d'une loupe et d'une caméra intégrées pour diffuser en direct ce qu'ils voient aux clients du monde entier.

L'horloger Rebellion Timepieces a lui présenté aux visiteurs son robot Rebellion, développé pour aider les horlogers dans leur travail. S'il ne pourra jamais égaler le travail complexe des horlogers, il pourrait être utilisé pour le contrôle de la qualité ou d'autres étapes du processus, et soulager ainsi le personnel sur les tâches répétitives.

Dans le métavers

Objets de collection depuis des siècles, les montres de luxe entrent maintenant dans le monde des objets de collection numériques. En février, Louis Moinet est devenu l'un des premiers horlogers à vendre des NFT.

L'horloger s'est associé au créateur Tafi pour réaliser une œuvre d'art numérique de sa montre Space Revolution. Les 1000 NFT ont été vendus en sept minutes au prix de 0,2 ethereum (équivalent à environ 610 €). En plus de posséder un NFT pionnier pour l'industrie horlogère, les propriétaires ont également été inscrits à une tombola pour gagner une version réelle de la montre Super Moon, sortie à Watches and Wonders.

Louis Moinet
Œuvre d'art numérique de la montre Louis Moinet Space Revolution vendue comme NFT.Louis Moinet

"Cela a ouvert la porte à une nouvelle catégorie de personnes que nous n'atteignons pas normalement", a déclaré Jean-Marie Schaller, PDG de Louis Moinet. "Les NFT sont un tout nouveau monde avec des personnes totalement différentes : plus jeunes, plus intéressées par le numérique que par les choses physiques et le retour a déjà été énorme. Certaines personnes qui ont acheté des NFT ont également acheté des montres physiques chez nous".

La première version a été un tel succès que la marque travaille déjà sur une idée pour un autre projet NFT. "Je ne veux pas vendre uniquement des montres. Il s'agit plutôt de créer une relation avec les gens", explique Jean-Marie Schaller.

De plus, cette innovation s'inscrit dans la tradition de la marque, qui porte le nom de l'inventeur du chronographe. "Certaines personnes m'ont dit qu'elles étaient surprises que Louis Moinet soit un leader dans le domaine des NFT, mais il était lui-même un innovateur à son époque. Il disait : 'un vrai artiste ne peut pas rester en arrière de son temps'".

Les diamants du futur

TAG Heuer a profité du salon pour présenter sa toute première montre à énergie solaire, dont les cadrans servent de panneaux pour une innovation parfaitement intégrée au design.

Mais la véritable vedette du salon était la Carrera Plasma, composée d'un total de 11,7 carats de diamants cultivés en laboratoire.

Tag Heuer
La TAG Heuer Carerra Plasma.Tag Heuer

La culture de diamants en laboratoire n'est pas une innovation récente, même si elle a gagné en popularité ces dernières années. Ce qui rend cette montre remarquable, c'est la façon dont la marque a utilisé cette technologie pour réaliser un objet unique. Le cadran est fait à partir d'un diamant polycristallin, une manière de fusionner de petites graines de diamant pour obtenir une "tranche" unique. La couronne en diamant a, elle, été cultivée pour obtenir la forme exacte requise, ce qui n'est pas possible avec les diamants extraits des mines.

"Avec les diamants cultivés en laboratoire, vous pouvez oser faire des choses que vous n'auriez pas osé faire avec des diamants naturels", estime Edouard Mignon, directeur de l'innovation chez TAG Heuer. "Le diamant est produit par la technologie CVD, le dépôt chimique en phase vapeur, et sa beauté réside dans le fait qu'il croît atome par atome et couche par couche. Cela signifie donc que vous pouvez avoir des diamants bruts dans n'importe quelle forme."

Selon Edouard Mignon, TAG Heuer a déjà reçu des commandes pour ce modèle, bien qu'il s'agisse, selon la rumeur, de la création la plus chère de la marque à ce jour et qu'elle n'ait été dévoilée que le 30 mars.

Le téléphone portable a rendu obsolète la nécessité de posséder une montre, mais ces horlogers s'appuient sur la technologie pour rendre les montres de luxe plus désirables que jamais.