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L'Europe au sommet du palmarès du 75ème Festival de Cannes

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Par Frédéric Ponsard

Le Festival de Cannes, 75ème du nom, a rendu son verdict samedi soir avec de nombreux films européens récompensés.

La Palme d'or est revenue à Ruben Östlund avec son "Triangle of Sadness" ("Sans filtre", en français). Le cinéaste rejoint ainsi, le cercle très fermé des doubles palmés après avoir reçu sa première pour "The Square", lors du 70ème anniversaire du Festival.

"Triangle of Sadness", la satire des puissants

On retrouve dans ce film qui sort à l'automne en Europe, ce même humour acide et sans concession sur le monde des puissants. Prenez un bateau de luxe, un multimilliardaire russe, un capitaine américain marxiste, un couple d'influenceurs obsédés par l'argent, ainsi qu'un équipage philippin et vous obtiendrez un yacht qui a des airs de Titanic.

"Ce qui se passe dans le film," nous explique le réalisateur, "c'est que le yacht de luxe où se trouvent des milliardaires et des mannequins coule et qu'ils s'échouent sur une plage, sur une île déserte et sur place, évidemment, toutes les hiérarchies disparaissent. C'est très amusant de voir ce qui se passe quand la hiérarchie est renversée," souligne-t-il.

"Close", tendre portrait de l'adolescence

Le jeune réalisateur belge Lukas Dhont a reçu quant à lui, ex aequo avec le film "Stars at Noon" ("Des étoiles à midi") de Claire Denis, le Grand Prix pour "Close", un film inclusif.

"Nous sommes un pays unique qui a plusieurs langues, donc pour moi, c'est important de faire un film qui a une combinaison de plusieurs langues pour briser un peu les frontières," confie Lukas Dhont. "Je pense que trop souvent, on pense dans le carcan d'une langue et j'ai envie, comme avec tout, de casser ses frontières et de faire un film où plusieurs choses peuvent exister l'une à côté de l'autre," insiste-t-il.

Ce film qui résonne comme une ode à la tendresse suit au plus près, le passage à l'adolescence de deux amis d'enfance. Un bijou de délicatesse et de justesse servi magnifiquement par le jeune acteur Eden Dambrine.

"Le Otto Montagne", l'amitié indéfectible

Un autre film belge coproduit avec la France et l'Italie a reçu aux côtés de "Eo" de Jerzy Skolimowski, le Prix du Jury ex-aequo : "Le Otto Montagne" signé par un couple à la vie comme derrière la caméra. Il retrace l'histoire de deux hommes qui ont grandi ensemble dans les superbes paysages de la Vallée d'Aoste. Tandis que Bruno reste fidèle à sa montagne, Pietro parcourt le monde. Au cours de ce voyage, ils font l'expérience de l'amour et de la perte, de leurs origines et de leurs destins, mais surtout d'une amitié à la vie à la mort.

"Cela a été très enrichissant de plonger dans le cinéma italien, de travailler avec des acteurs italiens formidables et incroyables," affirme Félix van Groeningen, son coréalisateur.

Sa compagne et coréalisatrice Charlotte Vandermeersch renchérit : "C'était un rêve d'avoir cette dimension très européenne. Cela a un sens de le faire comme cela en nous montrant unis en Europe," fait-elle remarquer.

"Holy Spider", la liberté d'être une femme en Iran

Zar Amir-Ebrahimi a été récompensée avec le Prix d'interprétation féminine pour "Holy Spider" ("Les nuits de Mashhad" en français) du Danois d'origine iranienne Ali Abbasi. Très connue dans son pays, elle a dû fuir l'Iran en 2008 pour la France.

"[Ce Prix] est vraiment un message : on voulait m'enlever de mon pays, on voulait que je n'existe pas, que je ne travaille plus, que je ne m'expose plus... Mais je suis là et j'ai ce prix, c'est un message fort quand même !" se félicite-t-elle, émue.

"Holy Spider" nous plonge dans la société iranienne à travers les yeux de cette journaliste incarnée par Zar Amir-Ebrahimi qui enquête sur un serial killer de prostituées.

Le film sort partout en Europe à partir du mois de juin.

Journaliste • Frédéric Ponsard