Le film à la gloire de la First Lady, acquis par Amazon pour 40 millions de dollars, est sorti dans 1 500 salles américaines le 30 janvier.
Ex-top-modèle, immigrée slovène, épouse de Donald Trump, personnalité silencieuse... si Melania Trump suscite la curiosité, le film produit par Amazon ne tient pas sa promesse de lever le voile sur les mystères qui entoure son sujet.
Melania, 20 days to history (Melania, 10 jours avant d'entrer dans l'histoire), réalisé par Brett Ratner, paria d'Hollywood, semble avoir été taillé sur mesure par Amazon pour plaire à la First Lady et à son clan.
La firme dirigée par Jeff Bezos a investi 40 millions de dollars pour sa production, dont 28 millions iront directement dans les poches de l'épouse du président américain
Le documentaire suit l'épouse de Donald Trump pendant les trois semaines précédant la seconde investiture de Trump, dans le but d'offrir un accès rare et non filtré à un personnage impénétrable.
Alors qu'il aurait pu y avoir une lueur d'espoir d'apprendre quelque chose sur l'ancien mannequin slovène qui a fini par épouser le président le plus anti-immigrant que les États-Unis aient connu, Melania manque cruellement de substance.
Au lieu d'avoir un aperçu de l'énigme supposée qui se cache derrière de coûteux chapeaux de marque ou des informations sur sa vie de couple, nous ne voyons qu'une figure perpétuellement renfrognée. Choix d'œufs en or et de caviar pour le dîner d'investiture, de tenues "très élégantes" avec des créateurs de mode, citations creuses et banalités dressent un portrait
Nous apprenons toutefois que son artiste préféré est Michael Jackson. Tout cela valait donc la peine.
Le seul moment humain de ce portrait autocongratulé des privilèges, qui ne cherche pas à creuser quoi que ce soit au-delà de la surface, est le fait que Melania partage le deuil de sa "mère bien-aimée", Amalija Knavs, décédée en janvier 2024.
Une information potentiellement intéressante qui aurait pu apporter un peu de profondeur. Mais au lieu d'injecter de l'humanité, ce détail personnel ne fait que souligner un manque cruel d'empathie. Nous le constatons lorsque Melania est incapable de susciter la moindre compassion lors des funérailles du président Jimmy Carter. Elle ne pense pas à l'être humain récemment décédé ni à la douleur de ses proches, elle ne se préoccupe que de son récit.
Donald Trump apparaît occasionnellement dans Melania, et alors que le manque de chaleur entre les deux était déjà évident, il apparaît comme une bouffée d'air frais, ce qui est un véritable exploit.
Cependant, même cet effet surprenant est atténué par le fait que Donald Trump rappelle au public que l'empathie n'est pas non plus son point fort. Évoquant la mort de la mère de sa femme, il déclare simplement que sa femme "a eu du mal à le supporter".
Melania apparaît comme un nouveau produit destiné à garnir les étals de la marque Trump. Le film s'achève sur une liste étrangement longue des prétendues réalisations de Mme Trump en tant que Première Dame, sans qu'aucune de celles-ci ne soient montrées.
Le film sort en salles alors que son réalisateur Brett Ratner, déjà accusé d'agression sexuelle par de multiples femmes en 2017 (des allégations démenties qui comprenaient une allégation de viol), est apparu embrassant une jeune femme aux côtés du délinquant sexuel Jeffrey Epstein dans des images récemment publiées par le ministère de la Justice des États-Unis.
Melania est sorti dans 1 500 salles américaines et 5 000 cinémas de vingt-six autres pays, le vendredi 30 janvier. Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune date de diffusion n’est annoncée pour la France.