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Cette ville espagnole veut introduire une assurance vélo obligatoire pour les cyclistes

Fin de l'"incertitude juridique" ou "non viable" ? Saragosse veut obliger les cyclistes à s'assurer.
Fin de l'"incertitude juridique" ou "non viable" ? Saragosse veut obliger les cyclistes à s'assurer. Tous droits réservés Canva
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Par Ian Smith
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Cet article a été initialement publié en anglais

La ville espagnole de Saragosse veut introduire une assurance vélo obligatoire pour les cyclistes. Une mesure décriée par les associations d'usagers.

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Le conseil municipal de Saragosse a annoncé la semaine dernière qu'il souhaitait rendre l'assurance obligatoire pour tous les cyclistes et utilisateurs de trottinettes électriques.

La mesure a été proposée par le parti d'extrême droite Vox et approuvée par le parti populaire (PP). Ces derniers affirment vouloir mettre fin à "l'incertitude juridique" lorsqu'un cycliste est impliqué dans un accident.

Si la mesure est adoptée, la ville du nord-est de l'Espagne serait la première en Europe à obliger les cyclistes à souscrire une assurance responsabilité civile spécifique.

En France, cette responsabilité civile est normalement déjà incluse dans notre assurance habitation. En revanche, elle est obligatoire pour les vélos électriques dont la vitesse dépasse 25km/h ou les vélos à assistance électrique (VAE) dont la puissance dépasse 250w.

Les cyclistes s'insurgent contre cette proposition obligatoire

En Espagne, les organisations cyclistes se sont fermement opposées à cette idée.

"Saragosse serait une exception dans le monde", déclare Colectivo Pedalea, un groupe de protestation de cyclistes urbains.

L'association met en doute la légalité d'une telle mesure et demande la démission du conseiller municipal qui en est à l'origine.

Laura Vergara, responsable chez Conbici, un groupe de défense des cyclistes en Espagne, explique à Euronews Green qu'il s'agit d'une mesure disproportionnée, car il n'y a pas de statistiques d'accidents qui démontrent la nécessité d'une assurance obligatoire.

Elle ajoute que la plupart des gens sont déjà couverts pour les accidents de vélo par d'autres polices, comme leur assurance habitation, et que cette mesure découragerait les formes de déplacement respectueuses de l'environnement.

Combien l'assurance coûtera-t-elle aux cyclistes ?

Si la mesure est adoptée, les assureurs estiment qu'elle coûtera environ 20 euros par an aux cyclistes.

Mais il n'est pas certain qu'elle obtienne l'approbation finale. Le PP et Vox l'ont incluse dans l'ordonnance sur la mobilité annoncée la semaine dernière. Cette ordonnance est maintenant ouverte à une période de consultation publique de 30 jours avant d'être officiellement adoptée.

Le conseiller municipal du PP, José Miguel Rodrigo, a déclaré que le texte "n'est pas définitif" et qu'il est susceptible d'être modifié, a rapporté le journal espagnol Heraldo.

M. Vergara pense que "la mesure non viable qui a généré un grand tumulte public et une grande confusion parmi les gens" ne sera pas adoptée.

Euronews Green a demandé au PP de commenter les réactions et les appels à la démission de son conseiller, mais n'a pas reçu de réponse au moment de la publication.

Quels sont les autres pays d'Europe qui imposent une assurance aux cyclistes ?

La Suisse avait auparavant une forme d'assurance obligatoire pour les cyclistes, mais elle a été abolie en 2012 et la plupart des assureurs ont automatiquement inclus la responsabilité des accidents de vélo dans leur assurance responsabilité civile.

Que le projet de Saragosse soit adopté ou non, les critiques affirment qu'il s'agit d'un nouveau symbole de l'escalade de la guerre culturelle en Espagne et dans d'autres parties de l'Europe contre les politiques de transport durable et d'aménagement de l'environnement.

Pourquoi les villes suppriment-elles les pistes cyclables ?

En Espagne, les critiques se concentrent sur la loi sur le climat adoptée en 2021, qui oblige chaque ville à mettre en place des zones à faibles émissions. Pour ce faire et pour améliorer les infrastructures de transport durable, l'UE a débloqué un financement de 1,5 milliard d'euros.

Cependant, certains conseils municipaux contrôlés par la droite refusent d'appliquer pleinement la loi.

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Valladolid a même dépensé des centaines de milliers d'euros pour supprimer les nouvelles pistes cyclables de la ville au profit des voitures.

Cette situation a conduit la Commission européenne à ouvrir une enquête préliminaire sur l'utilisation potentiellement abusive des fonds.

La ministre espagnole de l'environnement, Teresa Ribera, a déclaré jeudi que la suppression des pistes cyclables était "une attaque directe contre la qualité de vie de ces villes".

Elle a affirmé que cela se produisait "pour des raisons dogmatiques, idéologiques et aléatoires" et que ces villes devraient restituer les fonds de l'UE.

Dans quels autres pays d'Europe les pistes cyclables ont-elles suscité la controverse ?

En dehors de l'Espagne, les mesures en faveur des transports écologiques ont également suscité des controverses.

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L'année dernière, le Premier ministre conservateur britannique Rishi Sunak s'est engagé à mettre fin aux "mesures anti-voitures" dans les villes britanniques, dans le cadre de sa tentative de mettre un terme à la "guerre contre les automobilistes".

Un communiqué de presse du gouvernement sur ces projets a indiqué qu'il examinerait comment "empêcher les projets qui restreignent de manière agressive les endroits où les gens peuvent conduire".

À Berlin, des arguments similaires ont été avancés. L'année dernière, les chrétiens-démocrates de centre-droit (CDU) sont arrivés au pouvoir dans la ville en tant que partenaire principal d'une coalition avec le SPD de centre-gauche et ont commencé à mettre un terme aux projets de pistes cyclables pour économiser des places de parking. Dans un communiqué publié au début de l'année, le groupe de campagne Changing Cities a dénoncé cette situation.

"Pas une seule voie de bus n'a été construite en 2023, les projets de tramway ont été suspendus, l'expansion des pistes cyclables a été ralentie et elles sont maintenant réaménagées pour être plus favorables aux voitures", a déclaré l'association.

"Le SPD et la CDU nous avaient promis une ville fonctionnelle, nous n'avons eu que de l'air pollué et des rues dangereuses."

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Les querelles et les débats politiques ne montrent aucun signe de ralentissement dans ces pays.

Entre-temps, plus de 300 000 décès prématurés sont causés par la pollution de l'air en Europe chaque année.

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