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Conférence de Bonn : pas d'accord sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique

Dans cette photo d'archive du 6 novembre 2020, un résident marchant dans une rue inondée regarde les dégâts causés par l'ouragan Eta à Planeta, au Honduras.
Dans cette photo d'archive du 6 novembre 2020, un résident marchant dans une rue inondée regarde les dégâts causés par l'ouragan Eta à Planeta, au Honduras. Tous droits réservés AP Photo/Delmer Martinez, File
Tous droits réservés AP Photo/Delmer Martinez, File
Par Rosie Frost
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Les Etats sont censés prendre un nouvel engagement lors de la conférence des Nations unies sur le climat, qui se tiendra en novembre de cette année. Mais pour l'heure, aucun consensus ne se dégage sur la question du financement.

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Les tractations sur le financement de la transition écologique se sont achevées mardi sur une impasse, lors de la conférence de Bonn sur le climat, les Etats n'ayant pas réussi à réaliser des avancées significatives dans ce dossier.

La question du financement a été au centre des discussions en Allemagne, alors que les Etats sont censés parvenir à un accord sur le nouvel objectif collectif quantifié, lors de la COP29 qui se tiendra à Bakou en novembre prochain.

Il s'agissait de définir le montant que les pays développés doivent mobiliser chaque année à partir de 2025, pour soutenir l'action climatique dans les pays en développement.

Mais de profondes dissensions demeurent, quant au montant à adopter, aux pays à financer en priorité, mais aussi sur les modalités financières et la définition de pays "développé".

"Il est urgent que les négociations de la CCNUCC sur le climat progressent, car chaque jour qui passe les transforme en modèle d'inertie", a déclaré lundi le Réseau Action Climat.

Les pays, dans chaque camp, ont exprimé leur déception à mi-parcours de la COP29.

Quels pays devraient contribuer ?

L'obtention de contributions pour les fonds climatiques est depuis longtemps un point d'achoppement dans ce type de négociations.

Certains, comme la Norvège, soutiennent que les pays dont les émissions et la capacité économique sont élevées, comme la Chine ou les pays pétroliers, devraient faire partie du groupe des contributeurs. Actuellement, ils se définissent comme des nations en développement dans le cadre de l'Accord de Paris, ce qui signifie qu'ils n'ont pas à fournir de participation financière.

Les États-Unis font également partie des pays estimant que le groupe de donateurs devrait être élargi pour inclure les économies émergentes.

La question de la désignation des bénéficiaires constitue un autre point d'achoppement. De nombreux pays développés, comme les États-Unis, estiment que les fonds devraient aller aux pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, à savoir les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.

Les pays en développement, quant à eux, estiment qu'ils devraient tous être éligibles au financement.

Le financement de la lutte contre le changement climatique doit-il prendre la forme de fonds ou de prêts ?

Les pays en développement ont également contesté ce qui constitue réellement le financement de la lutte contre le changement climatique. Ils affirment que les prêts ne devraient pas être comptabilisés au titre des contributions des pays développés.

Un rapport récent de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indique que les pays développés ont tenu leur promesse de verser 100 milliards de dollars (93,2 milliards d'euros) par an en 2022, avec "la plus forte augmentation d'une année sur l'autre observée à ce jour". Toutefois, 69 % de ces fonds ont été fournis sous forme de prêts.

Des groupes tels que l'Alliance des petits États insulaires (AOSIS) et les PMA estiment que cela ne fait qu'alourdir le fardeau de la dette des nations les plus vulnérables.

"De notre point de vue, il s'agit de justice, de réparations, de la responsabilité des pays riches", a déclaré Harjeet Singh, militant pour le climat et observateur de la conférence de Bonn, lors d'une conférence de presse.

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"Ils y voient une nouvelle opportunité de gagner de l'argent. C'est ce que montre le rapport de l'OCDE".

Des activistes participent à une manifestation pour les pertes et dommages lors de la COP28.
Des activistes participent à une manifestation pour les pertes et dommages lors de la COP28.AP Photo/Kamran Jebreili

Des chiffres récemment publiés par le Centre for Global Development (CGD), transmis à à Carbon Brief, suggèrent que l'objectif de 100 milliards de dollars pourrait également avoir été atteint en ayant simplement renommé les aides déjà en place.

Les pays développés étaient censés fournir des fonds "nouveaux et supplémentaires", qui devaient s'ajouter à ceux déjà octroyés. Or, le CGD affirme qu'au moins 6,5 milliards de dollars (6,4 milliards d'euros) de l'augmentation record de l'aide à la transition écologique enregistrée en 2022 provenaient en réalité d'autres programmes d'aide au développement.

Selon le CGD, cela pourrait avoir permis aux pays riches d'atteindre leurs objectifs climatiques, malgré la réduction des enveloppes d'aides étrangères.

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La Banque mondiale accepte d'accueillir un fonds pour les pertes et dommages

Après des années de débat, le principe d'un fonds "pertes et dommages" avait été adopté lors de la COP27, en 2022. Il s'agit d'un mécanisme financier conçu pour apporter un soutien aux Etats vulnérables, confrontés à des défis climatiques.

L'année dernière, des pays comme l'Italie et les Pays-Bas avaient commencé à promettre des fonds destinés à cette finalité.

Alors que les négociations se poursuivaient à Bonn, le conseil d'administration de la Banque mondiale a approuvé mardi un plan lui permettant d'accueillir ce fonds de manière intérimaire. La Banque Mondiale a indiqué qu'elle conserverait le fonds intermédiaire pendant quatre ans, avec un conseil d'administration indépendant de la Banque, doté de sa propre structure de gouvernance et de son propre contrôle sur les décisions de financement.

Selon l'institution, il s'agit d'une "étape importante pour rendre le fonds opérationnel, en collaboration avec le conseil d'administration du fonds consacré aux pertes et dommages".

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Qu'est-ce que cela signifie pour la COP29 ?

La COP29, qui se tiendra en Azerbaïdjan en novembre prochain, a déjà été surnommée la "COP des finances", car de nombreuses décisions financières importantes devront y être prises.

Les pays poursuivront leurs discussions en vue de conclure un nouvel accord sur le financement de la lutte contre le changement climatique, après avoir finalement atteint l'objectif de 100 milliards de dollars. Le NCGQ devrait aller au-delà de l'objectif initial de 100 milliards de dollars et se fonder sur les besoins réels des pays touchés par le changement climatique.

"Les délégués réunis à Bonn ont bien avancé dans la rédaction du texte de négociation du nouvel objectif de financement de la lutte contre le changement climatique, mais tous ces efforts n'ont guère permis de dégager un consensus sur les questions les plus controversées", estime Gaia Larsen, directrice de l'accès au financement de la lutte contre le changement climatique à l'Institut des ressources mondiales (World Resources Institute).

"Si les négociateurs ont parfois fait preuve de volonté pour trouver des points d'accord, ils ont surtout continué à réitérer leurs dissensions sur les points les plus importants, comme le fait de savoir qui va payer, quel est le montant visé par l'objectif et quel sera le bon équilibre entre les différents types de financement".

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