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Thaïlande : des éléphants sous contraception, chassés de leur habitat naturel

Sur cette photo d'archives du 31 octobre 2011, des éléphants sont nourris de cannes à sucre fraîches dans un camp d'Ayutthaya, en Thaïlande centrale.
Sur cette photo d’archives du lundi 31 octobre 2011, des éléphants sont nourris à la canne à sucre fraîche dans un camp d’Ayutthaya, en Thaïlande centrale. Tous droits réservés  Copyright 2011 AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Copyright 2011 AP. All rights reserved.
Par JINTAMAS SAKSORNCHAI avec AP
Publié le
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Pour éviter des confrontations parfois mortelles avec les humains, la Thaïlande administre des vaccins contraceptifs aux éléphants sauvages.

La Thaïlande utilise un vaccin contraceptif sur des éléphants sauvages afin de tenter d'endiguer un problème croissant d'empiètement réciproque entre populations humaines et animales.

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Le problème est particulièrement aigu dans les zones où les exploitations agricoles gagnent sur la forêt, ce qui repousse les éléphants hors de leur habitat naturel.

L'initiative s'inscrit dans les efforts visant à limiter des affrontements qui peuvent être mortels. À mesure que les agriculteurs abattent la forêt pour gagner des terres cultivables, les éléphants sont contraints de quitter des habitats toujours plus réduits pour chercher de la nourriture.

L'an dernier, des éléphants sauvages ont tué 30 personnes et en ont blessé 29 en Thaïlande, selon des chiffres officiels qui font également état de plus de 2 000 incidents de destruction de cultures par les éléphants.

Sukhee Boonsang, directeur du Bureau de conservation de la faune, a récemment déclaré à l'agence de presse AP que la régulation de la population d'éléphants sauvages était devenue nécessaire, le nombre d'animaux vivant à proximité des zones résidentielles augmentant fortement, ce qui accroît le risque de confrontations.

Le casse-tête des éléphants en Thaïlande : la contraception est-elle la solution ?

Le bureau a obtenu 25 doses d'un vaccin fabriqué aux États-Unis et mené un essai de deux ans sur sept éléphants domestiqués – utilisant sept doses – qui a donné des résultats prometteurs. Selon Boonsang, le vaccin n'empêche pas les femelles d'ovuler mais bloque la fécondation des ovules.

Fin janvier, le vaccin a ensuite été administré à trois éléphants sauvages dans la province orientale de Trat, explique-t-il, ajoutant que les autorités déterminent désormais les prochaines zones à cibler alors qu'elles se préparent à utiliser les 15 doses restantes.

Le vaccin peut prévenir les grossesses pendant sept ans et les éléphants pourront à nouveau se reproduire s'ils ne reçoivent pas d'injection de rappel une fois ce délai écoulé. Les experts suivront de près les animaux vaccinés pendant toute cette période de sept ans.

« Saper » les efforts de conservation

La campagne de vaccination suscite des critiques, certains craignant qu'elle ne finisse par saper les efforts de conservation.

La Thaïlande possède une tradition séculaire d'utilisation des éléphants domestiqués pour les travaux agricoles et le transport. Les éléphants occupent également une place centrale dans l'identité nationale et ont été officiellement proclamés symbole du pays.

Boonsang affirme que le programme ne vise que les éléphants sauvages présents dans les zones où les conflits violents entre humains et pachydermes sont les plus fréquents. Les statistiques officielles font état, dans ces régions, d'un taux de natalité d'environ 8,2 % par an chez les éléphants sauvages, soit plus du double de la moyenne nationale, autour de 3,5 %.

On estime qu'environ 800 des quelque 4 400 éléphants sauvages du pays vivent dans ces zones à risque.

« Si nous n'agissons pas, l'impact sur les populations qui vivent dans ces zones ne cessera de croître jusqu'à devenir ingérable », prévient Boonsang.

Réduire les conflits entre humains et éléphants

Outre le vaccin contraceptif, les autorités mettraient en place d'autres mesures pour réduire les conflits, comme la création de points d'eau et de nourriture supplémentaires dans les forêts où vivent les éléphants, la construction de clôtures de protection et le déploiement de gardes chargés de reconduire dans la nature les animaux qui s'aventurent dans les zones habitées.

Une opération ordonnée par la justice au début du mois pour déplacer des éléphants sauvages entrés à plusieurs reprises en conflit avec des habitants de la province de Khon Kaen, dans le nord-est du pays, a suscité un tollé après la mort d'un animal lors du transfert.

Selon les autorités, une première autopsie a montré que l'éléphant était mort d'étouffement après l'administration de l'anesthésie préalable au déplacement.

L'opération de transfert a été menée par le Département des parcs nationaux, de la faune et de la conservation des plantes, dont le directeur général, Athapol Charoenshunsa, a exprimé ses regrets tout en assurant que les protocoles avaient été correctement respectés. Il a indiqué qu'une enquête était en cours afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

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