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Le coronavirus révèle les failles des systèmes de défense numérique

Le président du Conseil européen se réunit en visio-conférence avec les chefs d'Etat de l'Union européenne
Le président du Conseil européen se réunit en visio-conférence avec les chefs d'Etat de l'Union européenne Tous droits réservés Stephanie Lecocq, AP
Tous droits réservés Stephanie Lecocq, AP
Par Stefan Grobe
Publié le Mis à jour
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La visio-conférence est désormais la norme des rencontres entre les responsables de l’UE. Mais ces réunions sont-elles suffisamment protégées des pirates informatiques ?

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C’est un examen grandeur nature pour la cybersécurité européenne. A cause de l’épidémie de coronavirus les réunions à huis-clos à Bruxelles sont terminées. Tout se passe désormais par visio-conférence. Le président du Conseil européen donne l’exemple. Charles Michel mène les discussions avec les chefs d’Etat et de gouvernement par écrans interposés.

Cette mesure s’applique à tous les niveaux institutionnels. Cette solution permet à l’UE de coordonner sa réponse sanitaire et économique.

Les 27 peuvent aussi adapter au jour le jour les besoins et les réponses nécessaires. Mais cette option soulève de nombreuses questions en matière de cybersécurité et de protection des données. Les propos des responsables européens demeurent-ils confidentiels ? Existe-t-il un risque de pirater les discussions très sensibles entre les Etats membres ?

Pour James Lewis, expert américain au Strategic and International Studies (CSIS), la sécurité n’est pas totale. Cette inquiétude n’est pas propre à l’UE, elle est valable pour toutes les organisations internationales comme l’ONU. Le risque est que "certains acteurs impliqués n’aient pas les meilleures intentions ou sont peut-être plus légers en matière de sécurité", précise-t-il.

Examen de cybersécurité

Les réseaux officiels sont considérés comme sécurisés. Mais si l’un des participants a recours à un ordinateur portable, alors cela crée une faille dans le système de défense. Ces visio-conférences apparaissent même comme un défi prisé par les hackers. "Nous avons découvert que beaucoup de ces technologies sur lesquelles nous nous appuyons ne sont pas prêtes pour un tel saut. La façon dont elles sont mises en place est insuffisante", insiste James Lewis. Pour lui cette épidémie est un "bon test" et il constate peu de dégâts jusqu’à maintenant.

L’enjeu est de savoir si les autorités publiques et les entreprises seront capables de tirer les leçons de cette crise du coronavirus. Pour les spécialistes, seuls de nouveaux investissements, importants, offriront une cybersécurité digne de ce nom.

Journaliste • Grégoire Lory

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