L’UE cherche sa nouvelle voix commerciale dans le concert international

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Par Ana LAZARO
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Les rapports de force sur la scène internationale et la crise du coronavirus ont mis en lumière les faiblesses de l’UE et sa dépendance à l’égard de certains partenaires. Dans ce contexte les 27 réfléchissent à une révision de leur politique commerciale.

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L'Union européenne cherche à repenser sa politique commerciale. Plusieurs éléments poussent à engager cette révision : le rôle toujours plus important de la Chine, le repli des Etats-Unis ou encore la pandémie du coronavirus.

Les faits sont connus mais il faut maintenant donner forme à ce choix politique. Dans un premier temps les 27 doivent assurer leur autonomie stratégique et renforcer leur résilience sur l'ensemble des chaînes de production. "Nous devons dépasser notre dépendance à certaines régions et à certains pays", insiste l’eurodéputée libérale Svenja Hahn.

L'Union européenne a fait des accords de libre-échange l'axe central de sa politique commerciale. Les 27 ont signé des traités avec le Canada, le Japon et les pays du Mercosur. Toutefois le processus de ratification auprès des parlements nationaux européens a tourné au cauchemar. L'accord avec les Etats d'Amérique du Sud a été rejeté par les parlementaires néerlandais, pourtant historiquement favorables au commerce mondial. 

L'Union observe en fait une poussée de la contestation des accords de libre-échange. Pour l’eurodéputée écologiste, Saskia Bricmont, le constat est évident. "Des nombreux Etats se mobilisent aujourd´hui parce qu'on a un décalage entre ce besoin de revoir le paradigme commercial et un accord comme le Mercosur qui a encore une ancienne mouture et qui ne comprend pas des chapitres de développement durable contraignants ou des objectifs climatiques", précise-t-elle.

Le multilatéralisme est aussi en crise. Le président américain, Donald Trump, conteste le mécanisme de résolution des conflits de l'OMS, l'Organisation mondiale du commerce. Certains évoquent même la fin prochaine de la mondialisation mais cette analyse est loin de faire l'unanimité. "Nous sommes dans une autre phase de la mondialisation. Ce qui est vrai c'est qu'il y a une crise dans le système de gouvernance globale de la mondialisation. Mais le processus d'interdépendance entre les pays ne va pas s'arrêter", selon la chercheuse Anna Ayuso du CIDOB (Centre barcelonais des affaires internationales).

La Commission européenne est consciente de cette évolution. Elle lance donc un processus de consultation avec les Etats membres, les acteurs commerciaux et la société civile. Les conclusions sont attendues pour la fin de l'année. Elles devraient comprendre une communication sur la nouvelle politique commerciale européenne.

Journaliste • Grégoire Lory

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