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Ursula von der Leyen dénonce le "chantage" au gaz décidé par la Russie

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Par Méabh Mc Mahon  & Euronews
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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen   -   Tous droits réservés  Kenzo Tribouillard/ AP

Un chantage. C'est ainsi que la Commission européenne définit la décision de Gazprom de suspendre ses livraisons de gaz à destination de la Pologne et de la Bulgarie. La présidente de la Commission européenne a assuré mercredi que les 27 étaient prêts à soutenir Varsovie et Sofia. Les deux Etats membres seront désormais approvisionnés par leurs partenaires de l’UE.

"Nous ne sommes pas surpris que le Kremlin utilise les combustibles fossiles pour essayer de faire du chantage. C'est une chose à laquelle la Commission européenne s'est préparée", insiste Ursula von der Leyen.

La responsable allemande souligne aussi que payer le gaz en roubles contreviendrait aux sanctions de l’UE contre la Russie. Ursula von der Leyen insiste sur le fait que les contrats signés en euros doivent être respectés à la lettre.

Cette mise au point intervient après la publication d'un article publié par Bloomberg qui signale que 12 entreprises européennes ont accepté d'effectuer leurs achats auprès de Gazprom en roubles.

"Si cela n'est pas prévu dans les contrats, il s'agit d'une violation de nos sanctions. Nous avons environ 97% de tous les contrats qui stipulent explicitement que le paiement doit être effectué en euros ou en dollars", souligne la présidente de la Commission.

Après la Pologne et la Bulgarie, la Russie menace désormais de couper ses livraisons vers d'autres pays. Pour Martin Vladimirov, responsable du programme énergie au Centre for the Study of Democracy, la décision de Moscou ne vise pas véritablement les deux pays concernés.

"L'objectif final n'est pas de punir la Bulgarie et la Pologne qui sont des petits consommateurs de gaz. Il s'agit de changer la façon de penser des pays les plus vulnérables aux manipulations russes concernant le gaz. Il s'agit de l'Allemagne et de l'Italie", explique-t-il. Selon lui le positionnement de Berlin et de Rome va "déterminer l'ensemble de la stratégie européenne à propos de la Russie".

Pour l’eurodéputé bulgare Andrey Kovatchev (PPE), la Russie cherche désormais à intensifier le bras de fer avec l'Occident. Il dénonce en particulier la faiblesse de la stratégie européenne au cours des deux dernières décennies.

"Cette dépendance à l'égard de la Russie doit cesser. C'est peut-être l'un des points positifs de cette suspension des livraisons à la Pologne et à la Bulgarie : c'est un signal d'alarme et nous disons que oui nous pouvons faire sans la Russie, puisque ces ressources énergétiques sont employées à des fins politiques, géopolitiques et militaires", précise le parlementaire.

Les ambassadeurs de l'Union européenne se sont retrouvés mercredi pour évoquer un sixième train de sanctions contre Moscou qui pourrait inclure un embargo sur le gaz et le pétrole. L'accord pourrait être conclu la semaine prochaine.