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La Russie est la "menace principale et la plus directe pour la sécurité de l'Alliance"

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Par Stefan Grobe  & Euronews
Les dirigeants de l'OTAN réunis en sommet à Madrid
Les dirigeants de l'OTAN réunis en sommet à Madrid   -   Tous droits réservés  Kenny Holston/AP

Les dirigeants de l’OTAN se sont retrouvés à Madrid pour un sommet très stratégique. Les dirigeants ont évoqué la situation et l’aide à Ukraine ainsi que la menace russe pour la sécurité en Europe. Ils ont aussi adopté une nouvelle feuille de route et ouvert la porte de l’adhésion à la Suède et la Finlande.

Pour dresser le bilan de cette rencontre, Euronews a interrogé Rafael Loss, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Euronews :

A quel point cet élargissement de la Suède et la Finlande est important pour l’OTAN ?

Rafael Loss :

Cela va rendre l'OTAN plus sûre, cela va renforcer la sécurité de la Suède et de la Finlande. Les deux pays vont apporter d'énormes capacités militaires à l'Alliance et vont consolider les processus décisionnels démocratiques au niveau national. Les deux pays vont soutenir le dispositif de défense de l'OTAN et le dialogue au sein de l'Alliance. Il n'a pas été facile de rapprocher la Finlande et la Suède de l'OTAN, il a fallu tout d’abord surmonter le véto de la Turquie. Mais cela a fonctionné grâce à Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, et grâce à la diplomatie proactive finlandaise, suédoise et turque.

Euronews :

Le nouveau concept stratégique de l'OTAN emploie des mots durs contre la Russie, mais souligne aussi pour la première fois que la Chine représente un défi stratégique. Est-ce que l'on entre dans une nouvelle ère de concurrence entre puissances ?

Rafael Loss :

Le nouveau concept stratégique de l'OTAN, le premier en 12 ans, reconnaît la Russie comme la menace principale et la plus directe pour la sécurité de l'Alliance, pour la paix et la stabilité en Europe, et voit la Chine comme un défi. Il reconnaît aussi l'étroite collaboration entre la Russie et la Chine, l'alignement stratégique que nous observons depuis quelques années. Nous voyons par exemple des manœuvres navales communes et des exercices en mer Baltique. Cela montre que l'OTAN reconnaît désormais cet alignement stratégique entre la Russie et la Chine et ce défi commun, non seulement pour la paix et la sécurité en Europe, mais aussi pour l'ordre international fondé sur des règles.

Euronews :

Est-ce que cette approche plus musclée de l'OTAN peut impressionner Vladimir Poutine ?

Rafael Loss :

C'est le sens de l'annonce faite par l'OTAN, par exemple, de développer un nouveau modèle de forces pour augmenter la taille et les capacités de ses forces à très haut niveau de préparation, pour répondre aux crises émergentes dans la zone européenne. Cette force va atteindre 300 000 hommes. Cela ne sera pas une entreprise facile à mettre en œuvre pour les Alliés. Nous voyons de nombreux pays annoncer une augmentation des dépenses en matière de défense. Mais il faudra batailler et franchir des obstacles politiques avant d'y arriver. Néanmoins, l'objectif est d'impressionner Vladimir Poutine et de le dissuader d'envisager une attaque contre l'OTAN. Mais il a prouvé qu'il était prêt à mener des opérations militaires à grande échelle.

Euronews :

Est-ce que toutes ces annonces peuvent aider l'Ukraine à inverser le cours de la guerre ?

Rafael Loss :

Les Alliés de l'OTAN lors du sommet, mais aussi les dirigeants du G7 lors du sommet à Elmau en Bavière il y a quelques jours, ont mis sur la table des mesures de soutien significatives pour l'Ukraine, pas seulement économique et politique, mais aussi une aide militaire continue à l'Ukraine. Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé que l'Alliance aiderait l'Ukraine dans sa transition d'un matériel militaire soviétique vers un matériel de fabrication occidentale. Ce n'est pas une mince affaire. Cela va prendre du temps et nécessiter des efforts de la part des pays nord-américains et européens de l'OTAN, et de leurs partenaires de l'Union européenne et d'ailleurs. Mais néanmoins l'OTAN est là, les pays de l'OTAN sont là sur le long terme. Ils voient que l'agression russe contre l'Ukraine est persistante et ils ont exprimé à de nombreuses reprises ces derniers jours qu'ils soutiendront l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra.