"Transformer le soutien occidental à l'Ukraine en un processus long et consolidé"

L'OTAN dénonce les dernières frappes russes en Ukraine contre des zones civils
L'OTAN dénonce les dernières frappes russes en Ukraine contre des zones civils Tous droits réservés Roman Hrytsyna/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
Par Stefan GrobeEuronews
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

Les ministres de la Défense de l’Alliance se sont retrouvés pendant deux jours à Bruxelles. Ils se sont engagés à fournir du matériel supplémentaire à Kyiv.

PUBLICITÉ

Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont retrouvés pour une réunion de deux jours à Bruxelles. L’Alliance a rappelé sa détermination dans son soutien aux autorités ukrainiennes et compte fournir du matériel de défense aérienne. Les Alliés ont aussi précisé qu’ils prenaient au sérieux la menace nucléaire russe mais que le recours à de telles armes aurait de graves conséquences.

Euronews a interrogé Rafael Loss, chercheur au European Council on Foreign Relations, pour analyser cette rencontre et ses implications.

Euronews :

L'OTAN s’engage à fournir à l'Ukraine des systèmes de défense aérienne, plus d'artillerie, plus de radars et davantage de munitions. Est-ce un tournant de la guerre ?

Rafael Loss :

Je pense que ce que nous avons vu se manifester ces deux derniers jours lors de la réunion des ministres de la Défense à Bruxelles, c'est la concrétisation de l'annonce de transformer le soutien occidental à l'Ukraine en un processus long et consolidé. Les premières discussions ont eu lieu en juillet, lors du sommet de l’OTAN, les dirigeants annonçaient l'intention de transformer des processus souvent ad hoc en quelque chose d'un peu plus résilient et d'un peu plus prévisible en ce qui concerne les besoins sur lesquels l'Ukraine doit compter, ce qui inclut certainement les systèmes de défense. Mais à l'approche de l'hiver, cela comprendra des équipements adaptés à l'hiver pour les soldats ukrainiens, par exemple.

Euronews :

L'OTAN tiendra la semaine prochaine son exercice annuel de préparation nucléaire. Est-ce un avertissement à Moscou ?

Rafael Loss :

Pas vraiment. Ce que l'OTAN essaie de signaler, c'est, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, que sa politique de dissuasion nucléaire, qui est de nature défensive, est fiable, que la dissuasion nucléaire est sûre, sécurisée, les Alliés de l'OTAN et leur population peuvent faire confiance à la capacité de dissuasion nucléaire de l'Alliance. Ce n'est pas vraiment un signal dans le contexte de la guerre en Ukraine, comme la Russie l'a indiqué par le passé.

Euronews :

Comment faut-il interpréter l’annonce par le Bélarus qu’il allait joindre ses forces à celles de la Russie ?

Rafael Loss :

Le dirigeant bélarusse, Alexandre Loukachenko, marche ici sur un fil. Il veut maintenir le plus de flexibilité possible et ne pas trop se rapprocher de Vladimir Poutine parce qu'il sait que cela va lui coûter politiquement. Mais dans le même temps, son régime, surtout depuis le soulèvement démocratique il y a deux ans, dépend beaucoup du soutien russe, il ne peut pas s'en éloigner. Jusqu'à maintenant il a résisté à l'envoi de troupes en Ukraine mais le Bélarus a sûrement été utilisé comme base pour les forces russes et pour l'artillerie russe afin d’attaquer des villes et des positions militaires en Ukraine.

Euronews :

L’arrivée de l’hiver va-t-elle avoir un impact sur le champ de bataille ?

Rafael Loss :

Pendant l'hiver, les opérations ont tendance à diminuer un peu mais cela n'avantage pas nécessairement l'un des deux camps. Les deux vont renforcer leurs positions. L'Ukraine a essayé de reprendre le plus possible de territoires occupés avant que l’hiver ne fige et ne ralentisse les opérations. Mais avant que cela se produise, je pense qu'il y aura beaucoup de mouvements sur le champ de bataille et c'est pourquoi l'Ukraine appelle avec insistance l'Occident à augmenter son soutien. Ce que le changement de stratégie de l'OTAN indique, je pense, c'est que les dirigeants de l'OTAN ont réalisé que cette guerre va durer un certain temps et que nous sommes confrontés à une guerre de longue haleine qui nécessite une réponse industrielle longue et intensive de la part de l'Occident pour soutenir l'Ukraine, cela comprend la collecte d'artillerie, la fourniture de systèmes de défense aérienne.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

State of the Union : quel est l'impact des cyberattaques russes et ukrainiennes?

State of the Union : le pouvoir électoral du populisme est-il surestimé ?

Anna Ayuso sur le sommet UE-Amérique latine : "Certaines négociations ont duré plus de 20 ans"