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Malgré ses 56 réacteurs nucléaires, la production électrique française connaît des difficultés

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Par Christopher Pitchers  & Euronews
La France veut relancer sa filière nucléaire
La France veut relancer sa filière nucléaire   -   Tous droits réservés  Laurent Cipriani/AP   -  

L'énergie nucléaire est présentée comme le fleuron de la production électrique française. Le pays dispose du plus grand parc d'Europe ce qui permet aux autorités nationales d'assurer disposer d'une certaine autonomie en matière d'électricité.

Mais les nécessités provoquées cette année par la guerre en Ukraine ont mis en lumière les faiblesses de cette filière industrielle.

La centrale de Paluel en Normandie peut se vanter de faire fonctionner tous ses réacteurs. Mais les infrastructures françaises sont vieillissantes, près de la moitié ont dû fermer cette année pour des opérations d'entretien.

Les mises à niveau de 26 réacteurs sur 56 perturbent fortement la production et font de la France un importateur d'électricité. Pour le directeur du site de Paluel, ces importations sont nécessaires pour maintenir l'équilibre.

"Il y a des moments dans la journée où on va exporter de l'électricité et puis il y a des moments dans la journée où on risque d'en importer puisque vous savez que l'électricité ne se stocke pas. Et il faut en permanence avoir un équilibre entre la production et la consommation", explique Jean-Marie Boursier.

Pour relancer la filière, le président français veut mettre l'énergie nucléaire au cœur de son action afin de mener le pays vers la neutralité carbone. En cours de nationalisation, EDF, le géant français de l'énergie, compte construire six nouveaux réacteurs sur trois sites déjà existants. L'objectif est d'être opérationnel d'ici 2035.

Mais les militants locaux, comme Jean-Paul Desjardins, estiment que les 50 milliards d'euros annoncés pour cette relance seraient mieux investis dans des ressources renouvelables.

"On ne sera jamais prêt en 2035 - 2037 comme annoncé. C'est une certitude et ça nous coûte une fortune. EDF est en déficit, en banqueroute. C'est donc l'État qui paie, c'est-à-dire nous évidemment. Et avec cet argent, on pourrait faire beaucoup, beaucoup plus au niveau des énergies renouvelables", explique-t-il.

Avec des réacteurs à l'arrêt et des projets de construction prévus pour une dizaine d'années, le retour à l'autonomie électrique apparaît encore lointain pour la France.