L'économie de l'UE devrait éviter la récession cet hiver

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Par Euronews
Francfort, le 3 février 2023
Francfort, le 3 février 2023   -  Tous droits réservés  Michael Probst/Copyright 2023 The AP. All rights reserved

La Commission européenne a annoncé ce lundi matin une révision en hausse de sa prévision de croissance pour la zone euro en 2023 à 0,9% (+0,6 point) et estimé qu'elle devrait "éviter de peu" une récession cet hiver.

L'économie résiste mieux que prévu aux conséquences de la guerre en Ukraine. "Des développements favorables depuis l'automne ont amélioré les perspectives pour cette année", a estimé l'exécutif européen dans un communiqué, citant notamment la chute des prix de gros du gaz "bien en dessous de leur niveau d'avant guerre".

La Commission européenne a également abaissé sa prévision d'inflation pour la zone euro en 2023 à 5,6% (-0,5 point) et estime que le pic est désormais dépassé grâce à l'accalmie sur les prix de l'énergie.

L'inflation a baissé durant trois mois consécutifs, après avoir atteint un plus haut niveau historique à 10,6% en octobre, ce qui "laisse penser que le pic est maintenant derrière nous", selon le communiqué.

"Mieux que prévu ne veut pas dire bon et les perspectives dépendent bien sûr des politiques", précise Paolo Gentiloni, Commissaire européen à l'Economie, lors de sa présentation.

"Les Européens sont encore confrontés à une période difficile, avec une croissance qui devrait encore (être) lente et une inflation qui ne relâchera son emprise sur le pouvoir d'achat que progressivement."

Une récession technique est définie comme deux trimestres consécutifs de contraction économique, ce qui pourrait encore se produire dans certains pays de l'UE même si le chiffre final pour 2023 finit par être positif.

Parmi les 27, la Suède est le seul pays à afficher un chiffre négatif pour cette année (-0,8 %), tandis que les autres capitales présentent une croissance limitée mais positive.

L'Allemagne et l'Italie, très dépendantes des énergies fossiles russes, résistent avec respectivement des projections de 0,2 % et 0,8 %.

En outre, la France connaîtra une croissance de 0,6 %, tandis que l'économie espagnole progressera de 1,4 % en 2023.

L'Irlande reste l'économie la plus performante avec un taux de 4,9 %, en grande partie grâce aux investissements des multinationales étrangères.

La Commission européenne estime que l'Union européenne a mis fin à l'inflation record et que les prix maintiendront la tendance à la baisse amorcée à la fin de l'année dernière.

Cette évolution est liée à une baisse constante des prix du gaz en Europe. Les économies d'énergie, une météo clémente et une diversification des fournisseurs expliquent ce mouvement.

Le TTF, le marché de référence du gaz en Europe, a clôturé vendredi à près de 54 € le mégawattheure, des niveaux qui n'avaient pas été vus depuis décembre 2021.

L'inflation dans la zone euro devrait désormais tomber à 5,6% en 2023 et à 2,5% en 2024, se rapprochant ainsi de l'objectif annuel de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).

Néanmoins, la Commission prévient que l'inflation de base, qui exclut les prix volatils de l'énergie et des denrées alimentaires, n'a pas encore atteint son sommet et que le poids des factures énergétiques élevées n'a pas été entièrement répercuté sur les consommateurs.

L'inflation restera "obstinément élevée" dans les pays d'Europe orientale, ajoute Paolo. Gentiloni.

Les prévisions hivernales de la Commission européenne s'appuient sur une série de projections qui, ces dernières semaines, ont amélioré les perspectives de l'UE, comme celles du Fonds monétaire international, de J.P. Morgan et de Goldman Sachs.

Tous les rapports ont salué la résilience et la capacité d'adaptation de l'Union face à la guerre de la Russie en Ukraine et à la coûteuse crise énergétique, tout en soulignant l'incertitude persistante sur le continent.

Le Commissaire européen rappelle que les discours alarmistes de "stagflation, de récession profonde et de pannes d'électricité" qui ont alimenté les analyses économiques de l'année dernière ont été "contredits par la réalité."

"Nous sommes-nous découplés de la guerre ? Pas du tout", tempère Paolo Gentiloni en réponse à une question d'Euronews. "Le principal risque est la guerre d'agression en Ukraine et les tensions géopolitiques".

"Ce que je pense que nous avons réussi à gérer, c'est la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie", poursuit-il. "C'était vraiment impressionnant".