L'UE sanctionne des responsables russes accusés de violences sexuelles "systématiques" en Ukraine

L'UE accuse les commandants russes d'être au courant des violences sexuelles perpétrées par les soldats à l'encontre des femmes ukrainiennes
L'UE accuse les commandants russes d'être au courant des violences sexuelles perpétrées par les soldats à l'encontre des femmes ukrainiennes Tous droits réservés Andrii Marienko/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
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Par Jorge Liboreiro
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A la veille de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, les Etats membres ciblent des crimes de violence sexuelle perpétrés en Ukraine et ailleurs dans le monde.

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L'Union européenne a décidé mardi matin de sanctionner neuf personnes, dont des hauts responsables de l'armée impliqués dans l'invasion de l'Ukraine, et trois entités sont accusées d'avoir perpétré des violations des droits des femmes à grande échelle et de manière systématique.

C'est la première fois que l'UE utilise son régime de sanctions en matière de droits de l'homme, établi en décembre 2020, pour cibler des crimes de violence sexuelle.

Cette décision, adoptée à l'unanimité par les 27, tombe la veille de la Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars dans le monde entier.

"L'oppression croissante des femmes et des jeunes filles dans le monde et les atteintes à leurs droits fondamentaux sont alarmantes", déclarent dans un communiqué commun la Commission européenne et le responsable de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell.

La liste vise le général de division Nikolay Anatolevich Kuznetsov et le colonel Ramil Rakhmatulovich Ibatullin des forces armées russes. Les divisions placées sous leur commandement auraient commis des "actes de violence sexuelle" à l'encontre de la population civile ukrainienne lors d'attaques menées en mars et en avril de l'année dernière.

Les allégations portent sur différents crimes sexuels commis à un "niveau systématique", tels que le viol d'une femme enceinte près de Kiev et la participation de soldats à des viols collectifs.

L’Union accuse directement les commandants russes d'être au courant de ces crimes et "dans certains cas, d'avoir encouragé ou même ordonné" leur perpétration.

"Nous sommes également très préoccupés par les informations selon lesquelles les forces armées russes utilisent la violence sexuelle contre les femmes et les enfants en Ukraine comme une arme de guerre", insiste la Commission européenne.

"Ces actes constituent des crimes de guerre et leurs auteurs doivent être traduits en justice".

De plus, l'UE inscrit sur sa liste noire deux policiers du commissariat de Moscou accusés d'avoir arrêté et torturé arbitrairement des femmes qui protestaient contre l'invasion de l'Ukraine.

Dans le cas d'Ivan Ryabov, un officier de police, "les victimes rapportent qu'il les a battues, étouffées avec des sacs en plastique et qu'il a abusé d'elles physiquement et verbalement pendant six heures", ajoutent les États membres dans leur décision.

La liste comprend aussi deux ministres talibans, condamnés pour avoir restreint les droits des femmes et des jeunes filles afghanes en imposant des décrets sur le hijab, des lois sur la ségrégation entre les sexes et des interdictions en matière d'éducation.

La liste compte également deux commissaires du gouvernement du Sud-Soudan et un vice-ministre de la junte militaire birmane.

Les trois entités sanctionnées sont la prison de Qarchak en Iran, la Garde républicaine syrienne et l'Office of the Chief of Military Security Affairs (OCMSA), le service de renseignement militaire birman.

"Le personnel de l'OCMSA a recours à la nudité forcée, au viol, aux électrochocs, à la brûlure des organes génitaux et à une violence excessive lors de la détention arbitraire et de l'interrogatoire d'hommes, de femmes et de membres de la communauté LGBTIQ", expliquent les 27.

Les sanctions prévoient un gel des avoirs, l'interdiction d'entrer sur le territoire de l'UE et l'interdiction de fournir des services.

"Nous envoyons un message clair aux auteurs de ces actes : ils ne s'en sortiront pas indemnes", insiste Wopke Hoekstra, ministre néerlandais des Affaires étrangères.

"Ces actes horribles et inhumains ont des conséquences".

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