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"Une bonne journée pour la transition énergétique de l'Europe"

L'énergie éolienne est l'un des piliers de la transition climatique
L'énergie éolienne est l'un des piliers de la transition climatique Tous droits réservés Armando Franca/AP
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Par Alice Tidey
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Les Etats membres de l’UE et le Parlement européen ont conclu un accord politique pour augmenter la part des énergies renouvelables. Elle devra atteindre 42,5% d’ici 2030.

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Les États membres de l'Union européenne et le Parlement européen sont parvenus jeudi à un accord pour doubler la production d'énergies renouvelables dans l'ensemble de l'UE d'ici la fin de la décennie.

Selon l'accord provisoire conclu jeudi matin après une nuit de négociation, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale de l'UE devra être de 42,5 % d'ici 2030, avec la possibilité d'atteindre 45 %, si les gouvernements y parviennent.

En 2021, les énergies renouvelables représentaient 21,8 % de l'énergie consommée dans l'UE, selon Eurostat.

Le nouvel objectif contraignant fixé dans la directive sur les énergies renouvelables est inférieur aux 45 % demandés par les eurodéputés, mais supérieur aux 40 % préférés par les États membres.

Les nouvelles règles, qui font partie du paquet "Fit for 55" présenté en 2021 pour accélérer la transition énergétique et réduire les émissions de l'UE de 55 % d'ici 2030, doivent maintenant être formellement approuvées par les États membres et par l'ensemble du Parlement européen.

Le nucléaire n'est "ni vert, ni fossile"

L'eurodéputé français Pascal Canfin (Renew Europe), qui préside la commission Environnement du Parlement, estime que les négociateurs "ont créé des règles sans précédent dans le monde pour nous donner les moyens de gagner la bataille du climat".

Il ajoute que l'accord réglementera mieux l'utilisation de la biomasse, "même si le Parlement voulait aller plus loin". Il reconnaît aussi "le rôle spécifique de l'énergie nucléaire, qui n'est ni verte ni fossile".

Ce dernier point est considéré comme une grande victoire pour la France, qui avait fait pression ces dernières semaines pour que l'hydrogène d'origine nucléaire soit considéré comme une ressource bas-carbone, ce à quoi s'opposent farouchement des pays comme l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg.

Le texte fixe donc de nouveaux objectifs en matière d'hydrogène renouvelable pour les transports et l'industrie. Pour cette dernière, l'objectif est fixé à 42 % pour 2030 et 60 % pour 2035 mais peut être abaissé à 20 % si "la part de l'hydrogène issu de combustibles fossiles consommé dans les États membres ne dépasse pas 23 % en 2030 et 20 % en 2035".

Toutefois, pour bénéficier de cet objectif réduit, les États membres doivent également avoir atteint leur contribution nationale à l'objectif global contraignant de l'UE, qui est de 42,5 %.

La France pourrait donc avoir du mal à obtenir cette concession, car elle est en retard sur ses partenaires en ce qui concerne le déploiement des énergies renouvelables. Elle est le seul pays de l'UE à ne pas avoir atteint son objectif national pour 2020 en matière de ressources vertes, avec un retard de 3,9 points de pourcentage et seulement 19,1 % de l'énergie qu'elle consomme provenant des énergies renouvelables.

L'eurodéputé allemand Michael Bloss (Verts) est convaincu que ces deux conditions signifient que "les Français n'ont pas gagné aujourd'hui".

"Ils voulaient que les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire soient au même niveau. Ils n'ont pas gagné aujourd'hui, mais je pense qu'ils se battront dans tous les autres dossiers et que ce sera une lutte permanente", a-t-il déclaré à Euronews.

Un résultat malheureux pour la biomasse

En ce qui concerne la bioénergie - l'utilisation de matières organiques telles que les arbres, les plantes et les déchets agricoles et urbains pour produire de l'électricité - l'accord "renforce les critères de durabilité" afin de réduire le risque d'une production de bioénergie non durable, selon le communiqué de presse du Conseil.

L'eurodéputé allemand Markus Pieper (PPE), rapporteur du Parlement, estime que la biomasse "reste 100% renouvelable". Il décrit l'ensemble de l'accord comme "un bon jour pour la transition énergétique de l'Europe".

Mais l'ONG néerlandaise Fern qualifie le résultat sur la biomasse de "malheureux". Martin Pigeon, son chargé de campagne Forêts et Climat, affirme que "parce qu'elle continuera à récompenser les entreprises énergétiques qui brûlent des millions d'arbres, notre principal puits de carbone terrestre, la directive continuera à aggraver la crise du climat et de la biodiversité, à nuire à la santé des personnes et à saper activement les ambitions climatiques de l'UE, en plus de détruire de la valeur aux dépens du contribuable".

Pour atteindre les objectifs fixés par le compromis, il est prévu d'accélérer les procédures d'autorisation.

Pas conforme aux preuves scientifiques

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, salue l'accord politique. Sur Twitter, elle juge qu’il "nous aidera à progresser vers la neutralité climatique, à renforcer notre sécurité énergétique et à stimuler notre compétitivité - tout à la fois".

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Nils Torvalds (Renew Europe), chef de file de la commission Environnement, souligne que les négociations ont duré environ un an et demi et que "la guerre en Ukraine a poussé les parties à la négociation à changer de position à de nombreuses reprises".

L’ONG CAN Europe qualifie toutefois les objectifs de "non conformes à ce que les preuves scientifiques nous montrent".

"Si nous voulons sérieusement atteindre la neutralité climatique, les Etats membres devront maintenant travailler ensemble et dépasser l'objectif de 50 % d'énergies renouvelables dans l'UE d'ici 2030", insiste Chiara Martinelli, directrice de CAN Europe, dans un communiqué.

"Le paquet "Fit for 55" étant presque terminé, il est de la plus haute importance d'avoir une plus grande ambition sur les dossiers législatifs restants concernant les bâtiments et le gaz. Notre avenir en dépend", conclut-elle.

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