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Les projets GNL de l’UE "n'ont rien à voir avec les besoins réels de l'Europe à court terme"

Un tanker de gaz naturel liquéfié
Un tanker de gaz naturel liquéfié Tous droits réservés MsLightBox/Mayumi Terao
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Par Stefan Grobe
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Dans une étude, l’ONG Greenpeace estime que les investissements et le développement de terminaux pour le gaz naturel liquéfié dans l’UE ne permettront pas une sortie progressive de cette ressource fossile.

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Les réponses énergétiques d’urgence de l’UE risquent d’aller à l’encontre de l’objectif climatique des 27. C’est l’analyse de Greenpeace publié dans un rapport intitulé : "A qui profite la guerre : comment les entreprises gazières tirent profit du conflit en Ukraine".

Pour se séparer du gaz russe les Etats membres investissent dans les importations et dans les infrastructures en gaz naturel liquéfié (GNL). Euronews a interrogé Silvia Pastorelli, spécialiste climat et énergie pour Greenpeace Europe.

Euronews :

Quelles sont les principales conclusions du rapport ?

Silvia Pastorelli :

La réponse de l'UE à une crise énergétique à court terme est un verrouillage à long terme des combustibles fossiles, avec des contrats gaziers d'une durée de dix ans. Notre étude révèle que les gouvernements de l'UE prévoient de construire une telle capacité d'importation de gaz naturel liquéfié que, si elle était construite, elle augmenterait les émissions de gaz à effet de serre de l'Union pour atteindre l'équivalent de 950 millions de tonnes de CO2 chaque année. À cela, s'ajoute l'hypocrisie de l'importation de gaz de fracturation. Les pays de l'UE ont interdit la fracturation gazière les uns après les autres en raison de ses effets considérables sur l'environnement. Ces effets sont actuellement ressentis par les communautés de Louisiane, du Nouveau-Mexique et du Texas, principalement par les populations afro-américaines.

Euronews :

Greenpeace accuse les gouvernements européens de s'entendre avec les opérateurs au détriment des consommateurs. Mais n'y avait-il pas une pénurie d'approvisionnement immédiate ?

Silvia Pastorelli :

L'Europe s'est réveillée avec la dure réalité de son énorme dépendance à l'égard de la Russie pour son approvisionnement en combustibles fossiles. La réponse la plus immédiate a été de chercher de nouveaux fournisseurs, de nouveaux contrats plutôt que de se concentrer sur la réduction de la demande et une voie vers l'élimination progressive du gaz. Les nouvelles infrastructures n'ont rien à voir avec les besoins réels de l'Europe à court terme. Tout terminal de gaz liquéfié qui sera mis en service en 2026 ou plus tard n'aidera pas à résoudre la crise actuelle.

Euronews :

Ces nouveaux terminaux de GNL sont présentés dans une stratégie plus large de sécurité énergétique à l'avenir ?

Silvia Pastorelli :

Cela aggrave la crise climatique, cela remplit les poches des entreprises de combustibles fossiles qui, comme nous le savons, ont fait des profits records, cela retarde la transition nécessaire vers un système d'énergie renouvelable et rend les choses plus difficiles et plus coûteuses pour les gens. Cette crise énergétique a douloureusement mis en évidence le fait que notre conception de la sécurité énergétique est dépassée et qu'elle ne peut pas protéger les gens contre les chocs d'un système entièrement basé sur les combustibles fossiles. Le gaz fossile doit être progressivement éliminé d'ici 2035 au plus tard. Il est donc temps de repenser la sécurité énergétique.

Euronews :

Vous préconisez de retirer les combustibles fossiles de la vie politique. Quelles sont vos recommandations exactes ?

Silvia Pastorelli :

Nous devons éliminer les combustibles fossiles de la politique, comme on l'a fait pour le tabac. Aujourd'hui, il serait impensable que les ministres de la Santé s'assoient avec les lobbyistes du tabac, qu'ils participent à des tables rondes sur le sujet, qu'ils assistent à leurs manifestations, alors qu'une crise sanitaire planétaire alimentée par le tabac est en train de se développer. Au lieu de cela, il faut investir l'argent public dans des solutions de chauffage renouvelable telles que les pompes à chaleur, dont les avantages sont immédiatement perceptibles par les citoyens. Un air pur, une meilleure santé, un environnement plus sûr et une chance de garder la planète vivable pour tout le monde.

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