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L’extrême droite toujours plus présente dans l'Union européenne

Les tendances nationales pourraient se ressentir lors des élections européennes en 2024
Les tendances nationales pourraient se ressentir lors des élections européennes en 2024 Tous droits réservés Andrew Medichini/AP
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Par Efi Koutsokosta
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Après l’Italie et la Suède, l’extrême droite fait son entrée dans le gouvernement finlandais. La porosité entre la droite et les mouvements populistes pourrait influencer la campagne à venir pour les élections européennes.

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C'est un changement qui s'opère petit à petit en Europe et qui pourrait devenir une tendance politique plus profonde. Les formations d'extrême-droite, à l'origine à la marge du paysage politique, participent à des coalitions gouvernementales, aux côtés de partis de droite.

Dernier exemple en date : la Finlande, où après trois mois de négociations le mouvement populiste des Vrais Finlandais a rejoint le gouvernement après une campagne menée contre l'immigration et l'UE.

Des partis d'extrême-droite sont au pouvoir : en Italie, en Suède et en Finlande.

En Espagne, le Parti populaire a conclu une série d'accords au niveau régional et municipal avec les populistes de Vox alors que se dérouleront le mois prochain des élections législatives.

Les ultra-conservateurs et les souverainistes sont aussi au pouvoir depuis plusieurs années en Hongrie et en Pologne. Les deux capitales se rejoignent dans leurs atteintes à l'Etat de droit.

Les analystes soulignent que ces rapprochements ont des causes différentes en fonction de la situation nationale et peuvent avoir pour origine l'immigration, l'économie ou la guerre en Ukraine.

"Beaucoup d'électeurs sont désillusionnés par les partis politiques conventionnels", résume Cathrine Thorleifsson, professeure à l’Université d’Oslo.

"Comme il semble que nous soyons dans une nouvelle crise mondialisée, tout d'abord, il y a eu la crise financière, la pandémie, les retombées économiques de la guerre en Ukraine et la crise du coût de la vie, et en temps de crise certains de ces partis populistes de droite trouvent des solutions assez simples à ces problèmes très compliqués et promettent de protéger le peuple et la souveraineté contre les menaces perçues et réelles de l'extérieur", explique celle qui est aussi à la tête de la commission du gouvernement norvégien sur l’extrémisme.

A un an des élections européennes, il s'agit donc d'évaluer la future architecture du Parlement européen. L'actuelle majorité, formée par les chrétiens-démocrates du PPE (Parti populaire européen), les sociaux-démocrates et les libéraux, pourrait sortir affaiblie.

Le rapprochement affiché du Parti populaire européen avec les conservateurs sur certains dossiers comme le Pacte vert soulève des questions sur la prochaine mandature.

"Un résultat électoral plus fort des forces extrêmes poussera le courant dominant dans une certaine direction, le mettra sous pression", estime Janis Emmanouilidis, directeur adjoint du European Policy Centre.

"Cela conduira-t-il à la fin de l'UE ? Ce n'est pas, je pense, ce qui est prévu, mais cela pourrait rendre les choses plus difficiles au niveau européen et cela se produit à un moment où l'on a besoin d'un niveau d'ambition plus élevé en ce qui concerne la réponse de l'UE aux nombreux défis auxquels nous sommes confrontés, qu'il s'agisse de géopolitique, comme l'Ukraine et l'ordre international, de la transformation verte, de la transformation numérique", analyse-t-il.

Les élections anticipées en Espagne auront lieu le 23 juillet. Beaucoup d’observateurs estiment qu'elles détermineront grandement l'orientation à l'avenir du PPE.

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