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Il faut "mettre en œuvre" le Pacte vert, souligne Maroš Šefčovič

Le vice-président la Commission européenne en charge du Pacte vert Maroš Šefčovič
Le vice-président la Commission européenne en charge du Pacte vert Maroš Šefčovič Tous droits réservés Bogdan Hoyaux/ EC
Tous droits réservés Bogdan Hoyaux/ EC
Par Grégoire LoryJorge Liboreiro
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Le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, nouvellement nommé en charge du Pacte vert, prévient que l’application de la législation climatique sera une tâche difficile pour les 27.

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"Nous sommes dans une nouvelle phase parce que jusqu'à présent, nous nous sommes beaucoup concentrés sur le travail législatif, donc je pense que nous avons construit ce nouveau cadre politique mais aussi législatif pour le Pacte vert", insiste Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne en charge du dossier, lors d’une interview accordée mardi à Euronews.

"Maintenant, nous approchons de la phase qui devrait être tout aussi difficile, si ce n'est plus, le déploiement, c'est la mise en œuvre appropriée, c'est la façon de s'assurer que cette transition climatique se fera d'une manière socialement équitable, qu'elle aidera nos industries à être de meilleurs compétiteurs sur les marchés mondiaux. "

Au cours des deux dernières années, l'UE a adopté une série de lois visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 55 % avant la fin de la décennie, à travers notamment l’interdiction progressive des moteurs à combustion, l’imposition d’une taxe aux frontières sur les importations polluantes et avec de nouveaux objectifs plus ambitieux en matière d'efficacité énergétique.

En outre, l'Union européenne a mis en place des plans de grande envergure pour se passer des combustibles fossiles russes et accélérer le déploiement des ressources renouvelables. La Commission européenne estime que cet effort nécessitera 620 milliards d'euros d'investissements supplémentaires par an.

"Je pense que la mise en pratique sera aussi difficile que le travail que nous avons effectué jusqu'à présent", estime le vice-président.

Mais ne pas agir serait "la pire des solutions possibles". Il suggère que l’institution propose, d'ici le début de l'année prochaine, un objectif "intermédiaire" pour réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2040, sans préciser de pourcentage. A ce jour, l'UE n'a que des objectifs juridiquement contraignants pour 2030 et 2050, date butoir pour atteindre la neutralité carbone.

"Regardons cet été. Regardons l'été dernier. L'été dernier a été terrible. Cet été, c'était bien pire", poursuit Maroš Šefčovič, en faisant référence aux récentes catastrophes naturelles, telles que les inondations en Slovénie et les incendies de forêt qui font rage en Grèce.

"Nous devons nous comporter de manière responsable. Nous devons nous engager davantage auprès de toutes les parties prenantes et nous devons travailler dur pour nous assurer que nous gérons ces trois objectifs primordiaux : être socialement juste, lutter contre le changement climatique et rendre notre industrie compétitive."

Une attention renouvelée pour l'industrie

Maroš Šefčovič succède à Frans Timmermans, qui a démissionné la semaine dernière pour prendre la tête d'une alliance de centre-gauche lors des prochaines élections législatives aux Pays-Bas.

Avec la désignation du responsable slovaque, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, maintient le portefeuille vert entre les mains du groupe socialiste et préserve ainsi l'équilibre politique délicat au sein de son Collège.

Maroš Šefčovič s'est fait un nom dans les institutions de l’UE après des années de travail auprès de la Commission. En 2019, il est nommé vice-président en charge des relations interinstitutionnelles avant de se voir confier la mission de gérer les relations post-Brexit entre les 27 et le Royaume-Uni. Il est aussi le fer de lance d'une initiative inédite visant à aider les États membres à acheter conjointement des approvisionnements en gaz.

Travailler plus étroitement avec le secteur privé sera, selon lui, l'une de ses principales priorités.

"Une question très importante sera de travailler très étroitement avec nos industries", explique-t-il. "J'aimerais introduire une série, je dirais, tables rondes structurées avec les industries qui seront les plus touchées par la transition verte, qui subissent beaucoup de pression de la part des concurrents internationaux."

Cette approche reflète l'anxiété déclenchée sur le continent par l'Inflation Reduction Act (IRA), une initiative introduite l'été dernier par le président américain Joe Biden, qui offre des crédits d'impôt, des remises et des subventions aux producteurs de technologies vertes, pour autant que la fabrication ait lieu sur le sol nord-américain.

Ce texte suscite la crainte d'un exode industriel de l'autre côté de l’Atlantique et d'une perte irréversible de compétitivité pour l'économie européenne. En réaction, la Commission européenne a dévoilé au début d'année une nouvelle stratégie industrielle visant à stimuler considérablement la production européenne de composants clés, tels que les batteries, les éoliennes, les panneaux solaires et les pompes à chaleur. La législation est encore en cours de négociation.

"Nos industries doivent savoir que nous sommes là pour nous battre pour elles. Nous voulons non seulement qu'elles restent, mais aussi qu'elles prospèrent en Europe", souligne Maroš Šefčovič.

En réponse aux récents commentaires de certains dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre belge Alexander De Croo, qui demandent une "pause" dans la législation sur le climat, Maroš Šefčovič précise qu'une autre de ses priorités sera de diminuer le fardeau administratif "autant que possible".

"_Je comprends que cette transition verte et la lutte contre le changement climatique ne sont pas facile_s", reconnaît-il. "Ce n'est pas facile pour nos citoyens, pour les ménages, pour les industries et pour nos États membres."

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