"Oui, l'Union européenne doit être réformée" pour un futur élargissement

Le président du Conseil europée, Charles Michel, propose un élargissement de l'UE d'ici 2030
Le président du Conseil europée, Charles Michel, propose un élargissement de l'UE d'ici 2030 Tous droits réservés Jean-Francois Badias/AP
Par Stefan Grobe
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La proposition du président du Conseil européen de préparer l’UE à nouvel élargissement d’ici 2030 anime les discussions au sein des institutions. La guerre en Ukraine a donné une nouvelle dynamique politique à ce dossier au point mort depuis plusieurs années.

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L’invasion de l’Ukraine par la Russie a relancé avec vigueur la question de l’élargissement de l’UE. Les pays d’Europe de l’Est et des Balkans occidentaux multiplient les appels politiques pour rejoindre le projet européen. Face au nouvel environnement géopolitique provoqué par la guerre, le président du Conseil européen, Charles Michel, propose d’accueillir d’ici la fin de la décennie de nouveaux membres.

"Nous devons nous fixer un objectif clair : je pense que nous devons être prêts, de part et d'autre, à nous élargir d'ici 2030. (...) C'est ambitieux, je le sais, mais c'est nécessaire, cela montre que nous sommes sérieux", a-t-il suggéré en début de semaine.

Euronews a interrogé David McAllister, président de la commission Affaires étrangères du Parlement européen, pour évoquer d’éventuelles adhésions.

Euronews :

Est-ce une bonne idée de fixer un objectif à 2030 pour un nouvel élargissement ?

David McAllister :

La procédure d'adhésion à l'Union européenne est très claire. Selon nos traités, un pays qui respecte nos valeurs et s'engage à les promouvoir peut adhérer à l'UE. Bien sûr, cela implique un long processus, mais toutes les conditions doivent être remplies. Je ne me focaliserais pas sur un Etat précis, mais je dirais toujours qu'un pays est prêt à rejoindre l'Union européenne lorsqu'il est réellement prêt. Et cela signifie qu'en fin de compte, toutes les conditions doivent être remplies : financières, économiques, politiques et judiciaires.

Euronews :

La Commission européenne a quasiment rejeté la proposition de Charles Michel, suggérant que l'adhésion à l'UE est "fondée sur le mérite" et ne peut pas être accélérée. C'est un véritable désaccord public ?

David McAllister :

Je n'exagérerais pas ces désaccords, le Conseil et la Commission ainsi que le Parlement européen sont favorables à l'adhésion d'autres pays à l'UE. Et nous sommes tous d'accord pour dire que, bien sûr, ce processus doit être fondé sur le mérite et que chaque pays doit être évalué individuellement. En fin de compte, l'adhésion à l'Union européenne n'est pas un convoi, c'est une régate. Et un pays qui est prêt à rejoindre l'Union européenne sera alors accueilli dans notre famille de nations.

Euronews :

Le président français a une nouvelle fois affirmé que l'UE devait d'abord se réformer avant d'admettre de nouveaux membres. Dans quelle mesure cet argument est-il réaliste, étant donné que la guerre en Ukraine a renforcé la pression pour accélérer le processus d'élargissement ?

David McAllister :

Le président Macron a raison. Oui, l'Union européenne doit être réformée. Avec 27 États membres, il est déjà difficile d'organiser notre UE, qui repose toujours sur des règles conçues pour neuf, douze ou quinze États membres. Ce que nous devons donc faire au cours des prochaines années, c'est réformer l'Union européenne, la rendre plus efficace, plus démocratique, plus engagée , et d'autre part, se préparer à l'arrivée de nouveaux membres. Il est possible de faire un mouvement et l'autre en parallèle. Nous devons nous réformer et nous devons soutenir les États membres potentiels qui veulent rejoindre l'Union. Je pense que l'Union européenne ne doit pas être un club fermé à 27 États membres. Nous devons rester ouverts à de nouveaux membres.

Euronews :

Combien d'États membres comptera l'UE en 2030 ?

David McAllister :

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Je pense que nous utiliserons les sept prochaines années pour réformer notre Union européenne et pour soutenir les États membres potentiels, et qu'il y aura plus de 27 États membres. Mais pour que cela se produise en 2030, cela ne dépend pas seulement de nous, en fin de compte, c'est principalement la tâche des pays candidats d'adopter et de mettre en œuvre toutes les réformes nécessaires.

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