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Qui sont les candidats à la présidence de la Banque européenne d'investissement ?

Nadia Calviño, Daniele Franco et Margrethe Vestager
Nadia Calviño, Daniele Franco et Margrethe Vestager Tous droits réservés AP, Council of the EU
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

Cinq candidats sont en lice pour la présidence de la Banque européenne d'investissement (BEI).

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Le candidat retenu dirigera le plus grand organisme financier multilatéral du monde, qui s'apprête à financer la reconstruction de l'Ukraine et des investissements cruciaux dans la lutte contre le changement climatique.

La ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño, et la Commissaire européenne en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager, font figure de favorites.

Tous les regards sont tournés vers les ministres des Finances de l'UE qui examineront les candidatures lors de leur rencontre vendredi à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, avant de voter lors d'une réunion du conseil d'administration de la BEI prévue dans les semaines à venir.

La France et l'Allemagne, dont les votes ont le plus de poids, n'ont pas encore annoncé leur soutien.

Une autre nomination, imminente, auprès de l'autre grande institution financière de l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait s'avérer déterminante pour faire pencher la balance en faveur ou en défaveur de Nadia Calviño.

L'Espagnole Margarita Delgado et l'Allemande Claudia Buch sont présélectionnées pour présider l'organe de supervision de la BCE, mais la nomination de Margarita Delgado pourrait bloquer le chemin de la BEI à Nadia Calviño.

Euronews présente les candidats en lice.

Margrethe Vestager

Virginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Margrethe VestagerVirginia Mayo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved

Margrethe Vestager n'est pas une bureaucrate bruxelloise comme les autres. Elle s'est forgé une réputation mondiale en tant qu'épine dans le pied des grandes entreprises technologiques. Au cours des neuf années qu'elle a passées auprès de la Commission européenne, elle a infligé de lourdes amendes aux plus grandes entreprises du monde pour avoir abusé de leur position dominante sur le marché.

La libérale danoise prend un congé sans solde auprès de son institution pour présenter sa candidature à la présidence de la BEI. Les Commissaires Didier Reynders et Věra Jourová la remplaceront pour s'occuper des portefeuilles de la Concurrence et du Numérique.

Margrethe Vestager a déclaré qu'elle prendrait "plus de risques" dans le cadre de ses fonctions, affirmant que les décisions devaient être accélérées afin que la banque puisse financer la reconstruction de l'Ukraine alors que la guerre fait rage.

"Je cherche un mandat de la part de la gouvernance de la banque pour qu'elle soit plus rapide et qu'elle puisse ainsi être encore plus pertinente", a-t-elle déclaré au Financial Times.

Bien que soutenue par sa famille politique, la Danoise a peu de chances d'obtenir l'aval du président français. Elle a récemment été contrainte d'annuler la nomination d'une Américaine au poste d'économiste en chef de la direction générale de la Concurrence de la Commission à la suite d'une opposition sèche d'Emmanuel Macron, critique de longue date de l'influence incontrôlée des Big Tech américaines sur l'UE.

En 2019, la décision de Margrethe Vestager de bloquer une fusion ferroviaire entre le français Alstom et l'allemand Siemens a également déplu à l'Élysée.

Autre signe de Paris en défaveur de la responsable danoise, le Commissaire européen français Thierry Breton a indiqué mercredi que la BEI devrait financer l'énergie nucléaire en Europe, ce que Margrethe Vestager ne soutiendra probablement pas.

Nadia Calviño

Council of the EU
Nadia CalviñoCouncil of the EU

La ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño, est largement considérée en position de force.

Elle a déclaré que la BEI avait un rôle de plus en plus important à jouer étant donné les taux d'intérêt élevés actuels et le besoin urgent de plus d'investissements verts.

Ancienne directrice générale des services du budget et de la concurrence de la Commission européenne, Nadia Calviño est passée de Bruxelles à Madrid en 2018 pour devenir ministre des Affaires économiques de Pedro Sánchez et a depuis gravi les échelons du gouvernement.

Elle est considérée comme une personne sûre, ayant guidé l'économie espagnole pendant la crise du Covid-19 et les turbulences économiques qui ont suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Elle préside également le comité financier du Fonds monétaire international (FMI) depuis 2021.

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Mais Nadia Calviño a déjà raté un poste de premier plan. Elle a perdu en 2020 contre toute attente la présidence de l'Eurogroupe face à l'Irlandais Pascal Donohoe et s'est retirée de la course à la direction du FMI en 2019.

Nadia Calviño a l'avantage de présider la semaine prochaine en Galice la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, à qui revient la décision finale de la nomination.

Daniele Franco

Alberto Pizzoli/AFP
Nadia CalviñoAlberto Pizzoli/AFP

Le candidat de l'Italie est Daniele Franco, ancien ministre des Finances de Mario Draghi.

Il a également travaillé pour la Commission européenne au début de sa carrière en tant que conseiller économique, avant de retourner travailler dans le secteur bancaire en Italie. Après avoir fait partie du cabinet de Mario Draghi, il est devenu directeur de la Banque centrale italienne.

Daniele Franco a récemment démenti les informations selon lesquelles Giorgia Meloni aurait reconsidéré sa nomination, assurant qu'il est le candidat officiel du gouvernement.

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"La BEI joue un rôle important pour les pays européens et sera encore plus importante à l'avenir, quelle que soit la personne qui occupera ce poste", a-t-il déclaré.

L'Italie espère que Daniele Franco pourra émerger en tant qu'outsider si Nadia Calviño ou Margrethe Vestager ne bénéficient pas d'un soutien majoritaire.

Teresa Czerwińska

Virginia Mayo/Copyright 2019 The AP. All rights reserved
Teresa CzerwińskaVirginia Mayo/Copyright 2019 The AP. All rights reserved

La troisième femme dans la course est la Polonaise Teresa Czerwińska qui occupe actuellement l'un des postes de vice-présidents de la BEI. Elle supervise les opérations de l’établissement bancaire en Ukraine et a appelé l'UE à financer rapidement la reconstruction du pays alors que la guerre se poursuit.

"Même si la guerre fait rage, les fonds destinés à la reconstruction doivent affluer. Parce que la reprise ne peut pas attendre. Parce que le peuple ne peut pas attendre", a déclaré Teresa Czerwińska en mai.

Elle a occupé le poste de ministre des Finances en Pologne jusqu'à son éviction lors d'un remaniement en 2019 après avoir exprimé son scepticisme à l'égard des programmes de dépenses sociales de son gouvernement dirigé par le parti Droit et Justice.

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Sa nomination marquerait un tournant dans la longue tradition des 27 de nommer des dirigeants d’Europe occidentale à des postes financiers de premier plan.

Thomas Östros

European Investment Bank
Thomas ÖstrosEuropean Investment Bank

La Suède a présenté la candidature de l'actuel vice-président de la BEI, Thomas Östros.

Né dans une petite ville à plus de 1 000 km au nord de Stockholm d'un ouvrier spécialisé dans les explosifs et d'une femme au foyer.

Il possède une expérience gouvernementale en tant que ministre des Affaires fiscales, de l'Education et de l'Industrie sous différents gouvernements entre 1996 et 2004, avant d'occuper des postes au sein de l'Association des banquiers suédois et du FMI.

Thomas Östros est un ardent défenseur des investissements verts et un fervent partisan de la décision historique de la BEI de cesser de financer des projets liés aux énergies fossiles.

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