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Rome "avait promis de réduire les arrivées et au lieu de cela elles ont doublé"

Des migrants attendent sur un navire avant de débarquer sur l'île de Lampedusa
Des migrants attendent sur un navire avant de débarquer sur l'île de Lampedusa Tous droits réservés Cecilia Fabiano/LaPresse via AP
Tous droits réservés Cecilia Fabiano/LaPresse via AP
Par Stefan Grobe
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L’île italienne de Lampedusa a vu arriver sur ses côtes des milliers de migrants en quelques jours. Le gouvernement d’extrême droite à Rome avait promis de réduire les flux migratoires, sans succès. La situation en Italie réveille les interrogations et les dissensions au sein de l’UE dans ce dossier

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La politique migratoire ranime les fractures au sein de l’UE. L’accord conclu cet été entre la Commission européenne et la Tunisie divise les institutions et les capitales. Il y a une semaine, l'île italienne de Lampedusa a vu débarquer, en quelques jours, des milliers de migrants arrivés sur des bateaux de fortune.

Pour comprendre la situation politique en Italie, Euronews a interrogé Matteo Villa, chercheur principal à l'Institut italien d'études politiques internationales de Milan.

Euronews :

Comment réagit l'opinion actuellement ?

Matteo Villa :

Le débat a changé, et vous pouvez le constater parce que ce gouvernement avait promis de réduire les arrivées et au lieu de cela elles ont doublé l'année dernière. Il doit donc trouver un nouveau discours pour justifier sa politique, mais pas seulement. Lampedusa a été un point chaud et un point central des arrivées, parce que nous avons retiré presque tous les navires de la Méditerranée centrale, de sorte que les migrants ne peuvent pas être secourus avant d'atteindre les îles et ensuite être amenés, par exemple, en Sicile.

Euronews :

Que reste-t-il de la ligne dure du gouvernement de Giorgia Meloni en matière d'immigration ?

Matteo Villa :

Depuis que (Giorigia) Meloni est entrée au gouvernement, elle n'a pas changé de discours. Elle avait promis de mettre en place un double blocus, le soi-disant blocus naval. Cela ne s'est pas produit. En fait, bien que 130 000 personnes aient été secourues cette année, environ 10 000 l'ont été par des bateaux d'ONG. Elle avait promis d'y mettre un terme. Cela ne s'est pas produit. Donc, oui, la rhétorique s'est modérée et ce gouvernement d'extrême droite, avec ses partenaires, a en fait promu la plus grande libéralisation de l'immigration régulière hors d'Europe que nous ayons jamais vue, avec pour objectif de trouver environ 500 000 personnes et de les laisser venir en Italie progressivement au cours des quatre prochaines années.

Euronews :

Ursula von der Leyen a présenté un plan en dix points pour Lampedusa. Que pensez-vous de cette initiative ?

Matteo Villa :

Je pense qu'Ursula von der Leyen n'a qu'à suivre les gouvernements européens. Et nous devons reconnaître que tous les gouvernements en Europe ont eu tendance à virer à droite sur les questions de migration, même les gouvernements centristes. Le plan en dix points se concentre principalement sur la lutte contre l'immigration illégale et, bien sûr, sur l'aide à apporter à l'Italie pour qu'elle puisse accueillir les migrants qui le font légalement. Et vraiment, vous ne pouvez pas faire plus que ce que les pays et les Etats membres font. En fin de compte, Ursula von der Leyen n'a fait que répéter et reformuler ce qui est déjà fait par la Commission européenne, par les États membres de l'UE et oui, par l'UE dans son ensemble, financièrement, pour aider l'Italie.

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