Des réformes à anticiper avant un nouvel élargissement de l’UE

Les discours politiques évoquent un nouvel élargissement à l'horizon 2030
Les discours politiques évoquent un nouvel élargissement à l'horizon 2030 Tous droits réservés Jean-Francois Badias/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Par Aida Sanchez Alonso
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La ville de Grenade accueille deux sommets, jeudi celui de la Communauté politique européenne, et vendredi une réunion informelle des dirigeants de l’UE. Lors des deux rencontres, la question de l’élargissement de l’Union devrait occuper une partie des discussions.

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C'est l'heure de la politique d'élargissement de l'Union européenne. L'idée d'accueillir de nouveaux Etats membres connaît une nouvelle dynamique depuis le début de la guerre en Ukraine. La question sera évoquée cette semaine lors de deux sommets dans la ville espagnole de Grenade.

Les pays des Balkans occidentaux, qui frappent à la porte depuis de nombreuses années, et plus récemment l'Ukraine et la Moldavie intensifient leurs appels aux 27. Mais avant d'élargir le projet européen à une trentaine de pays chacun s'accorde sur la nécessité de réformer les institutions.

"Il faudra réorienter les grandes priorités de dépenses vers l'agriculture et la cohésion car il est évident que l'Ukraine, si elle entrait dans l'Union sans aucun changement, absorberait la majeure partie du budget, ce qui ne serait pas acceptable pour de nombreux Etats membres", prévient Fraser Cameron, analyste au European Policy Centre.

"Il faudra donc mener des négociations difficiles sur le budget, savoir qui paie, qui reçoit quoi", ajoute-t-il.

Mais pour l'analyste, au-delà de l'impact pour l'UE d'accueillir de nouveaux membres avec différents poids économiques, les élargissements précédents ont surtout raté le coche d'une réforme du vote à l'unanimité. Cette mise à jour est jugée nécessaire par les experts pour surmonter les vetos dans les domaines clefs.

Cette constatation est partagée par les grands Etats membres. C'est l'une des innovations du rapport présenté par la France et l'Allemagne. Toutefois, le document propose aussi de créer différents niveaux d'adhésion.

Mais au Parlement européen certains soulignent que l'intégration doit être la même pour tous.

"Nous devons faire très attention à ne pas avoir de pays de seconde classe au sein de l'Union européenne. J'ai entendu beaucoup de discussions ici à Bruxelles sur l'idée d'avoir des pays de première classe, peut-être les plus anciens, et des pays plus récents qui seraient des pays de seconde classe", s’inquiète l’eurodéputé Vlad Gheorghe (Renew Europe).

Quelles que soient les pistes évoquées à Grenade, l'adhésion est un processus long et fastidieux, en particulier si un pays est en guerre. Si l'UE doit mener sa propre réflexion sur son fonctionnement à l'avenir, les candidats doivent aussi s'engager sur la voie de la réforme.

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