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"Pas de contrôle du Hamas, pas de blocus", la Commission européenne propose ses principes pour Gaza

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la conférence des ambassadeurs de l'UE
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la conférence des ambassadeurs de l'UE Tous droits réservés European Union, 2023.
Tous droits réservés European Union, 2023.
Par Jorge LiboreiroGrégoire Lory
Publié le
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté cinq "principes de base" pour guider l'avenir de la bande de Gaza une fois la guerre entre Israël et le Hamas terminée.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, précise les principes fondamentaux qui doivent être établis pour permettre d'avancer vers une solution à deux Etats entre Israël et les Palestiniens.

Ces lignes directrices prévoient, entre autres, la fin du contrôle du Hamas sur Gaza et la levée du blocus imposé depuis 2007 par Israël et l'Égypte contre l'enclave palestinienne.

L'Union européenne et les États-Unis considèrent le Hamas comme une organisation terroriste et n'ont aucun contact officiel avec le groupe.

"Le Hamas a continué à renforcer son arsenal, tandis que l'économie de Gaza s'est effondrée, ce qui va à l'encontre de ce que nous souhaitions. 70 % des jeunes de Gaza sont sans emploi. Et cela ne peut conduire qu’à une plus grande radicalisation", a expliqué la présidente de la Commission européenne lundi à Bruxelles lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de l'UE .

"Tout futur État palestinien doit être viable, y compris d'un point de vue économique".

Les cinq principes proposés par Ursula von der Leyen sont :

  • Gaza ne doit pas être un refuge pour les terroristes

  • Gaza ne doit pas être contrôlée par le Hamas

  • pas de présence sécuritaire israélienne à long terme

  • pas de déplacement forcé de Palestiniens

  • pas de blocus durable de la bande de Gaza.

"Tout cela peut sembler trop ambitieux, alors que la guerre fait toujours rage", reconnaît la présidente de la Commission. "Mais nous ne devons pas ménager nos efforts pour entretenir l'espoir. Nous devons trouver une solution durable, fondée sur deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité".

Israël a promis de "détruire" le Hamas après les attaques menées le 7 octobre contre l'Etat hébreu qui ont entraîné la mort de plus de 1 400 personnes.

Depuis lors, les forces de défense israéliennes ont bombardé la bande de Gaza, provoquant une grave crise humanitaire. Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 9 700 personnes ont été tuées, dont 4 800 enfants.

L'Union européenne soutient le droit d'Israël à l'autodéfense "dans le respect du droit international" et appelle à la mise en place de "corridors et de pauses humanitaires" afin d'accélérer l'acheminement de l'aide d'urgence, telle que la nourriture, l'eau et le carburant, à Gaza.

Mais cet appel, également repris par Washington, n'a pas réussi à faire évoluer la situation sur le terrain et le nombre de victimes civiles continue d’augmenter.

"La situation humanitaire est désastreuse. Le nombre de morts et les souffrances des civils palestiniens sont tragiques", insiste Ursula von der Leyen lundi. "Nos cœurs saignent à la vue des images de petits enfants sortis de sous les décombres".

"Si Israël a le droit de combattre le Hamas, il est également essentiel qu'il s'efforce d'éviter les pertes civiles et d'être aussi ciblé que possible", poursuit-elle, "car chaque vie humaine compte, qu'elle soit israélienne ou palestinienne".

La présidente de la Commission a annoncé une aide humanitaire supplémentaire de 25 millions d'euros pour Gaza, ce qui porte le financement total pour cette année à 100 millions d'euros. Elle a également indiqué que son institution travaillait sur un "corridor maritime" à partir de Chypre pour compléter le passage de Rafah, la seule voie actuellement disponible pour acheminer les fournitures d'urgence.

Ce discours marque un changement de ton de la part d’Ursula von der Leyen, qui a été critiquée dans les premiers jours du conflit pour avoir adopté une position jugée trop unilatérale en faveur d'Israël. Ce discours reflète l'inquiétude croissante dans l'UE face au nombre croissant de morts dans la région.

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"L'ampleur et la portée des événements d'aujourd'hui nous obligent à agir et à penser de manière stratégique. Même et surtout lorsque le brouillard de la guerre est épais et que les émotions sont vives", explique la responsable allemande aux ambassadeurs, en faisant référence aux conflits en Ukraine, dans le Caucase et au Sahel.

L'avertissement de Josep Borrell

Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE, était également présent à l'événement et a profité de son discours d'ouverture pour faire part de ses réflexions sur la guerre entre Israël et le Hamas. Selon le responsable espagnol, ce conflit est "le résultat d'un échec politique et moral collectif" qui remonte aux accords d'Oslo de 1993, jamais concrétisés.

"C'est la dernière chance pour une solution à deux États. Si nous n'y parvenons pas, nous serons définitivement dans une spirale de violence et de haine mutuelle pendant des générations", prévient le diplomate de l’UE.

Selon Josep Borrell, le conflit israélo-palestinien ne devrait pas être décrit comme un différend "religieux" ou "ethnique", mais comme un problème national de "deux peuples qui ont un droit équivalent d'exister sur la même terre" et qui doivent trouver un moyen de la partager.

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"Il n'y a pas de solution militaire au conflit sans stratégie politique, personne ne peut gagner une bataille contre le terrorisme. On peut écraser des gens. Mais partout, nous devons chercher des solutions politiques", souligne-t-il. "Même si le Hamas est déraciné à Gaza, cela ne résoudra pas le problème de Gaza. Cela ne résoudra pas le problème de Gaza, et encore moins celui de la Cisjordanie. Les réactions excessives sont donc toujours compréhensibles, mais elles ne sont jamais efficaces".

Josep Borrell exhorte Israël à "ne pas se laisser aveugler par la rage" et avertit que "le fait d'ignorer les coûts humains pourrait en fin de compte se retourner contre le pays".

Le responsable de la politique étrangère a ensuite établi un parallèle entre la guerre entre Israël et le Hamas et l'invasion de l'Ukraine par la Russie pour avertir que la réaction de l'Union européenne à la première risquait d'influencer sa réponse à la seconde et d'être perçue comme une "contradiction" par les pays du Sud.

"Les deux guerres sont différentes, complètement différentes dans leurs causes et leurs conséquences. Mais soyons francs, la crise au Proche-Orient a déjà un impact durable (sur) notre politique en Ukraine", juge Josep Borrell.

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"Notre soutien international à l'Ukraine pourrait s'éroder à la lumière de ce qui est perçu comme une pratique de deux poids deux mesures".

Dans un appel direct aux ambassadeurs, le responsable espagnol souligne que l'UE ne devrait "jamais commettre l'erreur de formuler les questions mondiales en termes d'Occident contre le reste", affirmant que cela serait "dévastateur" pour l'image de l'Union dans le monde.

"Nous ne sommes pas l'avant-poste du monde occidental", prévient-il. "C'est l'alpha et l'oméga de mon message : nous sommes les gardiens de valeurs globales et partagées basées sur la charte des Nations Unies. Partout. En tout temps".

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