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La pauvreté menstruelle reste un problème dans l'UE malgré la réduction de la TVA

Une femme tient des produits menstruels
Une femme tient des produits menstruels Tous droits réservés Allison Lee Isley/Allison Lee Isley
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Par Aida Sanchez Alonso
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Cet article a été initialement publié en espagnol

L'UE autorise les pays à supprimer la TVA sur les produits menstruels, mais seule l'Irlande applique cette dérogation.

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C'est un cycle qui concerne la moitié de la population européenne et pourtant l'UE dispose de peu données sur la précarité menstruelle. Toutes les femmes n'ont pas accès aux produits d'hygiène nécessaires.

Selon l'ONG Bruzelle, en Belgique, une femme sur 15 n'a pas les moyens d'acheter des protections périodiques.

"A un moment, on doit faire un choix entre un produit de première nécessité et l'achat de produits menstruels. Donc à un moment donné, on doit choisir soit par exemple entre manger ou acheter un produit menstruel", explique Verónica Martínez, de l’ONG Bruzelle.

"Quand on en arrive à ce constat-là, c'est qu'on est vraiment dans le cadre de la précarité menstruelle. Nous, on ajoute aussi deux variantes qui viennent vraiment encore aggraver cette situation, qui sont le manque d'information menstruel, mais aussi le manque de lieux sécurisés et bien adaptés pour pouvoir se changer en toute sécurité", ajoute-t-elle.

L'UE autorise depuis deux ans les Etats membres à vendre ces produits d'hygiène sans TVA. Pour l'heure, seule l'Irlande applique cette dérogation. La plupart des pays ont réduit de 5% à 10% cette taxe. Toutefois certains pays maintiennent une taxation élevée comme la Hongrie (27%) ou encore la Suède et le Danemark (25% dans les deux Etats).

L'une des options pour alléger ce coût est de recourir à des protections réutilisables. Dans cette idée, la Catalogne a choisi d'offrir un tampon réutilisable ou une paire de sous-vêtements pour lutter contre la pauvreté menstruelle.

"Les menstruations font encore l'objet de nombreux tabous, stigmates et silences dans la société. C'est pourquoi il s'agit d'une action universelle. Nous devons changer la façon dont la société a traité la menstruation comme un problème privé, comme quelque chose dont on ne parle pas, parce que ces mythes, ces stigmates ont aussi des implications sur la santé et le bien-être des femmes", insiste Tània Verge, ministre catalane de l’Égalité et du Féminisme.

Selon le gouvernement catalan, 23% des femmes réutilisent des produits à usage unique, et 44% n'ont pas les moyens d'acheter les produits de leur premier choix.

Bien qu'ils puissent améliorer la situation de nombreuses femmes, Verónica Martinez estime que les produits réutilisables ne sont pas une solution idéale. Ils nécessitent beaucoup plus d'efforts logistiques, "dès que vous rentrez chez vous, vous devez les rincer, les laver et les faire sécher pour être sûre d'en avoir assez pour le lendemain". Cela augmente la charge mentale des femmes.

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