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Dernière minute. L'UE conclut un accord commercial controversé avec les pays du Mercosur

Réunion pour la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur à Asuncion, Paraguay, samedi 17 janvier 2026.
Réunion pour la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur à Asuncion, Paraguay, samedi 17 janvier 2026. Tous droits réservés  Jorge Saenz/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Jorge Saenz/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Par Peggy Corlin & Euronews
Publié le Mis à jour
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"Un message fort en faveur du libre-échange fondé sur des règles" : après 25 ans de négociations, l'Union européenne a signé samedi un accord commercial avec le Mercosur, malgré l'opposition exprimée par certains États membres, dont la France.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué samedi le choix du "commerce équitable plutôt que des droits de douane" lors de la signature par l'Union européenne d'un accord commercial majeur avec les pays sud-américains du Mercosur, fruit de 25 années de négociations.

"Nous avons choisi le commerce équitable plutôt que les droits de douane, nous avons choisi un partenariat productif à long terme plutôt que l'isolement", a déclaré la cheffe de l'exécutif de l'UE lors de la cérémonie organisée à Asuncion, au Paraguay.

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a pour sa part estimé que l'accord envoyait "un message fort en faveur du libre-échange fondé sur des règles, du multilatéralisme et du respect du droit international comme base des relations entre pays et régions".

Il a ajouté que cet accord s'opposait à "l'utilisation du commerce comme arme géopolitique".

Négocié pendant 25 ans, l'accord entre l’Union européenne et le Mercosur créerait une zone de libre-échange d'environ 700 millions de consommateurs, en éliminant progressivement près de 90 % des droits de douane dans les secteurs de l'industrie, des services et de l'agriculture. La Commission européenne estime que les entreprises de l'UE économiseraient plus de 4 milliards d'euros par an en droits de douane. Les pays du Mercosur se sont également engagés à ouvrir leurs marchés publics aux entreprises européennes dans des conditions équivalentes à celles de leurs concurrents nationaux.

L'accord prévoit en outre la reconnaissance de 344 "indications géographiques", destinées à protéger les produits européens contre les imitations. Il vise aussi à sécuriser l'approvisionnement en minerais essentiels, afin de réduire la dépendance de l'UE à l'égard de la Chine.

Ce projet a toutefois cristallisé de profondes divisions au sein de l'Union européenne.

Les partisans de l'accord, emmenés par l'Allemagne et l'Espagne, estiment que l'UE doit renforcer ses liens commerciaux dans un contexte de fermeture du marché américain et de politique commerciale chinoise jugée de plus en plus agressive. À l'inverse, les opposants, conduits par la France, considèrent que l'accord menace les agriculteurs européens en les exposant à une concurrence déloyale des importations latino-américaines.

Paris n'est finalement pas parvenu à réunir une minorité de blocage pour empêcher la signature de l'accord, perdant au dernier moment le soutien décisif de l'Italie. Rome a apporté son appui après avoir obtenu un financement destiné à ses agriculteurs à partir de 2028 ainsi qu'une exemption de la taxe carbone sur les engrais.

Bien que toujours opposée à l'accord, la France a toutefois obtenu l'inclusion d’une clause de sauvegarde permettant de réintroduire des droits de douane si les importations en provenance du Mercosur augmentent de plus de 5 % dans des secteurs jugés sensibles.

L’accord prévoit également un plafonnement de l'accès en franchise de droits pour plusieurs produits agricoles clés. Les importations annuelles de viande bovine seront ainsi limitées à 99 000 tonnes, assorties d'un droit réduit de 7,5 %, un volume équivalant à 1,5 % de la production de l'Union européenne. Les importations de volaille seront, elles, plafonnées à 180 000 tonnes par an, soit 1,3 % de la production de l'UE.

Selon les estimations de la Commission européenne, les exportations de l'UE vers les pays du Mercosur devraient augmenter de 39 % d'ici 2040, soit 48,7 milliards d'euros, tandis que les importations en provenance d'Amérique latine progresseraient de 16,9 %, à hauteur de 8,9 milliards d'euros.

Découvrez ce qui reste à accomplir avant l'entrée en vigueur de l'accord.

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