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Dernière minute. L'UE sous pression pour déclencher son "bazooka" commercial contre les menaces de Trump 

La présidente de la Commission, Mme von der Leyen, s'adresse au président des États-Unis au Forum de Davos
La présidente de la Commission, Mme von der Leyen, s'adresse au président des États-Unis au Forum de Davos Tous droits réservés  Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Par Maria Tadeo & Euronews
Publié le Mis à jour
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La pression monte sur l'UE pour qu'elle déploie son instrument anti-coercition en réponse aux nouveaux droits de douane annoncés par Trump. Paris plaide pour l'activation de ce "bazooka", bloquant aux Américains l'accès aux marchés publics européens et limitant leurs investissements.

Les appels se font de plus en plus pressants pour que l'Union européenne sorte son "_bazooka commercia_l" contre les États-Unis, alors que le président Trump menace d'imposer de nouveaux droits de douane au Danemark et à ses alliés européens, tant que Copenhague refuserait de céder le Groenland.

Les dirigeants européens coordonnent leur riposte après l'annonce d'une surtaxe de 10 % sur tous les produits en provenance de huit pays, dont le Danemark, l'Allemagne et la France, Trump laissant entendre que d'autres mesures de rétorsion pourraient suivre tant qu'un accord sur "l'acquisition complète et totale du Groenland" ne serait pas conclu.

Le Groenland est un territoire autonome rattaché au Royaume de Danemark.

Dimanche, huit pays – Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Pays‑Bas et Royaume‑Uni – ont publié une déclaration commune dénonçant les menaces tarifaires américaines : "Elles sapent les relations transatlantiques et risquent d'entraîner une dangereuse spirale descendante."

Ils ont également réaffirmé leur pleine solidarité envers le Danemark et insisté sur le renforcement de la sécurité dans l'Arctique, précisant qu'une mission d'exploration conjointe des forces européennes, qui avait provoqué l'ire de la Maison‑Blanche, "ne constitue une menace pour personne".

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui n'a pas dépêché de soldats au Groenland et s'est peu exprimée sur le sujet, a qualifié dimanche la menace tarifaire de Donald Trump d'"erreur", y voyant une simple "mauvaise communication" au sein de l'OTAN, dont Washington et Copenhague sont membres fondateurs.

Elle a précisé avoir eu un entretien téléphonique avec le président américain le même jour.

Pourtant, les appels se multiplient pour que l'Union européenne utilise son ultime instrument de coercition si la Maison‑Blanche met à exécution sa menace de nouveaux droits de douane dès le 1er février, alors que les ambassadeurs de l'UE se préparent à une réunion extraordinaire dimanche à 17 h.

Selon une source proche de l'Élysée, le président français Emmanuel Macron devrait demander à l'UE d'examiner tous les outils disponibles, y compris l'instrument anti‑coercition, en réponse à ce que Paris considère comme une menace inacceptable de la part des États‑Unis.

L'instrument anti‑coercition, adopté en 2023 pour contrer le chantage politique via le commerce, permet à l'UE de restreindre l'accès des pays tiers aux appels d'offres publics, de limiter les licences commerciales ou de fermer l'accès au marché unique.

Jamais utilisé jusqu'ici, il pourrait avoir de lourdes répercussions sur les services et produits américains, tout en entraînant des conséquences géopolitiques importantes.

Les Européens changent de ton après l'échec de leur stratégie d'apaisement

La dernière escalade remet en cause la stratégie européenne d'apaisement face à Donald Trump, qui a guidé jusqu'ici la Commission européenne et les 27 États membres.

L'été dernier, un accord entre l'UE et les États‑Unis avait triplé les droits de douane sur les produits européens, les portant à 15 %, tout en supprimant les taxes sur les biens industriels américains.

La Commission a été accusée d'avoir permis que cette séquence se transforme en "humiliation" pour l’Europe. Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne et voix influente dans les cercles diplomatiques, a estimé que l'UE en était sortie affaiblie.

À l'époque, Bruxelles avait présenté l'accord – qui accordait d'importantes concessions à Washington – comme le prix à payer pour l'engagement américain en Ukraine et pour la stabilité mondiale. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait souligné que l'accord, malgré les critiques, avait apporté la clarté nécessaire aux entreprises et contribué à apaiser les tensions transatlantiques.

La dernière menace de Donald Trump montre que l'accord n'a guère porté ses fruits et laisse entendre que les Européens devront envisager des mesures de rétorsion, après avoir privilégié une politique de désescalade. Le ton change désormais.

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, proche allié du Danemark, a déclaré samedi que l'UE ne céderait pas au "chantage". Emmanuel Macron a ajouté que ses partenaires ne se laisseraient pas intimider par les menaces.

Le ton belliqueux autour du Groenland a également rassemblé toutes les principales forces politiques pro-européennes au Parlement européen, soulignant la gravité de la situation.

Le Parti populaire européen, groupe conservateur majoritaire, ainsi que les socialistes et les libéraux de Renew ont convenu de suspendre la mise en œuvre de l'accord États-Unis-UE, qui réduisait les droits de douane sur les biens industriels américains, tant que Donald Trump ne reviendrait pas sur ses menaces.

Les anciens commissaires européens Paolo Gentiloni et Cecilia Malmström, à l'origine de l'instrument anti-coercition lorsqu'ils dirigeaient le commerce sous la Commission von der Leyen, ont estimé que l'UE devait envisager des contre-mesures.

"Cette menace constante de droits de douane devient ridicule. Il est temps que l'Europe se lève. Il existe des contre-mesures, notamment l'instrument anti-coercition. Le Groenland n'est pas à vendre", a déclaré Malmström dans un message publié sur X.

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